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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert du 21 janvier à l'Auditorium de la Maison de la Radio : Sibelius, Beethoven et Chostakovitch avec Karita Mattila et Mikko Franck

Karita Mattila Mikko Franck

Orchestre Philharmonique de Radio France
Mikko Franck, direction
Karita Mattila, soprano

Jean Sibelius : Tapiola, poème symphonique opus 112; Luonnotar, poème symphonique pour soprano et orchestre .opus 70
Ludwig van Beethoven : « Ah ! perfido », scène et air sur un texte de Métastase, opus 65
Dimitri Chostakovitch :Symphonie No1 en fa mineur opus 10

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maisondelaradio.fr

C’est le 26 décembre 1926 que sera créé à la Symphony Society de New York, Tapiola de Jean Sibelius sous la direction de Walter Damrosch. Ce chef d’orchestre américain, d’origine allemande possède le rare mérite d’avoir assuré la création aux Etats-Unis de la Symphonie No4 de Gustav Mahler ainsi que la Symphonie No3 d’Anton Bruckner. Tapiola est la dernière grande œuvre orchestrale de Sibelius qui à part la musique de scène de La Tempête ne composera plus rien d’important durant les trente dernières années de sa vie.

Puissamment orchestrée en particulier pour la section des cuivres dont Sibelius omet néanmoins la présence du tuba, Tapiola par sa violence, son aspect rugueux, ses vertiges hallucinés se situerait plutôt du côté de sa Quatrième Symphonie avec ses aspects tourmentés et glacés. Jamais peut-être la présence du vent, suggérant la présence d’une entité invisible et indicible n’aura été évoquée par Sibelius avec autant de puissance. Seule la seconde partie de la Suite Lemminkaïnen avec son terrifiant solo de cor anglais, peut approcher ce degré de terreur et d’angoisse atteint dans Tapiola. La composition de Luonnotar de Jean Sibelius remonte à 1913 et sa création aura lieu le 10 septembre 1913 au Three Choirs Festival de Gloucester par la soprano finlandaise Aino Ackté, l’orchestre étant placé sous la direction de Herbert Brewer. Ici Sibelius s’inspire d’un épisode tiré du fameux recueil de la mythologie finlandaise : le Kalevala. Il y est question de la création de l’univers et la musique de Sibelius par sa force singulière, par son intuition visionnaire parvient à donner corps à cette  légende venue du fond des âges. Lorsque Beethoven compose son air de concert « Ah ! perfido » en 1796, il n’est âgé que de vingt-six ans, pourtant cette composition de Beethoven surprend par son ton dramatique, dénotant chez celui-ci une maturité qui beaucoup plus tard se manifestera dans son unique opéra : Fidélio. C’est avec la Symphonie No1 de Dimitri Chostakovitch que Mikko Franck décidait de conclure son programme musical. L’œuvre, composée  en 1926 par un tout jeune homme de vingt-ans sera dirigée lors de sa création par Nicolaï Malko un chef  russe bien trop oublié aujourd’hui qui non seulement créa également la Symphonie No2 de Chostakovitch, mais aussi la Symphonie No5 de Miaskovski. Cette Symphonie No1 même si parfois elle révèle ses influences (Strauss, notamment) annonce déjà les caractéristiques futures qui hanteront les symphonies du compositeur (ironie, sarcasme et provocation).C’est la magnifique voix de la soprano finlandaise Karita Mattila qui s’imposait dans les deux œuvres de Sibelius et Beethoven. Mikko Franck, dirigeant l’Orchestre philharmonique de Radio France, livrait une vision sombre et prenante du Tapiola de Sibelius, mettant en avant l’aspect épique et légendaire de Luonnotar. Son interprétation de la Symphonie No1 de Chostakovitch soulignait avec force les audaces d’un compositeur alors au seuil de ses futures compositions dans le domaine de la symphonie.

Texte de Michel Jakubowicz


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