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CD : pièces pour piano seul d'Edvard Grieg

Propper Grieg Peer Gynt

  • Edvard Grieg : Peer Gynt, Suites N° 1 op. 46 & N° 2 op. 55 pour piano seul. 25 Mélodies et Danses populaires norvégiennes, op. 17
  • Daniel Propper, piano
  • 1 CD Forgotten records : fr 1550 ( www.forgottenrecords.com)
  • Durée du CD : 68 min
  • Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise (4/5)

L'intérêt majeur de ce CD de musique de piano de Grieg est d'entendre, pour la première fois semble-t-il au disque, la version pour piano des deux Suites de Peer Gynt. Dans une interprétation authentique puisque due au pianiste suédois Daniel Propper, familier de cette musique. Qui joue encore le magistral ensemble de miniatures que sont les 25 Mélodies et Danses populaires norvégiennes.

C'est à la demande d'Henrik Ibsen qu'Edvard Grieg écrit une musique de scène pour sa pièce Peer Gynt qui sera créée en 1876. Cette contribution musicale à l'œuvre théâtrale de son compatriote a autant contribué à la réputation du compositeur que son Concerto pour piano. L'épopée du jeune antihéros Peer Gynt, qui parti conquérir le vaste monde au fil de moult aventures romanesques, revient dans sa contrée natale pour y découvrir sa véritable solitude, avait de quoi séduire le musicien. Des 23 morceaux, il tirera quelques années plus tard deux suites d'orchestre de quatre numéros chacune, les op. 48 de 1888 et op. 55 de 1891. Sans tenir compte de la chronologie de l'intrigue en cinq actes, l'ordre plus musical que narratif reprend les morceaux les plus emblématiques de l'œuvre. Il en concevra dans la foulée une transcription pour piano seul. La première suite s'ouvre par « Au matin », sorte de prélude évoquant un lever de soleil plus marocain que nordique d'ailleurs, avec sa belle et rutilante mélodie. Lequel est suivi de « La mort d'Åse », déploration de caractère choral, puis de la « Danse d'Anitra », ou la suggestive farandole d'une bayadère rencontrée en Arabie. Enfin, « Dans l'antre du roi de la montagne » est un morceau dramatique qui voit, le temps d'une sorte de crescendo infernal, le même motif répété à l'envi ; ce qui est traduit par un jeu pianistique très élaboré. La seconde suite débute par l'« Enlèvement de la mariée », celui d'une jeune épousée enlevée par Peer Gynt le lendemain de ses noces, que suit la « Danse arabe », sorte de parallèle à celle de la Suite op. 48, mais en plus léger. Vient ensuite « Le retour de Peer Gynt », morceau tempétueux qui voit le jeune homme revenir parmi les siens. La suite se termine par la « Chanson de Solveig », l'âme-sœur, sans doute le morceau le plus célèbre, dont le charme mélancolique ne perd rien dans sa transposition au seul piano.

Les 25 Mélodies et Danses populaires norvégiennes op. 17, de 1865, se présentent comme une succession de très courtes pièces, souvent moins d'une minute. Un recueil empruntant à l'élément populaire et nationaliste qui caractérise une large partie de la production de Grieg. Il y a là un vrai catalogue de rythmes variés et de couleurs saisissantes, sur le mode folklorique, comme le fera plus tard Béla Bartók, et gorgés de bouffées de lyrisme. On y trouve aussi bien des ballades lyriques au contenu narratif, de caractère légendaire, que des mélodies calquant des moments de la vie, comme des chants de mariage, ou encore des danses de caractères divers comme les fameux Halling, danse sautée typique à forte dose d'acrobatie. Partout Grieg y déploie un génie harmonique hors du commun, qui se traduit par un usage modéré du chromatisme et un mélodisme à la fois simple et orné. Voilà une musique souvent pétillante, évocatrice de la vie quotidienne, d'instantanés de la vie paysanne et de ses rondes joyeuses ou de ses galops irrésistibles.

Les interprétations de Daniel Propper, qui a déjà à son actif au disque une large partie de l'œuvre pianistique de Grieg, se signalent par leur souci d'authenticité, offrant un jeu souverainement contrasté et une belle maîtrise de l'idiome spécifique du compositeur norvégien. Le piano est saisi de près, en studio à Rennes, dans une acoustique un peu sèche, ce qui ne va pas sans quelque dureté. 

Texte de Jean-Pierre Robert


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