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Concert : Pierre Hantaï et Marc Hantaï interprètent Bach à la Salle Cortot, au clavecin et à la flûte traversière

Pierre et Marc Hantai

Un concert offrant une belle opportunité : celle de découvrir l’œuvre pour flûte et clavecin de Johann Sebastian Bach.

Pierre Hantaï (au clavecin) et Marc Hantaï (à la flûte) avaient l’excellente idée de nous interpréter ce mercredi 5 décembre Salle Cortot, une bonne partie de l’œuvre pour flûte et clavecin de Johann Sebastian Bach. Ils décidaient tout d’abord de jouer la Sonate pour flûte & basse continue en mi majeur BWV 1035 comportant quatre mouvements. Assez développé, le premier mouvement (un Adagio ma non tanto) surprend par son aspect sérieux, presque austère, alors que les mouvements suivants s’apparentent davantage à la danse. Il n’est pas interdit de découvrir dans cette Sonate BWV 1035 un certain penchant pour le style français, en particulier celui de François Couperin. La Sonate BWV 1032 en la majeur qui suivait est malheureusement amputée des 46 mesures terminant le premier mouvement. Elle exige de la part des deux protagonistes une virtuosité à toute épreuve, notamment dans l’Allegro final. La Sonate pour flûte & basse continue en mi mineur BWV 1034 qui mettait fin à la première partie de ce concert revenait aux quatre mouvements, tout comme dans la Sonate BWV 1035 qui débutait ce récital. Le premier mouvement était à nouveau un Adagio ma non tanto évoluant dans un esprit proche de l’improvisation, voire de la fantaisie… L’allegro suivant, à l’écriture pleine de sinuosités imprévisibles, fait également appel à la virtuosité des interprètes. Le troisième mouvement (Andante) est complexe, sérieux presque jusqu’à l’excès, laissant ensuite l’Allegro final imposer toute son exubérance, largement teintée de virtuosité. La Partita pour flûte en la mineur BWV 1013 qui débutait la seconde partie du concert s’apparente aux suites instrumentales dont Telemann est un brillant représentant (plus de 600 Suites pour orchestre !). Dans cette Partita pour flûte solo, c’est peut-être l’esprit des Fantasias pour flûte solo de Telemann qu’il faudrait évoquer. Les quatre mouvements de cette Partita BWV 1013 n’incitent guère à la mélancolie et l’œuvre s’achève sur une Bourrée anglaise plutôt pimpante ! Ultime œuvre inscrite à ce concert : la Sonate pour flûte et clavecin en si mineur BWV 1030 en trois mouvements. Cette Sonate cumule les audaces harmoniques et met en œuvre de fréquents et inattendus changements de rythmes. Cette Sonate assez surprenante prend fin par un Presto d’une rare énergie. L’exécution de cet ensemble de Sonates pour flûte et clavecin de Johann Sebastian Bach par Marc et Pierre Hantaï recevait de la part du public de la Salle Cortot un accueil chaleureux largement justifié par le jeu à la fois précis, incisif et inspiré des deux interprètes, manifestement habités par la musique du grand Cantor de Leipzig. Notons que Marc Hantaï interprétant en solo la Partita pour flûte en la mineur BWV 1013 y fit preuve d’une subtilité et d’une finesse exceptionnelles. Bien entendu, à la demande du public les deux interprètes offrirent en guise de bis un superbe extrait des Concerts royaux de François Couperin. Un autre bis fut accordé, Pierre Hantaï en attribua la paternité (éventuelle) à un fils de Bach…

Pierre et Marc Hantaï révélant avec une intuition et un instinct musical sans faille un aspect méconnu de l’auteur de la Passion selon Saint-Matthieu et de la Messe en si : son œuvre pour flûte et clavecin !

Texte de Michel Jakubowicz


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Mots-clés: Salle Cortot

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