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CD : Symphonies N° 1 et 3 de Beethoven

CD beethoven

Ludwig van Beethoven : Symphonie N°1 op. 21. Symphonie N°3 « Héroïque », op. 55.
Wiener Symphoniker, dir. Philippe Jordan
1CD Wiener Symphoniker : WS 013 (Distribution : Sony music)
Durée du CD : 72'01
Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange(5/5)

L'autre orchestre que compte la capitale autrichienne, le Wiener Symphoniker est moins représenté au disque que son prestigieux confrère. Il a connu pourtant des chefs illustres comme Karajan ou Sawallisch. Le français Philippe Entremont en a été longtemps directeur musical. Aujourd'hui Philippe Jordan a repris le flambeau. Qui entreprend avec eux une intégrale des symphonies de Beethoven, un Everest qu'il faut mériter, surtout dans un domaine plus qu'avantageusement représenté. Premier volet de cette entreprise, l'interprétation des symphonies Nos 1 et 3 mérite grande considération et augure le meilleur du nouveau cycle.

Le couplage n'est pas fortuit, car il existe, selon le chef, un lien en termes de contenu entre ces deux œuvres, avec le ballet « Les créatures de Prométhée ». Certes, avec la Première Symphonie op. 21 Beethoven se situe dans le sillage de Joseph Haydn. Ainsi le con brio initial est-il entamé par une courte introduction adagio, un procédé cher à l'auteur de La Création. Mais il y a déjà une composante titanesque dans la brillance du mouvement et son développement dramatique. Un souffle révolutionnaire que Jordan ne cherche pas à éluder, bien au contraire. Il y voit même quelque proximité avec les premiers numéros de Fidelio. L'andante cantabile est conçu dans le même esprit, bien articulé, le deuxième thème légèrement scandé avec son généreux décor créé par les bois. Du Menuetto émane un sentiment d'urgence, celui d'un véritable scherzo rapide. Le finale que le chef sent « proche de l'Ouverture Leonore III », est vif, allègre, et en même temps d'une battue souple. Cette souplesse qui signe l'originalité de cette interprétation à laquelle l'orchestre répond avec un palpable enthousiasme.

S'agissant de la Troisième Symphonie, Philippe Jordan estime que les choses doivent être replacées dans leur exact contexte. Nonobstant les indications de Beethoven quant à la fameuse dédicace, l'œuvre « doit plus à Prométhée qu'à Napoléon », souligne-t-il. Le vaste con brio, pris dans un tempo soutenu, ressortit par sa pulsation à une lutte prométhéenne. Le développement avec ses crescendos-decrescendos, sait insister sur les points singuliers, quitte à brusquer le débit, comme à la coda. C'est là la vision d'un chef de théâtre préoccupé aussi bien de la vision d'ensemble que de toute la foule de détails qui font la force de ce morceau. L'adagio assai de la « Marche funèbre » n'est justement pas trop lent et le deuxième thème se différencie qui conduit à un grand climax rien moins que glorieux. La gaité du scherzo est rendue par un tempo souple et engagé. Le trio avec ses appels des cors – ici placés dans un semi lointain plein d'atmosphère - assume une rusticité que se plaisait à souligner Nikolaus Harnoncourt. Jordan voit dans le finale « une danse joyeuse pleine de clarté et de momentum ». Ce mouvement est l'aboutissement dramaturgique de la symphonie, comme si « un phénix renait de ses cendres ». Le lien avec le ballet « Les créatures de Prométhée » est là évident. Bien affirmé, le discours ne faiblit pas, porté par un souffle et une volonté de transparence de la texture comme un refus de toute grandiloquence, sans oublier une élégance toute française. En un mot, comme pour la symphonie précédente, voilà une interprétation marquée par le souci d'un scrupuleux respect du texte et de l'esprit, d'une souple articulation alliée à un choix de tempos rapides mais sans précipitation. Et avantagée par la prestation d'un orchestre qui, puisant à une tradition viennoise bien établie, se plie à une vision moderne ne reniant rien du classicisme de ces œuvres. 

L'enregistrement est exemplaire pour des prises effectuées live. La fameuse acoustique ''ouverte'' de la Salle dorée du Musikverein de Vienne procure une ambiance naturelle, une remarquable spatialisation des plans et un excellent équilibre entre cordes et vents, ces derniers traités sans effet de rapprochement artificiel.

Jean-Pierre Robert

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Mots-clés: Beethoven

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