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CD : Toccatas, Partitas & Suites de Reincken

Clement Geoffroy clavecin Johann Adam Reincken

  • Johann Adam Reincken : Toccata en la majeur. Toccata en sol mineur & Fugue en sol mineur. Suite en la mineur. Suite en do majeur. Ballett. Praeludium en do majeur. « Holländische Nachtingall ». Aria « Schweiget mit vom Weiber nehmen, oder Die Melerin »
  • Clément Geoffroy, clavecin
  • 1 CD l'Encelade : ECL 1705 (Distribution : Socadisc)
  • Durée du CD : 73 min
  • Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange (5/5)

On n'en finit pas de redécouvrir ces compositeurs qui au XVIIème ont marqué de leur empreinte la musique en Allemagne. Et c'est tant mieux ! Après Johann Christoph Bach, voici Johann Adam Reincken (c.1643-1722). Natif de Hollande, il s'établit très tôt à Hambourg. Où il sera l'un des organistes les plus réputés, et fondera en 1678 l'Opéra de la ville, première institution du genre Outre Rhin, qu'il dirigera jusqu'en 1685. Outre des œuvres pour son instrument et pour ensemble de chambre, on lui doit encore une douzaine de pièces pour le clavecin. Clément Geoffroy en a choisi quelques-unes des plus représentatives, même si pas toujours d'une authenticité avérée. Un bien agréable récital.

Ces pièces de clavecin révèlent un musicien habile offrant à l'interprète de beaux challenges. Ainsi de cette curieuse pièce intitulée Ballett, en forme de thème et variations. Celles-ci, au nombre de 11, sont pour certaines spectaculaires. La Toccata en la majeur, d'abord attribuée à Purcell puis à JS Bach, semble bien être de la plume de Reincken. Son écriture est acrobatique pour l'interprète, eu égard à sa manière virtuose empruntée au ''Stylus Fantasticus'', propre à l'orgue, savoir libre et proche de l'improvisation, mais pas nécessairement ''fantastique''. La Suite en do majeur est constituée des quatre parties de la suite allemande, dont une Gigue finale très exaltée. On entend encore une courte pièce « Holländische Nachtigall » (Rossignol hollandais) aux ornementations évocatrices et amusantes. La plus étendue est toutefois l'Aria « Schweiget mir vom Wieber nehmen oder : Die Meierin » «  (Ne me parlez pas de prendre femme) : le thème emprunté à Froberger se décline en 18 variations extrêmement brillantes, qui suivent de manière sous-jacente la suite allemande, jusqu'à une Gigue cocasse. Selon Clément Geoffroy, par son envergure, cette pièce peut se mesurer à d'autres grands morceaux comme les Variations Goldberg de Bach. 

Reincken était très apprécié par ses pairs. Au nombre de ces derniers, JS Bach. Pour celui-ci, il a été à la fois une source d'inspiration, comme pour l'air BWV 989 qui reprend les éléments du Ballett, déjà cité. Et le prétexte à transcriptions. Ainsi du Pealudium en do majeur, extrait du recueil chambriste de l'Hortus Musicus (1687), donné ici dans la transcription opérée sous le numéro BWV 966. Au titre des pièces dont la paternité à Reincken demeure problématique, on citera la Suite en la mineur, publiée en 1710, peut-être attribuable à Pachelbel, en tout cas d'une belle inventivité au long de ses quatre séquences. La Toccata en sol majeur, à laquelle Clément Geoffroy accole la Fugue en sol majeur, est dans le style italien, si prisé à l'époque, et proche de Froberger et de Frescobaldi. On remarque dans la fugue une vivacité tourbillonnante dans un tempo d'une extrême vivacité, là encore presque exalté. 

Clément Geoffroy joue ces pièces sur un clavecin d'Émile Jobin (2005), copie d'un instrument de Ruckers. Soliste et continuiste dans des ensembles comme Pygmalion, Le Concert d'Astrée ou Les Surprises, et fondateur de l'ensemble l'Escadron Volant de la Reine, il éblouit par la sensibilité et la vigueur du toucher comme l'imagination pour faire sonner ce bel instrument dont il souligne « le caractère étincelant » de la sonorité, « d'une grande netteté mais sans jamais de sécheresse ». Au demeurant magnifiquement capté par une prise de son ''musicale''.

Texte de Jean-Pierre Robert 

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