Concert : le pianiste François-Frédéric Guy interprète les cinq Concertos pour piano et orchestre de Beethoven au Théâtre des Champs-Elysées

François Frédéric Guy

  • Beethoven :
  • Concerto pour piano No1 en ut majeur, op.15
  • Concerto pour piano No3 en ut mineur, op.37
  • Concerto pour piano No2 en si bémol majeur, op.19
  • Concerto pour piano No4 en sol majeur, op.58
  • Concerto pour piano No5 en mi bémol majeur « Empereur », op.73
  • François-Frédéric Guy, piano et direction
  • Orchestre de chambre de Paris
  • Samedi 18 janvier 2020, à 19 h
  • Théâtre des Champs-Elysées
    www.theatrechampselysees.fr
    www.orchestredechambredeparis.com

François-Frédéric Guy, à la fois pianiste et chef d’orchestre, interprète l’intégralité des Concertos pour piano de Beethoven.

Il semblait assez évident que Mozart avec ses 27 Concertos pour piano et orchestre avait porté au plus haut niveau ce genre et que rien après lui ne pouvait égaler ce qu’il avait composé. Pourtant Beethoven va relever le défi avec ses Cinq Concertos pour piano dont la composition va s’étaler de 1795 jusqu’à 1809. Si le Concerto pour piano No1 qui ouvrait cette intégrale se rattache encore à Haydn et Mozart, certains aspects sont déjà typiquement propres à Beethoven comme la vaillance des thèmes et la rudesse batailleuse des développements. Le Concerto No3 qui figurait en second, après le Concerto No1, rappelle encore une certaine proximité avec le Concerto No24 de Mozart mais Beethoven y affirme avec force sa personnalité, accordant au piano un rôle central renforcé par un soutien éloquent de la part d’un orchestre très étoffé incluant, outre les cuivres, l’apport déterminant des bois et en particulier de la clarinette. Le Concerto No2 qui venait en troisième position dans ce concert, tout en restant proche d’un certain esprit mozartien, innove par ses choix rythmiques mis en œuvre dans le Rondo final. Beethoven restreint aussi l’instrumentation de ce Concerto en en retranchant la clarinette. Avec le Concerto pour piano No4, Beethoven s’affranchit de la très classique introduction orchestrale en confiant au piano seul le début de l’Allegro moderato qui ouvre ce Concerto. Tout au long de cette œuvre, le compositeur tisse entre piano et orchestre des liens mystérieux, novateurs, qui font de ce Concerto une œuvre totalement originale, annonçant le romantisme que Schumann, Mendelssohn et Brahms porteront au plus haut niveau. C’est bien sûr avec le Concerto pour piano No5 « Empereur » que prenait fin cette intégrale. Beethoven affirme ici son tempérament héroïque, hérité de sa Troisième Symphonie et ceci dès l’Allegro initial, dont l’aspect conquérant, irrésistible, va s’imposer durant près d’une vingtaine de minutes. Le second mouvement, un Adagio, surprend par sa gravité et son lyrisme et va s’enchaîner avec un Rondo d’une joie communicative sans équivalent, emportant ce mouvement dans une allégresse irrépressible.

François-Frédéric Guy dirigeant l’Orchestre de chambre de Paris et soliste de ces cinq Concertos remportait avec maestria cet incroyable challenge, consistant à aborder en un concert unique la totalité des cinq Concertos pour piano de Beethoven. Un pari remporté par son style pianistique à la fois noble et vigoureux, secondé par une direction orchestrale tranchante et claire révélant sans l’ombre d’une hésitation toutes les subtilités de l’orchestre beethovenien. Un évènement incontournable que la présence d’un public nombreux matérialisait à l’évidence.

Texte de Michel Jakubowicz


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Mots-clés: Beethoven, Théâtre des Champs-Elysées

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