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CD : Édition Haydn 2032, volume 7 - Gli Impresari

Haydn Gli Impresari N7

  • Franz Joseph Haydn : Symphonies N° 9, Hob. I:9, N° 65, Hob. I:65 & N° 67 Hob. I:67
  • Wolfgang Amadé Mozart : Thamos, König in Egypten K. 345/336A
  • Kammerorchester Basel, dir. Giovanni Antonini
  • 1 CD Alpha : Alpha 680 (Distribution : Outhere Music)
  • Durée du CD : 72 min 01 s
  • Note technique : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile verte (5/5) 

L'immense Édition ''Haydn 2032'', ou intégrale de ses symphonies, en arrive à son septième volume. Le fil conducteur en est, cette fois, ''Les imprésarios''. En référence à ces œuvres qui ont été conçues comme musiques de scène avant de devenir ''symphonies''. Des musiques que des directeurs de troupe ont demandées à Haydn pour égayer les soirées du théâtre du Prince Nicolas Ier Esterházy. Voire à Mozart pour d'autres lieux, comme Salzbourg. En filigrane apparaît ainsi le thème des liens étroits existant entre les deux compositeurs. Une passionnante petite saga musicale.

La musique de ce qui deviendra la Symphonie N° 67, que l'impresario Carl Wahr commande à Haydn, a pour prétexte la visite au château d'Esterhazá, en 1772, de l'ambassadeur de France René Edouard de Rohan. Pour lequel on joua une pièce d'un certain Collé, ''La partie de chasse d'Henri IV''. De fait, l'œuvre débute par un presto signant un motif de chasse, joué d'abord pianissimo, puis montant en puissance pour s'établir énergique durant le reste du mouvement. Giovanni Antonini creuse d'étonnants écarts dynamiques. L'adagio, conséquent, est fait de motifs brefs, rythmiquement marqués, sorte de jeu de cache-cache et de soupirs ménagés par des pppp étonnamment ''parlants''. Le jeu adopté par Antonini et son orchestre est volontairement contrasté, regorgeant de traits presque cocasses. Le Menuet semble signaler l'heure des réjouissances, en particulier par un Trio original aux sonorités acides. Au finale, les choses prennent un tour enjoué, un temps bercées de mélancolie avec un joli concertino des bois. Et cela finit avec un air de cor de postillon. De la Symphonie N° 65, on a dit qu'elle avait « un parfum de maquillage théâtral » (H.C. Robbins Landon). Conçue, sans doute à la demande de l'impresario Hellmann, à partir de la pièce ''L'attelage en poste ou les nobles passions'', elle commence par un Vivace con spirito typique de la manière fiévreuse de Haydn, avec crescendos et decrescendos et une alternance forte/piano. L'andante est théâtral dans son travail en répons des cordes et des vents, les premières s'enroulant finement ppp puis forte, les seconds agissant en fanfares. Un schéma de refrain, diversifié dans ses diverses reprises, court au fil du mouvement et ses effets de surprises. Un Menuet bien senti poursuit dans la veine démonstrative, le trio le montrant encore à l'envi par une petite danse amusante. Le finale presto pétaradant, avec moult ruptures, évoque une scène de chasse à la française. 

La musique de la Symphonie N° 9 de Haydn n'était pas a priori destinée au théâtre, bien que l'impresario Girolamo Bon y soit pour quelque chose. Et pourtant, elle est animée d'une vraie dramaturgie. Comme le montre l'Allegro molto bien articulé et brillant, en forme d'ouverture. L'andante marque une pause de son ton pacifié, chantant aux flûtes, presque dansant. Un Menuetto allegretto termine, de son thème simple qu'enjolive le trio avec ses interventions des vents, hautbois cors et bassons, relayés par les cordes.

Thamos, roi d'Égypte est un drame héroïque que Mozart a écrit en 1773 sur un texte de Tobias von Gebler, remanié en 1779. Il s'agit d'une œuvre dont les relents maçonniques anticipent étonnamment La Flûte enchantée. Comme son sujet et la dualité ombre-lumière. Une représentation en fut donnée en janvier 1776 dans la salle de bal du théâtre de Salzbourg, sous l'impulsion de l'impresario Carl Wahr. Est donnée ici la musique des quatre entractes composés pour s'ajouter aux numéros vocaux. Le premier s'ouvre par trois fiers accords dramatiques cuivrés, et le mouvement se poursuit allegro, furieusement, de manière grandiose, dégageant un climat éminemment tragique. La 2ème pièce, Andante, poursuit dans la même veine mais entrecoupée de jolis traits concertants du hautbois et du basson. La 3ème, dite ''melodrama'', est sans doute la plus illustrative de l'action duelle Bien-Mal, lumière- ténèbres. La dernière, Vivace assai, renchérit dans le drame, par un ambitus dynamique large et la recherche d'effets spectaculaires. Qu'Antonini ne cherche pas à adoucir, loin de là, par une lecture hyper articulée. 

Au long de ces œuvres, on aura apprécié la rigueur de l'approche du chef italien, qui n'a d'égale que le soin dans l'articulation et dans le dosage de la dynamique, en particulier des ppp suggestifs. L'Orchestre de chambre de Bâle prouve d'éminentes qualités de virtuosité instrumentale. 

La prise de son, dans une acoustique vaste, légèrement résonnante, offre une image bien définie dans les tutti, comme pour ce qui est de la mise en valeur des parties solistes, rendant justice à la différentiation dynamique imprimée par le chef.

Texte de Jean-Pierre Robert

Disponible sur Amazon en CD et MP3


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