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Concert : Mikko Franck dirige l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Sol Gabetta au violoncelle

Mikko Franck

  • Paul Dukas : L’Apprenti sorcier
  • Mieczyslaw Weinberg : Concerto pour violoncelle et orchestre, op.43
  • Richard Strauss : Tod und Verklärung (Mort et Transfiguration)
  • Maurice Ravel : La Valse, poème chorégraphique
  • Orchestre Philharmonique de Radio France
  • Mikko Franck, direction
  • Sol Gabetta, violoncelle
  • Auditorium de Radio France ; vendredi 21 décembre 2018, 20 h
    www.maisondelaradio.fr

Un programme très européen pour ce concert de l’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck (Finlande) avec deux compositeurs français : Paul Dukas et Maurice Ravel, un compositeur polonais Mieczyslaw Weinberg et enfin, un compositeur autrichien : Richard Strauss.

Deux compositeurs français (Paul Dukas et Maurice Ravel) encadrant un compositeur polonais (Mieczyslaw Weinberg) et un compositeur autrichien (Richard Strauss) ; tel se présentait ce programme dirigé par Mikko Franck à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Radio France ce vendredi 21 Décembre 2018. C’était donc avec un conte fantastique s’inspirant d’une ballade de Goethe, L’apprenti sorcier de Paul Dukas que débutait ce concert. Paul Dukas, qui un an avant ce poème symphonique a composé son unique Symphonie en ut qui tend à s’affranchir de l’influence de César Franck, s’y révèle inventif et surtout très habile orchestrateur en confiant notamment au basson un rôle moqueur, malicieux et goguenard… L’œuvre connaît une gloire et un succès retentissants puisque Walt Disney l’intègre dans son dessin animé Fantasia. Mahler, qui vient de quitter ses fonctions de directeur de l’Opéra de Vienne (1907), dirigera cette œuvre magique de Paul Dukas à New York en 1909. La seconde œuvre de ce programme consiste en un Concerto pour violoncelle et orchestre du compositeur polonais Mieczyslaw Weinberg. Un compositeur fort peu connu en France qui pourtant accumule durant son existence une œuvre considérable, en particulier dans le domaine symphonique (22 symphonies), ce qui le rapproche d’un autre symphoniste russe tout aussi prolifique : Nikolaï Miaskovski, auteur de 27 Symphonies !
Le Concerto pour violoncelle et orchestre de Mieczyslaw Weinberg, qui aura l’insigne honneur d’être créé par Mstislav Rostropovitch en 1957, comporte quatre mouvements exigeant de l’interprète une virtuosité et une musicalité irréprochables. L’influence de Chostakovitch, dont Mieczyslaw Weinberg devient en quelque sorte un disciple, n’apparaît que dans l’Allegro final. Une œuvre fondamentalement sombre et pessimiste qui reste donc bien dans la mouvance de Chostakovitch, sans pour autant s’aventurer dans l’ironie et le sarcasme propres à l’auteur de la Symphonie No 7 « Léningrad ». Mort et Transfiguration op.24 de Richard Strauss date 1889 et suit le cynique portrait musical de Don Juan op.20, composé un an auparavant. Ce poème symphonique de Richard Strauss met en musique les fondamentaux de l’existence humaine avec ses joies, ses douleurs, ses souffrances, qui finalement connaîtront un apaisement obtenu au terme d’une vie agitée et livrée au tourment existentiel. Dans cette œuvre, Richard Strauss fait appel à un orchestre déjà imposant, en particulier dans le domaine des cuivres, et n’hésitant pas dans le domaine de la petite harmonie à y inclure le cor anglais et trois bassons dont un contrebasson !
C’est la vénéneuse, fantastique et fantasque œuvre de Maurice Ravel : La Valse qui terminait sur une note survoltée ce concert. Elle sera créée en 1920 à Paris avec l’Orchestre Lamoureux dirigé par un wagnérien fervent, Camille Chevillard, à qui l’on doit la création d’innombrables chefs-d’œuvre comme La Mer de Debussy en 1905, Cydalise et le chèvre-pied de Gabriel Pierné en 1923, sans oublier la Symphonie No 5 de Charles Tournemire en 1916…

Sol Gabetta

Succès retentissant pour la violoncelliste Sol Gabetta interprétant avec impétuosité et finesse (des aigus extraordinaires) un Concerto pour violoncelle
plutôt introverti et secret qui ne se livre qu’au prix d’une écoute attentive, accordant à un compositeur authentique toute l’attention qu’il mérite. Quant à Mikko Franck, totalement immergé dans l’Orchestre Philharmonique de Radio France à son apogée, il délivre des œuvres de Dukas, Weinberg, Strauss et Ravel des images sonores d’une grande ampleur, parfaitement aptes à suivre la psychologie des compositeurs de cette soirée…
Décidément très en forme, après avoir chaleureusement salué les fidèles du Philharmonique de Radio France, Mikko Franck leur réserve une petite surprise : le Prélude opus 7 No 1 du compositeur finlandais Heino Kaski.

Dukas, Weinberg, Strauss et Ravel interprétés avec un grand sens de la couleur orchestrale idéale par le chef finlandais Mikko Franck dirigeant l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

Texte de Michel Jakubowicz


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Mots-clés: Auditorium de Radio France

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