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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert : Lahav Shani dirige l’Orchestre Philharmonique de Radio France à l’Auditorium

Trio Elegiaque Philharmonie
Lahav Shani, Makoto Ozone et Edgar Moreau.

  • Serge Rachmaninov : Trio élégiaque pour violon, piano et violoncelle No1 en sol mineur 
    Rhapsodie sur un thème de Paganini, opus 43
  • Richard Strauss : Don Quichotte
    Variations fantastiques sur un thème de caractère chevaleresque, opus 35
  • Makoto Ozone, piano
  • Edgar Moreau, violoncelle
  • Jean-Philippe Kuzma, violon
  • Catherine de Vençay, violoncelle
  • Orchestre Philharmonique de Radio France
  • Lahav Shani, direction
  • Ji-Yoon Park, violon solo
  • Christophe Gaugué, alto solo
  • Auditorium de Radio France ; Jeudi 21 mars 2019, 20 h
    www.maisondelaradio.fr

Lahav Shani, Edgar Moreau, Makoto Ozone au service de deux grands compositeurs : Richard Strauss et Serge Rachmaninov.

Le concert du jeudi 21 mars à l’Auditorium de Radio France commençait par une œuvre de musique de chambre écrite par un compositeur âgé de moins de vingt ans : Serge Rachmaninov. Il s’agit du Trio élégiaque No1 en sol mineur. Il date de 1892 et constitue d’une certaine façon une sorte de réponse au Trio op.50 de Tchaïkovski dédié à la mémoire d’un grand ami de celui-ci, Nikolaï Rubinstein et composé en 1882. Le début de ce bref trio de Rachmaninov semble de façon frappante rappeler le lancinant et douloureux Trio de Tchaïkovski. Ce mouvement unique de cette œuvre de Rachmaninov va lui aussi se conclure tout comme celui de Tchaïkovski sur une note funèbre. La seconde partition de Rachmaninov consistait en une sorte de pseudo-Concerto pour piano et orchestre édifié sur le diabolique et sidérant 24eme Caprice de Paganini. Rachmaninov imagine un scénario musical surprenant en faisant cohabiter de multiples variations sur le Caprice de Paganini et le terrifiant thème du Dies Irae qui va hanter cette œuvre d’un bout à l’autre. Ce concert prenait fin avec le Don Quichotte de Richard Strauss. À partir du roman de Cervantès, Strauss réalise entre une Introduction et un Epilogue, dix variations qui suivent assez fidèlement les aventures à la fois grotesques et pathétiques du chevalier à la triste figure, flanqué de son fidèle serviteur Sancho Pança. Pour mettre en musique une telle épopée, Richard Strauss fait appel à un orchestre déjà conséquent même si Ein Heldenleben ou Eine Alpensinfonie ont eux, recours à des effectifs encore plus imposants. Il faut noter que dans la panoplie mise en jeu dans ce Don Quichotte, Strauss y adjoint une machine à vent que bien plus tard, en 1915 il réintroduira à nouveau dans son Alpensinfonie. Dans ce Don Quichotte Strauss y déchaîne son imagination alliée à son formidable talent d’orchestrateur. Ce qui donne comme résultat d’incroyables bêlements de troupeaux de moutons télescopant de fantastiques assauts contre d’improbables ennemis (moulins à vent, etc…). L’œuvre s’achève sur une note grave, symbolisant l’agonie de Don Quichotte se rappelant ses combats et aventures effectués dans un passé, hélas désormais révolu…

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Il faut saluer l’interprétation émouvante et inspirée du Trio élégiaque rassemblant Lahav Shani (piano), Jean-Philippe Kuzma (violon) et Catherine de Vençay (violoncelle), alors que le pianiste japonais Makoto Ozone défend avec panache la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov. En guise de bis, Makoto Ozone et Lahav Shani offrent au public la version à deux pianos d’un extrait de Ma Mère L’Oye de Maurice Ravel (le jardin féérique). Après ce bis effectué en duo, Makoto Ozone revient seul pour offrir un bis supplémentaire basé sur une improvisation en provenance du jazz… Il faut bien sûr signaler la foudroyante exécution au violoncelle d’Edgar Moreau dans le Don Quichotte de Richard Strauss, ainsi que celle plus discrète mais non moins efficace de Christophe Gaugué à l’alto, incarnant Sancho Pança ! Quant à la direction de Lahav Shani, elle s’avère à la fois précise et décapante aussi bien dans la Rhapsodie de Rachmaninov que dans le Don Quichotte de Strauss, où maître et serviteur sont malmenés sans ménagement !

Strauss et Rachmaninov révélés par un chef aux commandes d’un Orchestre Philharmonique de Radio France des grands jours !

Texte de Michel Jakubowicz


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Auditorium de Radio France

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