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CD : les symphonies de Bruckner par Eliahu Inbal (intégrale)

Bruckner Eliahu Inbal

Direction : Eliahu Inbal
Orchestre de la Radio de Francfort
Bruckner : Symphonies 0 à 9, Symphonie en fa mineur
Teldec (Warner Classics) 11 CD, durée totale : 11h 21’36’’
Notation : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange(5/5)

Anton Bruckner débute son parcours de symphoniste avec sa Symphonie en fa mineur qui date de 1863. Bien qu’assez développé, le premier mouvement (un Allegro molto vivace) ne donne que peu d’indications sur la future progression d’Anton Bruckner dans le domaine de la symphonie dont il va devenir un des compositeurs les plus essentiels.

L’Andante molto qui suit ce premier Allegro n’est guère plus significatif comme si le compositeur cherchait en tâtonnant à affirmer sa personnalité naissante. Par contre avec le bref Scherzo qui constitue le troisième mouvement s’amorce déjà davantage la personnalité  d’un compositeur qui ici cherche à  imposer un style réellement original et neuf. Le Finale Allegro ne parvient guère à faire émerger la future personnalité de Bruckner par une quasi-absence de tuttis grandioses (tout juste esquissés ici).L’orchestration plutôt modeste de cette Symphonie manifeste une relative timidité de la part de Bruckner, lui qui, dès ses trois premières Symphonies fera rapidement appel aux cuivres. Bien que ne pouvant être  considérée que comme un simple essai, la Symphonie No.0 possède déjà toutes les apparences du véritable style brucknérien tel qu’il sera développé ultérieurement dans ses 9 futures Symphonies. L’Allegro qui débute cette Symphonie No.0 possède en effet les caractéristiques typiquement brucknériennes que l’on retrouve fréquemment dans le début de la plupart de ses futures Symphonies. L’Andante qui succède à cet Allegro est moins convaincant comme si Bruckner hésitait  à faire montre d’audace dans son écriture. Par contre avec le Scherzo Presto placé en troisième position, Bruckner montre sa personnalité sauvage, indomptable qui s’affirmera très rapidement dans les Symphonies suivantes. Le Finale : Moderato terminant la Symphonie bien que débutant de manière presque timide va peu à peu s’affirmer et laisser apparaître quelques velléités de violence. C’est seulement avec sa véritable Symphonie No1, qui bénéficie d’une première exécution publique à Linz en 1868, que la carrière de symphoniste d’Anton Bruckner va véritablement prendre son essor. Débutant par un Allegro presque martial, très volontaire, la  Symphonie No1 va bientôt déclencher d’inquiétants orages, alternant avec des séquences d’un  calme très relatif. L’Adagio qui lui succède semble plutôt assagi et renonce à déclencher la foudre. Le troisième mouvement, un Scherzo, s’avoue coléreux et sauvage, une caractéristique qui va occuper une place considérable et presque immuable dans toutes les prochaines symphonies. Avec le Finale : Bewegt, feurig de cette Symphonie No.1, retour à la violence et aux tempêtes, qui plus que jamais constitueront l’essentiel du contenu émotionnel de ses futures Symphonies. La Symphonie No.4 dite « Romantique » qui figure dans cette intégrale constitue la première version de l’œuvre. Elle diffère notamment de la  version Nowak avec un Scherzo radicalement différent, beaucoup plus âpre et nettement plus austère. L’Allegro moderato qui termine l’œuvre n’a lui non plus que peu de rapports avec la version Nowak et s’achève dans un climat survolté d’une noire violence. La Symphonie No.5 dont la composition s’échelonne entre 1875 et 1878 ne sera pas révisée par Bruckner et constitue après sa Symphonie No.4 une progression certaine dans sa carrière de symphoniste. Commençant par une mystérieuse introduction elle laisse les cuivres énoncer un puissant choral qui va s’effacer pour introduire l’Allegro. Le deuxième mouvement, un Adagio débute par un thème nostalgique énoncé par le hautbois et soutenu par les cordes. Un vigoureux et violent Scherzo au caractère fantastique marqué, constitue le troisième mouvement. Le Finale introduit un thème mystérieux auquel succède une sorte de marche grandiose dans laquelle les cuivres affirment une présence écrasante, presque terrifiante. De proportions moindres, la Symphonie No.6 sera composée entre 1879 et 1881 et débute par un impressionnant Majestoso plein de solennité. Rapidement le climat relativement serein de ce Majestoso se dégrade avec l’irruption déstabilisante des cuivres énonçant de violents agrégats sonores. L’Adagio qui suit ramène une sorte de vague sérénité non exempte d’une certaine tension, maintenant à distance toute intervention des cuivres. Un Scherzo au caractère fantastique affirmé succède à présent, à l’Adagio. Bruckner y installe un climat sonore oppressant évoquant les gravures de  Dürer. Le Finale, au thème oppressant, chargé d’inquiétude et de violence se pare d’un éclat maléfique caractérisé par l’intervention massive des cuivres. La Symphonie No.7, qui sera   composée entre 1881 et 1883, constitue certainement un sommet pour Bruckner dans son ascension périlleuse et glorieuse effectuée dans le domaine de la Symphonie. Elle débute par un Allegro  porteur d’un message émotionnel considérable. Un immense Adagio inspiré par la disparition soudaine et brutale de Wagner, donne à ce mouvement un caractère chargé de tristesse et de peine profonde et sincère. Un Scherzo au caractère fantasque et étrange tient lieu de troisième mouvement. Hanté par d’inquiétants et menaçants tuttis cuivrés, le Finale va s’achever dans une sorte de victoire remportée sur les forces de la nuit. La Symphonie No.8 dont la composition se termine en 1887 va malheureusement subir des modifications opérées par Bruckner suite à un refus du chef Hermann Lévi (créateur de Parsifal de Wagner en 1882) de la diriger dans son état originel. De vastes proportions, la Symphonie No.8 débute par un Allegro moderato au thème inquiétant vite soutenu par le grondement de cuivres menaçants. Une atmosphère de violence et d’angoisse qui se maintient jusqu’à la conclusion du mouvement. Placé en seconde position, un Scherzo maléfique semble évoquer un paysage nocturne. L’Adagio succédant au Scherzo est d’une ampleur inusitée et s’achève dans une sorte de calme relatif, laissant place  à un Finale d’une violence extrême dans lequel les timbales s’arrogent une place impressionnante. Traversé d’orages formidables et de marches frénétiques et sublimes, ce Finale grandiose va se conclure par un prodigieux tutti de cuivres à l’unisson l’auréolant   d’une gloire certaine. Présentée ici dans sa version intégrale comportant le Finale, la Symphonie No.9 de Bruckner débute par un mystérieux et solennel appel de trompettes semblant provenir d’espaces très vastes et lointains. Le Scherzo qui suit possède le caractère fantastique et violent que Bruckner réserve à cette partie de ses symphonies et laisse éclater sa noirceur inquiétante et grimaçante jusqu’à sa conclusion. L’immense Adagio qui suit ce Scherzo semble rejoindre le climat angoissant du Feiierlich, misterioso qui constitue le premier mouvement. L’œuvre se termine par la version complète du Finale reconstitué à partir des deux cents pages de brouillons et esquisses laissés par  Anton Bruckner dont le travail de composition est brutalement interrompu par la mort.

L’œuvre va se conclure dans un tumulte chaotique où semblent converger soudainement des forces obscures venues d’espaces inconnus. Eliahu Inbal qui dirige ici cette intégrale des Symphonies de Bruckner avec l’Orchestre de la Radio de Francfort opte pour le retour aux versions originales exception faite pour la Symphonie No.2 et le Finale de la Symphonie No.9 réalisé par Nicola Samale et Giuseppe Mazzuca. Le chef israélien prend donc une direction inverse de celle d’Eugen Jochum réalisant son intégrale des Symphonies de Bruckner avec la Staatskapelle de Dresde dans la version Nowak. Enregistrée entre 1983 et 1992 l’intégrale des Symphonies de Bruckner réalisée avec l’Orchestre de la Radio de Francfort par Eliahu Inbal possède toujours ce qui peut caractériser l’art du chef d’orchestre israélien : sa précision, sa cohésion, le choix de tempis rigoureux ainsi que l’équilibre constant maintenu entre cordes et cuivres. Une belle réédition qui s’imposait.

Texte de Michel Jakubowicz

Disponible en CDs et téléchargement


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