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Banc d'essai vidéoprojecteur Mitsubishi HC6800

Écrit par Pascal Hebert on 23 février 2010. Posted in Tests - Bancs d'essai

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Rapport qualité/prix : etoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-demi-rougeetoile-grise(3,5/5)
Prix :2 490 euros

Le Mitsubishi HC6800 est à l’instar de bien des produits concurrents une simple évolution d’un modèle précédent, le HC7000. Moins contrasté, il apparaît toutefois comme bien plus lumineux et surtout beaucoup moins cher ! Une alternative intéressante pour ceux qui apprécient le très bon piqué d’image qui caractérise ces projecteurs.

Présentation, équipement et fonctions

mitsu-hc6800_remotefin 2009, en matière de vidéoprojection, fût une période de transition sans réelles nouveautés technologiques, en attendant la 3D et les sources par LED. La plupart des constructeurs se sont contentés de faire évoluer leurs produits respectifs, Mitsubishi n’échappant pas à la règle…A l’occasion de l’IFA 2009, Mitsubishi a remis à jour sa gamme de vidéoprojecteurs Home Cinéma. Tout en maintenant au catalogue le HC7000, qui reste le fer de lance du constructeur nippon, il a notamment lancé le HC6800, qui lui ressemble trait pour trait sur le plan cosmétique, mais qui diffère sensiblement sur certains aspects techniques…le tout avec un prix fortement revu à la baisse !

On retrouvera donc une nouvelle fois la jolie coque glossy noir toute en rondeurs qui confère au produit une allure cossue, inaugurée avec le HC7000. Le châssis, à proprement parler reste celui du HC5000, premier tri-LCD Full HD 1080p de la marque, lancé il y a un peu plus de deux ans. Les fondamentaux du HC7000 demeure, et on ne s’en plaindra pas ! Le HC6800 est bâti autour des matrices Epson Full HD 1080p, ici en version «organique» D7. Pour mémoire, le HC7000 utilise les versions D6 C2Fine, inorganiques donc, qui bénéficient d’un meilleur contraste mais d’un «fill factor» (ouverture) un peu plus faible…d’où une luminosité plus limitée. En outre, le HC6800 est équipée d’une lampe un peu plus puissante (170 W) alors le HC7000 est équipé d’une lampe de 160 W. Tous ces aspects conjugués font du HC6800 un projecteur à la fois plus lumineux que le HC7000 - nous l’avions en effet mesuré autour de 300 lumens «utile» (autrement dit calibré D65), une valeur dans l’absolu assez basse - mais a priori moins contrasté que le HC7000 : rendez-vous à notre section «mesures» pour plus de détails…

Le traitement vidéo reste confié à l’excellent circuit HQV Reon-VX de Silicon Optix, qui réalise notamment le désentrelacement inter trames avec compensation de mouvement (à ne pas confondre avec le traitement 100 Hz anti-saccades, dont le HC6800 est d’ailleurs dépourvu) du 480/576i des DVD et séquences basse résolution jusqu’aux sources 1080i issues du satellite ou de la TNT HD.

L’objectif, décalé à gauche, est celui du HC7000. Entièrement motorisé à la fois en zoom, mise au point et lens-shift. Il confère une assez bonne souplesse de placement au projecteur malgré l’amplitude quelque peu limitée du lens-shift horizontal (5%). En revanche, l’amplitude du lens shift vertical est de 50 % dans chaque sens, et celle du zoom de 1.6x. Il faudra prévoir, compte tenu de l’amplitude du zoom, un recul de 3m à 4m60 pour réaliser une image de deux mètres de base.

Bien que sensiblement plus bruyant que le HC7000, notamment en mode "Normal" de lampe, le HC6800 est un projecteur remarquablement silencieux. La connectique, à l’arrière de l’appareil, reste la même avec deux entrées HDMI 1.3a, une entrée RVB analogique au standard VGA/Sub-D15 et des entrées composantes, composite et Y/C. Une seconde sortie trigger aurait été la bienvenue pour gérer à la fois une lentille désanamorphosante (le projecteur est dûment doté des formats adéquats) et un écran électrique.

Pas de surprise coté exploitation puisque on retrouve les mêmes modes gammas "Auto", "Cinéma", "Sport" et "Vidéo" en lieu et place des habituels modes images avec possibilité d’ajustement sur trois zones bas /moyen/haut soit en totalité soit couleur par couleur, et de mémoriser ces réglages dans deux modes utilisateur.
Les résultats selon les modes tant aux mesures que sur le plan subjectif sont très similaires…On dispose par ailleurs de quatre températures de couleur prédéterminées (Haute Luminosité, Haut, Moyen et Bas) et d’un mode "Utilisateur" avec ajustement des gains et offsets RVB pour calibrer l’échelle de gris. Le projecteur est par contre totalement dépourvu de "Color Management" (CMS) permettant d’ajuster l’espace couleur en fonction de la source, et ne dispose pas d’un traitement de type 100 Hz / anti-saccades.

Les menus de réglage en vidéo

Nos essais

Définition

Définition

mire_indien

DVDs Monstres et Compagnie, chapitre 4, Star Wars : Episode II, chapitre 6 et 7, Le Seigneur des Anneaux : La communauté de l’Anneau, l’arrivée dans la Comté, BR Disc Casino Royale, chapitre 2

P.H. : Une excellente sensation de netteté sans numérisation excessive, remarquable pour un LCD transmissif. Sans nul doute le point fort du projecteur. La mise au point électrique, très précise, la qualité de l’optique et du traitement vidéo ne sont pas étrangers à cet excellent résultat. C’est évidemment particulièrement piqué avec les sources Blu-ray, mais les DVD sont aussi très bien traités…

P.V. : Bon début avec un rendu détaillé sans excès. Tous nos extraits sur DVD passent avec une dynamique très réaliste, sans jamais se départir d'un sentiment de naturel qui rend le spectacle convaincant et toujours agréable. Le passage au Blu-ray confirme cette impression, en exacerbant l'effet 3D et le sentiment de piqué.

Luminosité

Luminosité

vertical_limitDVD Vertical Limit, chapitre 7, DVD DTS n°7, extrait de Fast and Furious, BR Disc Baraka Chapitre final

P.H. : Confortable jusqu’à trois mètres de base (il faudra alors enclencher le mode normal de la lampe), et le tout dans un silence presque total et sans effets de saturations néfastes dans les blancs. Ce HC6800 s’avère donc bien plus dynamique que le HC7000, vite limité en taille d’image. Second point très positif du projecteur avec le piqué d’image.

P.V. : En progrès par rapport au HC7000… Le mode éco devient utilisable jusqu'à environ 2,5 m de base, ce qui permet de bénéficier d'un bruit de ventilation aux alentours de 20 dB. Au-delà le mode standard maintient une lumière naturelle et bien répartie. Les scènes, de jour comme de nuit, passent avec dynamisme, se cadrant dans des limites évitant autant les effets bouchés que saturés.

Colorimétrie

Colorimétrie

mire

DVD Le Pacte des Loups, chapitre 6, La Planète au Trésor, chapitre 6

P.H. : Certes le gamut couleur est franchement trop large coté vert, pouvant donner un coté un peu «plastique» aux étendues herbeuses de la Comté du Seigneur des Anneaux par exemple. Mais pour le reste, on est très satisfait du rendu des tons chair, des nuances riches et variées, et des fonds et aplats de couleur comme les profonds espaces sidéraux de la Planète au Trésor.

P.V. : Malgré un gamut non réglable, on obtient d'usine un excellent équilibre. La calibration in situ assure une remarquable palette de nuances, à la fois neutres et saturées. On le remarque de suite sur les tons chair, le naturel des feuillages ou la densité des rouges et des bleus. Impressions confirmées sur Blu-ray avec un naturel qui se maintient quelle que soit la luminosité de la scène.

Contraste

Contraste

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DVD Meurs un Autre Jour, chapitre 27, DVD Les Autres, chapitre 4, Le Seigneur des Anneaux : La communauté de l’Anneau, les caves de la Moria, BR Disc Casino Royale, chapitre 3 et 4

P.H. : C’est clairement le talon d’Achille du projecteur, un niveau de noir trop élevé qui masque parfois dans la grisaille le rendu de certaines scènes de nuit. Dommage car le très bon gamma, très régulier et de valeur idéale, et l’iris dynamique efficace et performant (mais dont l’action est toutefois parfois visible) permettent de conserver du détail dans les zones d’ombres et donc un bon relief à l’image.

P.V. : Peut mieux faire dans l'absolu et le rapport natif est loin des ténors en la matière du fait essentiellement d'un niveau de noir trop élevé. Le HC6800 sauve cependant la mise subjectivement du fait d'une courbe de gamma régulière et de l'apport très positif d'un iris dynamique bien maitrisé. Il en résulte un bon compromis à l'image malgré une perte de détails et d'effet de relief sur les scènes sombres. Excellente impression par contre sur les scènes de jour. Le rendu de nos extraits sur Blu-ray confirme cette analyse.

Fluidité

Fluidité et traitement vidéo interne

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DVD DTS NTSC n° 3 : Trailer Titanic, extraits du DVD Coupe du Monde de Football : les Meilleurs Buts, DVD Le Pacte des Loups, chapitre 6. DVD Gladiator, chapitre 4.

P.H. :

Un traitement à la base excellent et ici très bien mis en œuvre, et bien difficile à prendre en défaut sauf parfois par des discrets effets d’aliasing dans les travellings rapides sur les lignes obliques (les barres de buts constituent sur ce point un redoutable test!). Vraiment dommage que Mitsubishi n’ait pas doté le HC6800 d’un système 100 Hz …

P.V. : Pas de mauvaise surprise à ce niveau, le processeur HQV embarqué reste l'un des meilleurs pour le désentrelacement et la mise à l'échelle. Certes la présence d'un mode 100 Hz aurait sûrement fluidifié quelques travellings délicats, mais globalement l'image reste stable et coulée sur tous les extraits. Si l'on note quelques effets d'aliasing sur les sources vidéo en entrée composantes, les sources film passent subjectivement bien et les sources 1080/24p sur HDMI n'appellent que des éloges.

Mesures et galerie photos

Nos mesures sont résumées dans les tableaux ci-dessous et montrent que le HC6800 est effectivement plus lumineux que le HC7000, avec un peu plus de 600 lumens en mode Normal de lampe sur le réglage intermédiaire de température de couleur et calibré D65, et autour de 400 lumens en mode éco dans les mêmes conditions. Le contraste est par contre plus limité, puisqu’en natif on mesure autour de 800:1 à D65 et autour de 1300 :1 sur le mode Haute Luminosité, des valeurs cette fois comparables à celle du HC6000.
Les divers modes de l’iris dynamique donnent encore des résultats similaires, les meilleurs étant obtenus sur les modes 1 et 2, avec au mieux 8000:1 sur le mode HT, et autour de 3000:1 calibré D65.
A noter que le HC6800 est aussi proposé en finition blanche dans la cadre d’une série spéciale, ce qui ravira tous ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’installer le vidéoprojecteur au plafond de leur salon.

Mesures

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Verdict

Notation

Notation

  • Définition : etoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-demi-bleue(4,5/5)
  • Luminosité : etoile-orangeetoile-orangeetoile-orangeetoile-orangeetoile-grise (4/5)
  • Colorimétrie : etoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-grise(4/5)
  • Contraste : etoile-verteetoile-verteetoile-verteetoile-griseetoile-grise (3/5)
  • Fluidité / Traitement vidéo : etoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-grise (4/5)

Avis de P.H.

L'avis de P.H.

Sur la base très saine du HC7000, Mitsubishi a conçu le HC6800 en prenant d’abord compte ce que nous lui avions principalement reproché : un certain manque de luminosité. Le HC6800 a en effet ce qu’il faut pour éclairer un écran de 3 mètres de base en restant certes tout juste dans les recommandations SMPTE, mais il est quasiment deux fois plus lumineux ( à D65) que le HC7000 ! A l’inverse, le contraste est nettement plus modeste que le HC7000 (qui il est vrai battait des records sur ce point), avec 800:1 en natif, et 3000:1 iris dynamique activé les performances du HC6800 se situe plutôt au niveau de celle du HC6000... qu’on trouvait pourtant très contrasté à l’époque, comme quoi : tout est relatif ! Présentation, connectique et traitement vidéo interne HQV Reon restent identiques au HC7000, des points que nous avions déjà notés comme très positifs.
L’objectif, de très belle facture et entièrement motorisée rend l'installation facile et rapide. Toutefois, et malgré un prix fortement revu à la baisse qui le rend bien plus compétitif, ce vidéoprojecteur fait défaut sur deux aspects désormais très apprécié par les amateurs de Home Cinéma : il lui manque en effet à la fois un "Color Management" et un traitement «fluidificateur» 100 Hz, des équipements désormais adoptées par la quasi-totalité de la concurrence… On pourra aussi regretter l'absence d'un deuxième trigger 12 VDC pour faciliter l'exploitation conjuguée d'un écran motorisé, de masques et/ou d'une lentille désanamorphosante.
Le principal point fort du HC6800, outre sa bonne luminosité, reste son piqué d’image, toujours excellent et parmi les meilleurs pour un projecteur transmissif.

Avis de P.V.

L'avis de P.V.

Le projecteur HC6800 reprend les bases technique et esthétique utilisées sur le HC7000 sorti il y a un an et demi... Le look "noir glossy" tout en courbes est donc assez classieux et le projecteur reste assez silencieux, même en mode standard de lampe. La première chose que l'on retient est une baisse sensible du tarif qui renforce son rapport qualités/prix et le positionne mieux que son prédécesseur vis-à-vis de la concurrence. Sinon on remarque une excellente luminosité qui permet de monter en taille d'écran ou de visualiser des programmes en journée sans pour autant imposer une chambre noire...
Il est bien sûr dommage que le rapport de contraste natif ne suive pas cette tendance montante, mais il est à noter que le résultat subjectif ne souffre pas trop de cette faiblesse, l'ensemble conservant une très bonne dynamique sur tous les extraits. Le mérite en revient entre autres à une courbe de gamma bien positionnée et très régulière ainsi qu'à un iris dynamique efficace et sans effet de pompage visible quand on passe brutalement d'une scène claire à une scène sombre ou l'inverse...
Côté réglages image, le bon mode usine choisi et une calibration RVB linéaire assurent une colorimétrie neutre et réaliste. Dans l'absolu, on aurait aimé pouvoir compléter cette calibration par l'accès à un Color Management, au même titre que l'excellent traitement vidéo HQV Reon-VX embarqué fait regretter l'absence d'un mode 100 Hz… Mais au final, le résultat s'avère très positif, tant sur sources SD que HD, et le HC6800 reste facile à vivre du fait d'un bloc optique souple et entièrement motorisé.

Plus et moins

Nous avons aimé

  • Le gain en luminosité par rapport au HC7000
  • L’excellent traitement vidéo interne
  • La bonne colorimétrie d’origine

Nous aurions apprécié

  • Un meilleur contraste natif
  • Un traitement anti-saccades
  • Un Color Management
  • Une seconde sortie trigger

Spécifications

Données constructeurs

  • Type : vidéoprojecteur à technologie tri LCD 0.7 pouces
  • Résolution : 1920 x 1080 pixels
  • Connectique : 1x vidéo composite (1x RCA), 1x Y/C (1xUshiden), 1 composantes YCrCb (3xRCA), 1x RVBHV/YCrCb (1x sub-D15), 2x RVB numérique/YCrCb/HDCP (1x HDMI 1.3), 1x RS-232 (1x DB-9), 1 trigger 12v (1x mini-jack)
  • Luminosité : 1500 lumens ANSI
  • Contraste : 30000:1 full on/off
  • Lampe : 170 W UHP (4000 heures en mode éco, référence VTC-HC6800LP)
  • Bruit : 20 dB (mode éco)
  • Compatibilités : PAL/SECAM/NTSC/1080i/720p/576p/576i/480p/480i;1080p50/60/24 via HDMI uniquement.
  • Dimensions : 427x440x159(mm)
  • Poids : 7.5 kg
  • Origine : Japon
  • Prix indicatif : 2490 euros

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Commentaires   

 
#2 Guest 27-02-2010 11:51
Tiens,

je connais ce nom.

Oui, c'est vrai que le piqué, les mits sont généralement difficile à dépasser (en tout cas les derniéres générations).

Et également, bravo pour ces tests à Pascal et Philippe.
Toujours riches d'enseignement et fait dans des conditions "homogénes" et avec de "vraies" bases pour effectuer des comparaisons

On ne peut que souhaiter que cela se poursuive.
 
 
+1 #1 Guest 25-02-2010 13:33
Je note un 4,5/5 pour le piqué, sans doute pour garder la note de 5/5 au cas où un projecteur pourrait faire mieux... ;)
En tout cas, ravi de revoir la signature de Pascal Héberten bas d'un test.
 

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