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  • Jean-Pierre Robert
  • Musique

CD : Volume VII des concertos pour violon de Vivaldi dans l'Édition Naïve

Vivaldi Concerti Per Violino

  • Antonio Vivaldi : Concertos pour violon et orchestre ''Per il castello'' RV 257, 273, 367, 371, 389 & 390
  • Alessandro Tampieri, violon
  • Accademia Bizantina, clavecin et dir. Ottavio Dantone
  • 1 CD Naïve Édition Vivaldi vol 62 : OP 7078 (Distribution : Believe Groupe)
  • Durée du CD : 75 min 32 s
  • Note technique : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile verte (5/5)

Les œuvres réunies pour le septième volume des concertos pour violon de Vivaldi de l'Édition Naïve concernent une période tardive du compositeur alors installé à Vienne. Elles font partie d'une série écrite pour le comte Vinciguerra Tommaso Collato, propriétaire d'un château en Moravie nommé ''il castello''. D'où le titre générique du disque. Elles sont interprétées par l'Accademia Bizantina dirigée par Ottavio Dantone, et son premier violon Alessandro Tampieri qui rejoint ainsi avec brio la liste des violonistes de talent de cette prestigieuse collection. 

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Ces six concertos écrits postérieurement à 1737 et jusqu'en 1741, peu avant sa mort, démontrent la volonté de Vivaldi de s'adapter aux nouvelles exigences de l'époque et aux goûts des amateurs, friands de style plus galant. Mais le musicien ne perd pour autant rien de son inspiration non plus que de sa verve. L'inventivité caractérise aussi bien la partie soliste que les ritornellos d'orchestre. L'écriture violonistique atteint ainsi un extrême raffinement, proche de la préciosité dans les articulations et le phrasé, comme dans la richesse de l'ornementation ou dans la recherche du cantabile lyrique. On y trouve paradoxalement une certaine simplification harmonique et mélodique, et cette évolution du goût qui veut qu'on se concentre sur l'affect et l'éloquence lyrique émotionnelle. Ce qui se traduit par des passages brillants et fluides, une ornementation raffinée et des sauts d'intervalles amples. Deux œuvres se détachent de cette livraison, les concertos RV 389 et RV 390, qu'on peut considérer comme complémentaires. Même si empruntant l'un et l'autre la tonalité de si mineur, preuve de l'habileté de Vivaldi à écrire simultanément sur une même tonalité pour des résultats bien différents. Car le Concerto RV 389 offre successivement un Allegro poco tout en demi-teintes, légèrement mélancolique, dont la partie soliste frappe par sa brillance ; puis un Largo d'une grande simplicité, et un finale Allegro introverti et recueilli avec un chant du violon très fleuri. À l'opposé, le Concerto RV 390 est tout d'éloquence. Comme le montre son vaste premier mouvement qui débute par un Andante non molto un peu solennel, que suit un Allegro affirmé où le violon affronte diverses figures virtuoses avec arpèges et passages richement ornés en dialogue avec les violons I & II. Le Larghetto est intimiste, le violon sinueux accompagné des cordes en pizzicatos sans basse, tandis que le ritornello installe un climat hypnotique. Le finale retrouve l'ambiance du mouvement initial et une belle effervescence.

Les quatre autres pièces ne sont pas moins attrayantes. Ainsi du Concerto RV 257 en mi bémol majeur, illustrant le registre de la tendresse teintée d'inquiétude, en particulier à l'Adagio médian paré d'une partie soliste extrêmement expressive, et au finale Presto, joyeux dans sa volubilité. Le Concerto RV 371 en si bémol majeur se signale par son geste théâtral au premier mouvement, à travers la conduite imprévisible du soliste et ses sautes d'humeur, son Larghetto introspectif, le ritornello créant une attente pour l'entrée du violon dont la partie sera lyrique, et son finale tout aussi imprévisible où le soliste caracole bravement. Ce même registre théâtral, on le retrouve dans le Concerto RV 273 en mi mineur et son Allegro initial qui voit se succéder des contrastes dynamiques entre cantabile et passages rapides, écrin fastueux pour le violon qui tresse une partie dramatisée, puis son Largo évocateur, le ritornello là encore particulièrement travaillé ouvrant la voie à un soliste d'une grande intensité quasi improvisant, alors que l'Allegro conclusif tranche d'emblée par une allure quasi hypnotique, même si par la suite les écarts dynamiques abondent avec effets d'écho. Le Concerto RV 367 en si bémol majeur offre une autre facette originale de la veine vivaldienne tardive : une introduction solennelle à la française ouvre le premier mouvement, débouchant sur un discours lyrique du violon, truffé d'effets virtuoses et d'une fluidité remarquable. L'Andante installe quelque mélancolie dans le dépouillement orchestral discrètement balancé, et l'Allegro final tranche par son allure fiévreuse et la faconde du violon.

Ces pièces bénéficient de l'exécution raffinée d'Alessandro Tampieri : à la riche sonorité solaire répond le goût sûr du phrasé et de l'ornementation. Les treize musiciens de l'Accademia Bizantina, sous la houlette du directeur artistique et claveciniste Ottavio Dantone, manient une belle palette expressive et sonnent aussi nourris que s'ils étaient quarante. L'enregistrement, dans une église en Italie, à l'ambiance légèrement ouverte, offre une spatialisation idéale des instruments dont la basse, l'archiluth et le clavecin. Le violon solo, placé devant ses pairs violons I & II, s'en détache parfaitement.

Texte de Jean-Pierre Robert

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