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Concert : Lars Vogt dirige l’Orchestre de chambre de Paris au Théâtre des Champs-Élysées

Lars Vogt

  • Widmann : Con brio ouverture de concert pour orchestre, version de 2013
  • Schumann : Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op.54
  • Beethoven : Symphonie No4 en si bémol majeur, op.60
  • Orchestre de chambre de Paris
  • Lars Vogt, piano et direction
  • Jeudi 20 décembre 2018, 20 h
    Théâtre des Champs-Élysées
    www.orchestredechambredeparis.com
    www.theatrechampselysees.fr

Le pianiste Lars Vogt aux commandes de l’Orchestre de chambre de Paris dirige Widmann, Schumann et Beethoven.

Bien que ne citant aucun thème provenant des Symphonies No7 et No8 de Beethoven, cette ouverture de concert pour orchestre de Jörg Widmann laisse parfois en un bref éclair passer quelques fragments fantomatiques du maître de Bonn. C’est le chef d’orchestre Mariss Jansons qui est à l’origine de cette Ouverture de Jörg Widmann, qui devait en fait constituer une sorte d’écho à l’intégrale des Symphonies de Beethoven que celui-ci projetait de donner au concert. L’orchestre mis en œuvre par Jörg Widmann est bien celui de Beethoven, cuivres, bois et cordes, timbales. Non dénuée d’humour, ménageant sans cesse d’étonnantes surprises sonores, cette Ouverture Con brio s’achève de manière plutôt discrète, abandonnant l’auditoire dans la perplexité la plus totale. Après cette immersion dans le domaine contemporain, Lars Vogt revenait au plus romantique des Concertos pour piano et orchestre composés dans la première partie du XIXème siècle. Le choix de Lars Vogt se portait en effet sur l’unique Concerto pour piano et orchestre de Robert Schumann dont la composition datant de 1841 ne sera vraiment achevée qu’en 1845 après que le compositeur aura mis un point final à cette œuvre en lui ajoutant ses deux derniers mouvements (Intermezzo et Allegro). Il est possible que ce Concerto pour piano de Schumann ait en fait subi l’influence de plusieurs œuvres écrites durant cette période (Symphonie No1, Quintette pour piano et cordes op.44 et Quatuor pour piano et cordes op.47 datant tous deux de 1842). Dans ce Concerto pour piano, Schumann use de thèmes cycliques comme par exemple ceux de sa Symphonie No4 et ménage entre l’orchestre et le piano des dialogues à la fois passionnés et subtils qui assureront à cette œuvre une gloire quasi immortelle ! Lars Vogt passait au dernier acte de son concert avec une Symphonie de Beethoven relativement négligée au concert : sa Quatrième Symphonie. Elle date en fait d’une période extraordinairement féconde pour Beethoven, car durant cette même année (1806) il inscrit à son catalogue non seulement son Concerto pour piano et orchestre No4, mais également trois Quatuors à cordes : le No7, le No8 et le No9. Après une introduction lente, sombre et chargée d’anxiété (Adagio) tout s’éclaire avec l’allegro vivace qui se fraie avec force un chemin vers la lumière.

Le deuxième mouvement, un Adagio, surprend par son aspect passionné, presque agité et fébrile malgré son aspect lumineux, presque rêveur. L’Allegro molto e vivace qui constitue le troisième mouvement est vif et contrasté, s’effaçant pour laisser place à un Trio particulièrement poétique où Beethoven laisse filer très loin son inspiration… Un Allegro final quasiment explosif permet à Beethoven d’exprimer toute son impétuosité créatrice qui paraît ici bousculer tout sur son passage dans un élan frénétique que rien ne semble arrêter. Lars Vogt, qui est à la fois le chef et le soliste de ce concert ne ménage guère sa peine, imprimant au Concerto de Schumann une vivacité et un mordant peu communs. Cette exécution magistrale sera suivie d’un bis superbe, le Nocturne No20 opus posthume de Chopin. Quant à sa version de la Symphonie No4 de Beethoven, Lars Vogt emmenant vivement l’Orchestre de chambre de Paris, remporte facilement la victoire obtenue par une interprétation tranchée, nette, survoltée mais toujours inspirée !

Dynamique en diable, Lars Vogt dirige les musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris avec une fougue indomptable tout en assurant une exécution superbe au piano du Concerto en la mineur de Schumann !

Texte de Michel Jakubowicz


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Mots-clés: Théâtre des Champs-Elysées

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