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CD : Quelques incontournables de Fauré par Philippe Cassard

Faure cassard ballade nocturnes

Ballade pour piano et orchestre op. 19. Fantaisie pour piano et orchestre op. 111. Nocturnes Nos 2, 4 & 11. Pelléas et Mélisande, suite p. 80. Prélude de Pénélope.
Philippe Cassard, piano. Orchestre national de Lorraine, dir. Jacques Mercier
1CD La Dolce Volta : LDV32 (Distribution : Harmonia Mundi)
Duré du CD : 68'39
Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise (4/5)

Amoureux de la musique pour piano de Fauré, Philippe Cassard a composé le programme de ce disque autour de ses deux œuvres concertantes, la Ballade op. 19 et la Fantaisie op. 111. S'y ajoutent trois Nocturnes et deux pièces orchestrales qui partagent le même esprit. Justement. Car n'a-t-on pas dit que « toutes les œuvres de Gabriel Fauré sont à quelque degré des variétés du nocturne » (Vladimir Jankélévitch : « Fauré et l'inexprimable », Plon).

La Ballade pour piano et orchestre, dédiée à Saint-Saëns, délivre une immédiate séduction par sa forme souple enchainant des épisodes de plus en plus structurés, et son atmosphère de rêverie, voisine de « l'heure exquise ». Ce que l'orchestration ne dénature pas par rapport à l'original pour piano seul, en particulier dans sa péroraison. L'interprétation de Philippe Cassard en magnifie le climat à la fois évanescent et construit. La Fantaisie op. 111, dédiée à Cortot, orchestrée à partir de la pièce pour deux pianos, est chère au cœur de Cassard qui se dit fasciné « par sa vigueur, son énergie inépuisable, sa luminosité, les arabesques cristallines du piano ». D'un seul tenant, le morceau fait se succéder un épisode moderato se signalant par la fluidité de la partie de piano, qui bientôt s'anime dans une section vivace nourrie du typique balancement fauréen, avant de revenir à la manière du début. L'élégance du jeu de Cassard, son sens de l'ineffable arabesque tutoient l'équanimité qui chez Fauré transcende toute musique. Il en va de même des trois nocturnes choisis par le pianiste, en miroir, parmi les 13 qui parcourent toute la production du musicien. Le Nocturne N° 2 op. 33 est une sorte de romance sans parole qui bascule dans une toccata agitée, pour une conclusion apaisée. Le Nocturne N° 4 op. 36 croise lui aussi diverses phases chantantes s'approchant de l'extase. Le Onzième Nocturne op. 104 est pur exemple de la subtilité du dernier Fauré et de ses audaces harmoniques proches de la dissonance. Le CD propose encore Pelléas et Mélisande, suite orchestrale, abordée ici dans une optique recueillie, car jouée très lent (« Prélude »), ou mesuré (une « Sicilienne » au bord du rêve). Tandis que la « Mort de Mélisande » sonne un glas funèbre se réchauffant dans une section solennelle, avant une péroraison extatique, rappelant le Requiem. Le Prélude de l'opéra Pénélope, page impressionnante, affirme encore l'aristocratie du phrasé, l'art du développement et le lyrisme éperdu que souligne Cassard chez le musicien. L'interprétation sensible de Jacques Mercier et de son Orchestre de Lorraine le démontre.

La captation, dans la grande salle de l'Arsenal de Metz, offre une balance adéquate entre piano et orchestre et une restitution naturelle de l'instrument seul. Reste que dans les tutti des deux pages orchestrales l'image sonore des cordes manque de d'aération.

Texte de Jean-Pierre Robert    

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Mots-clés: Gabriel Fauré

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