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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert inaugural de l'Orchestre National de France dirigé par son chef Emmanuel Krivine

Emmanuel Krivine

  • Edouard Lalo, Le Roi d’Ys, ouverture
  • Camille Saint-Saëns, Concerto pour piano et orchestre No5 en fa majeur
    op.103 « Égyptien »
  • Johannes Brahms, Symphonie No 4 en mi mineur, op.98

  • Orchestre National de France
  • Emmanuel Krivine, direction
  • Bertrand Chamayou, piano

  • Jeudi 13 septembre 2018
  • Auditorium de Radio France
    www.maisondelaradio.fr

Dans ce concert inaugural de la saison 2018-2019, Emmanuel Krivine avec l’Orchestre National de France fait le choix de proposer un équilibre parfait entre musique française et musique allemande de la fin du XIXème siècle.

Pour son premier concert de la saison 2018-2019, Emmanuel Krivine dirigeant l’Orchestre National de France dont il est depuis peu le directeur musical, choisissait d’interpréter trois compositeurs (deux français et un allemand) ayant vécu à la même époque. Le concert débutait avec l’ouverture du Roi d’Ys d’Edouard Lalo, qui demeure de loin l’ouvrage lyrique le plus populaire de l’auteur de Namouna et d’une célèbre Symphonie espagnole pour violon et orchestre. Cette ouverture est en fait un condensé assez évocateur de cet opéra d’Edouard Lalo, se déroulant dans une atmosphère mystérieuse de landes bretonnes hantées, sous la menace constante de la disparition de la ville d’Ys promise à une fatale submersion.

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La deuxième œuvre de ce concert était l’ultime Concerto pour piano et orchestre No5 « Égyptien » de Camille Saint-Saëns. Le compositeur réussit le prodige de transformer à de rares et fugitifs moments, le piano, le métamorphosant de manière magique en d’improbables harmonies évoquant la sonorité de gongs et de gamelans (ces derniers étant indissolublement liés à la musique indonésienne). Le dernier mouvement (molto allegro) surprend par sa folle vivacité, réclamant de la part du soliste une virtuosité conquérante.

La seconde partie de ce concert était entièrement consacrée au dernier chef-d’œuvre symphonique de Brahms : son austère et grandiose Symphonie No4, que l’auteur dirigera lui-même à Meiningen lors de sa création le 25 octobre 1885. Sombre et tourmentée, cette Symphonie No4 est composée entre deux œuvres de musique de chambre d’une très grande importance, d’une part le Trio pour piano No2 op.87 datant de 1883, d’autre part le Trio pour piano No3 op.101, composé en 1887. La Symphonie No4 de Brahms cultive tout autant que dans ces deux Trios un penchant certain pour un univers tumultueux par lequel Brahms semble irrémédiablement attiré. Le dernier mouvement (un Allegro energico e passionato) est particulièrement agité et traversé de mouvements et de soubresauts contraires, trahissant chez Brahms une inquiétude évidente.

Bertrand Chamayou
Bertrand Chamayou

Emmanuel Krivine donnait de l’ouverture du Roi d’Ys de Lalo une version dynamique, à la hauteur du conte légendaire dont s’inspire le compositeur. Bertrand Chamayou au piano, révélait les mystères de l’Orient disséminés dans le Concerto No5 pour piano de Camille Saint-Saëns, admirablement soutenu par Emmanuel Krivine et les musiciens de l’Orchestre National de France. Bertrand Chamayou accordait bien sûr un bis au public de l’Auditorium, proposant lui-même le célèbre « Clair de lune » de Claude Debussy, tiré de la Suite bergamasque, s’inspirant d’un poème de Verlaine. Quant à la Symphonie No 4 de Brahms, Emmanuel Krivine à la tête de l’Orchestre National de France en donnait une version abrupte et rugueuse, d’une noirceur totale, rageuse, révélant ainsi un Brahms venu du Nord de l’Allemagne et resté fidèle aux sombres paysages de Hambourg, sa ville natale. En guise de bis, Emmanuel Krivine proposait au public nombreux de l’Auditorium un féérique et fantasque Scherzo tiré du Songe d’une nuit d’été de Félix Mendelssohn.

Une soirée de concert réussie pour l’Orchestre National de France placé sous la direction à la fois ferme et engagée de son chef, Emmanuel Krivine.

Texte de Michel Jakubowicz

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Auditorium de Radio France

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