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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert : Tombeau pour des Millions de Soldats à l'Auditorium de Radio France

Nelson Goerner Pascal Rophe

  • Maurice Ravel : Le Tombeau de Couperin ; Concerto pour piano et orchestre « pour la main gauche »
  • Philippe Hersant : Sous la pluie de feu, double concerto pour violon et violoncelle
  • Igor Stravinski : Symphonie en trois mouvements
  • Orchestre Philharmonique de Radio France
  • Pascal Rophé, direction
  • Nelson Goerner (piano) ; Hélène Collerette (violon) ; Nadine Pierre (violoncelle)
  • Auditorium de Radio France ; vendredi 16 novembre 20 h 
    www.maisondelaradio.fr

Nelson Goerner au piano pour Ravel, et Hélène Collerette et Nadine Pierre pour Hersant, tous soutenus avec conviction par l’Orchestre Philharmonique de Radio France, dirigé par Pascal Rophé.

Le Tombeau de Couperin qui débute le concert est en fait une pièce originalement écrite pour piano et rend hommage au XVIIIème siècle. L’orchestration de Ravel atteint ici des sommets tant la fluidité des bois, le rôle dévolu aux cuivres et aux cordes font de cette œuvre un chef-d’œuvre singulier, jetant en quelque sorte un pont entre deux siècles pourtant fort différents : le XVIIIème et le XXème ! C’est bien après la fin du premier conflit mondial (1914-1918) que Ravel écrit son Concerto pour la main gauche. C’est en 1930 à la demande du pianiste autrichien Paul Wittgenstein, que Ravel s’attelle à cette tâche. Il est loin d’être le seul car le pianiste autrichien, mutilé de guerre, a également passé commande d’œuvres pour la main gauche à de nombreux autres compositeurs. Non seulement Prokofiev, Strauss, Rachmaninov ont été sollicités mais également Hindemith, Britten, Schmidt et Korngold ! Ce Concerto pour la main gauche ne possède en fait qu’un seul mouvement et débute un peu comme dans La Valse par de sombres colorations instrumentales fournies essentiellement par les cordes, les bassons et contrebasson jouant dans l’extrême grave. Bien que traversé, tout comme le Concerto pour piano en sol, par l’influence du jazz qui déferle sur l’Europe, ce Concerto n’en dégage pas moins une certaine angoisse et va se conclure par un fortissimo d’une rare violence.

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La deuxième partie du concert concernait une œuvre de Philippe Hersant donnée en création mondiale, intitulée Sous la pluie de feu, double concerto pour violon et violoncelle. Ce double concerto célèbre l’armistice de 1918, mettant fin à l’horrible hécatombe qui s’est poursuivie cinq années durant, causant un nombre terrifiant de victimes et de blessés. Dans cette œuvre, Philippe Hersant rend également hommage à un violoncelliste bien connu : Maurice Maréchal, à qui l’on doit (entre autres) la création des concertos pour violoncelle et orchestre d’Arthur Honegger et de Jacques Ibert ainsi que celle de la Sonate pour violon et violoncelle de Maurice Ravel. Il y rend également hommage à un compositeur et violoniste que l’on vient de redécouvrir tardivement, Lucien Durosoir.

Dernière œuvre inscrite au programme du concert : la Symphonie en trois mouvements d’Igor Stravinski. Bien que commencée en 1942, cette Symphonie ne sera achevée qu’en 1945 alors que prend fin le deuxième conflit mondial, encore plus meurtrier que le premier. Le pessimisme le plus noir semble habiter de bout en bout cette Symphonie marquée par une sorte d’angoisse qui ne quitte même pas l’œuvre dans le second mouvement (Andante) moins martial que le premier et le dernier mouvement. Nelson Goerner, le pianiste de la soirée, s’impose avec une évidence manifeste dans le Concerto pour piano de Ravel, parvenant avec une facilité déconcertante à nous donner l’illusion que l’œuvre est écrite pour les deux mains ! Gros succès auprès du public de l’Auditorium que Nelson Goerner récompense d’un bis magnifique : le Nocturne opus 48 No2 de Frédéric Chopin. Après leur flamboyante interprétation du double concerto pour violon, violoncelle et orchestre de Philippe Hersant, les deux solistes émérites de cette partition, Hélène Collerette et Nadine Pierre, très applaudies, offrent du compositeur, en guise de bis Le Silence des Sirènes, 11 caprices pour 2 violons (transcription pour violon et violoncelle). Quant à Pascal Rophé, dirigeant l’Orchestre Philharmonique de Radio France avec une belle énergie, il s’avère très efficace dans Ravel et Hersant. Sa conception d’une grande noblesse de la Symphonie en trois mouvements de Stravinski lui apporte tous les suffrages du public, qui redécouvre ainsi un chef-d’œuvre absolu de l’auteur du Sacre du printemps !

Un concert de haute volée rappelant deux conflits tragiques : celui de 1914-1918 et celui de 1939-1945.

Texte de Michel Jakubowicz


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Auditorium de Radio France

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