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CD : Bruno Philippe joue les sonates pour violoncelle de Rachmaninov et de Miaskovski

Bruno Philippe Rachmaninov Miaskovski

  • Nikolaï Miaskovski : sonate N° 1 op. 12 pour violoncelle et piano
  • Sergueï Rachmaninov : Sonate pour violoncelle et piano, op. 39. Deux Pièces pour violoncelle et piano, op. 2
  • Prélude pour piano seul, N° 2, extrait des Morceaux de Fantaisie op. 3
  • Bruno Philippe, violoncelle, Jérôme Ducros, piano
  • 1 CD Harmonia Mundi : HMM 902340 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 70 min 52 s
  • Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise (4/5)

Pour son premier CD sous label Harmonia Mundi, le celliste Bruno Philippe présente des œuvres du répertoire russe : la sonate de Rachmaninov et celle de Miaskovski. Deux pages importantes pour ce jeune musicien (*1993), élève de Raphaël Pidoux et de Jérôme Pernoo au CNSMDP, et de Clemens Hagen à Salzbourg - depuis lors Révélation de l'ADAMI en 2016 et Révélation instrumentale aux Victoires de la musique 2018. Des interprétations à marquer d'une pierre blanche.

La Sonate N° 1 pour violoncelle et piano de Nikolaï Miaskovski, de 1911, remaniée en 1930, se situe dans le sillage de Rachmaninov ; ce qui explique sans doute l'idée du couplage avec la sonate de ce dernier. Ami de Prokofiev, Miaskovski (1881-1950) est moins célébré que lui. Et pourtant, sa musique instrumentale mérite le détour. Élève de Liadov et de Rimski-Korsakov, il reste dans la ligne des post-romantiques, comme en témoigne cette sonate. Elle innove sur la forme cependant puisqu'en deux parties jouées enchaînées. La première est un Adagio se transformant en Andante. Une longue phrase mélodique du violoncelle l'ouvre, à laquelle répond une autre toute aussi gracieuse du piano. Un dialogue s'engage entre les deux voix à mesure que l'ambitus s'élargit et que la tension dramatique s'intensifie, traversée de figures saccadées. La seconde partie est un Allegro passionato qui après un début encore élégiaque, s'élance vite dans un flux véhément nanti d'idées virtuoses au piano. Le mouvement est traversé d'instants plus calmes, voire contemplatifs, mais la course reprend jusqu'à la fin de la pièce.

Rachmaninov compose sa Sonate pour violoncelle et piano op. 19 en 1901, donc à la même époque que le Deuxième concerto de piano. Son vaste premier mouvement débute par une section Lento où le cello révèle déjà son expressivité, laquelle cède la place à un Allegro moderato offrant au soliste une belle ligne sinueuse. Une élégie simple se fait jour dans un mode typiquement post-romantique. Le piano prend peu à peu le pas, le violoncelle étant un temps réduit à des pizzicatos durant le développement. Cela chante confortablement jusqu'à une coda bien rythmée. Le Scherzando qui suit connaît une course haletante et nocturne traversée par la cantilène du cello. Dans l'Andante, la mélodie est reine, au fil de deux thèmes contrastés, l'un statique et bien chantant, l'autre mouvant. Le flux est dense et le lyrisme ne manque pas son effet, comme souvent chez Rachmaninov. Un Allegro mosso conclut la sonate dans un dynamisme ardent. Le violoncelle tient le rôle essentiel d'une des plus belles inspirations du compositeur. Le ton s'assombrit au médian du mouvement dans des éclats farouches. La coda est un mélange de puissance et de lyrisme. 

Le disque comprend encore les Deux pièces pour violoncelle et piano op. 2 qu'écrit en 1892 le jeune Rachmaninov. Ce diptyque oppose un ''Prélude'', adapté d'un précédent prélude pour piano, et une ''Danse orientale'' qui se réfère à la veine de l'exotisme russe, que Rachmaninov utilisera encore dans son opéra Aleko. Il y a là une façon langoureuse qui verse bientôt dans un tourbillon de bacchanale. Toutes ces pièces sont jouées par un violoncelliste dont la sonorité est hautement expressive, sans recherche excessive du beau son ''rond'', et la technique parfaitement accomplie. Jérôme Ducros apporte une contribution au-delà du simple accompagnement pianistique. On apprécie un jeu idoine également dans un Prélude pour piano seul, le N°2 extrait des Morceaux de Fantaisie op. 3.

L'enregistrement est un peu unidimensionnel et manque de profondeur de champ. Les deux instruments sont captés de près, ce qui porte l'emphase sur la résonance grave du piano, même si le violoncelle est semble-t-il avantagé dans l'image sonore. Mais l'équilibre entre les deux voix reste satisfaisant.

Texte de Jean-Pierre Robert

CD disponible sur Amazon

 


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