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CD : ''L'Alessandro amante" par Xavier Sabata

Xavier Sabata LAlessandro Amante

  • Giovanni Bononcini : extraits de "Abdolomino" & de "L'Euleo festeggiante nel ritorno d'Alessandro Magno dall'Indie"
  • Georg Friedrich Haendel : extraits de "Poro, re dell'Indie" & d' "Alessandro"
  • Giovanni Battista Pescetti : extrait d' "Alessandro nell'Indie"
  • Agostino Steffani : sinfonia de "Il Zelo di Leonato"
  • Antonio Draghi : extraits de "La Vittoria della fortezza"
  • Francesco Mancini : extrait de "Alessandro il Grande in Sidone"
  • Leonardo Vinci : extrait de "Alessandro nell'Indie"
  • Leonardo Leo : extrait de "Alessandro in Persia"
  • Nicola Porpora : extrait de "Poro"
  • Xavier Sabata, contre-ténor
  • Vespres d'Arnadí. Clavecin et dir. : Dani Espasa
  • 1 CD Aparté : AP192 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 64 min 30 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise (4/5)

Témoin du formidable intérêt suscité à l'époque baroque par le personnage quasi mythique d'Alexandre le Grand, ce CD met en scène un florilège d'arias puisées chez 9 compositeurs. Elles sont chantées par le contre-ténor espagnol Xavier Sabata avec sensibilité et vaillance, à l'image du guerrier et de l'amant.

La figure d'Alexandre le Grand, guerrier et amoureux, ambitieux et généreux, a enflammé l'imagination des musiciens. On dénombre plus de 65 opéras sur ce thème, composés sur ou à partir du livret de Pietro Metastasio "Alessandro nell'Indie" de 1726. Parmi lesquels, le contre-ténor Xavier Sabata a choisi une dizaine d'arias à l'appui d'une forme de reconstitution d'un titre perdu d'un certain Antonio Boretti, "Alessandro amante". Une réinterprétation du personnage, de ses hauts faits, de ses traits de caractère, vus souvent par d'autres personnages importants de son entourage. De 1687 à 1741, et selon les divers styles de musique qui se sont succédés, le contre- ténor catalan nous entraîne dans un voyage passionnant, autant de moments singuliers.

Le plus ancien compositeur à avoir été fasciné par la figure d'Alexandre est ici Antonio Draghi (1634-1700) qui dans son opéra La Vittoria della fortezza, de 1687, présente un Alexandre moralisant, ce qu'illustrent deux ariettes. Francesco Mancini (1672-1737), dans une aria di furore, déroule les fracas guerriers avec force coloratures vocales. Giovanni Bononcini (1670-1747) fait parler le général Hephaïstion qui loue la force mais aussi la beauté d'Alexandre. Une autre aria du personnage titre, traite du repos du guerrier désireux de retourner auprès de son amant. Cette aria est précédée d'un prélude nocturne, élégiaque et se conclut par un postlude tout aussi poétique. On y trouve Haendel bien sûr, et des morceaux empruntés à deux de ses opéras. Son Alessandro, créé à Londres en 1726, présente un personnage décadent dont deux femmes se disputent les faveurs. Une manière de traiter avantageusement un trio de chanteurs célèbres, le castrat Senesino et les divas rivales Cuzzoni et Bordoni, qui faisaient les beaux soirs, et pas seulement vocaux, de la scène londonienne de l'époque. L'aria "vano amore " décrit l'inconstance amoureuse du grand homme. Dans Poro, re dell'Indie (1731), c'est le roi Poros qui parle du pouvoir d'Alexandre et de son ''regard charmant''. Giovanni Battista Pescetti (1704-1766) dans une aria tirée d'Alessandro nell'Indie (1732) décrit le sérénité du personnage.

Plusieurs arias empruntent à la veine napolitaine en vogue dans les années 1730. Ainsi de Leonardo Vinci (1690-1730) qui dans son Alessandro nell'Indie de 1730, mise sur la sobriété du style. Leonardo Leo (1694-1744) dans Alessandro in Persia (1741) au style quelque peu galant, offre encore un portrait de l'homme éperdument amoureux. Une aria di bravura extraite du Poro (1731) de Nicola Porpora (1686-1768) clôt ce parcours avec trompettes et force coloratures, où la voix se mesure aux cuivres. Car ce morceau décrivant la course du "féroce cavalier", écrit à l'intention du castrat Farinelli, ne lésine pas sur les effets de la plus haute virtuosité et sur un souffle grandiose.

Quelques morceaux instrumentaux pimentent le programme. Dont la sinfonia d'Alessandro il Grande in Sidone de Mancini (1706), faite de trois parties selon le schéma vif-lent-vif, avec un beau solo de violon au Larghetto médian. Ou celle de l'opéra Il Zelo di Leonato d'Agostino Steffani (1691), autre figure du baroque, remise en lumière par Cecilia Bartoli.

Tout au long de ce programme ambitieux, on apprécie le timbre de Xavier Sabata, dans le registre alto, d'une belle douceur, et une approche plus sensible que pugnace, à la différence de certains de ses collègues. Il est accompagné par l'ensemble catalan Vespres d'Arnadí dirigé avec doigté et goût par Dani Espasa.

L'enregistrement à l'Auditorium de Barcelone, offre une image claire, mais la voix est un peu trop proéminente.

Texte de Jean-Pierre Robert

Disponible sur Amazon en CD et MP3


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