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Concert : le jeune chef d’orchestre finlandais Klaus Mäkelä dirige l’Orchestre Philharmonique de Radio France

Klaus Makala Truls Mork

  • Claude Debussy : Images, extrait : Gigues
  • Esa-Pekka Salonen : Concerto pour violoncelle et orchestre
  • Claude Debussy : Images, extrait : Rondes de printemps
  • Jean Sibelius : Symphonie N°1 en mi mineur, op.39
  • Truls Mørk, violoncelle
  • Orchestre Philharmonique de Radio France
  • Virginie Buscail, violon solo
  • Klaus Mäkelä, direction
  • Vendredi 6 mars 2020, à 20 h
  • Auditorium de Radio France
    www.maisondelaradio.fr

Claude Debussy, Esa-Pekka Salonen et Jean Sibelius au programme de l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

C’est avec Gigues de Claude Debussy que s’ouvrait ce concert donné par l’Orchestre Philharmonique de Radio France ce vendredi 6 mars 2020. C’est le fidèle disciple de Claude Debussy, André Caplet qui semble en avoir achevé l’orchestration en 1912, Claude Debussy en ayant entrepris la composition en 1905. 1905 est aussi l’année où Claude Debussy écrit son chef-d’œuvre symphonique en trois parties : La Mer. L’orchestration de Gigues est d’une transparence et d’une fluidité exemplaires, faisant admirer à l’auditeur une palette sonore proche de l’impalpable.

La seconde œuvre de ce concert n’était rien d’autre que le Concerto pour violoncelle et orchestre d’Esa-Pekka Salonen dont on connaît également le brillant parcours en tant que chef d’orchestre mondialement célèbre. L’œuvre composée de trois mouvements est de grandes dimensions, approchant les quarante minutes. Elle exige de la part du soliste des qualités hautement virtuoses en tenant compte de rapports parfois tendus avec l’orchestre particulièrement riche en percussions de toutes sortes. Esa-Pekka Salonen fait également appel à l’électronique, ce qui renforce encore la singularité de l’œuvre dans laquelle il n’est pas interdit de détecter ça et là des bruits de nature (oiseaux de mer ?). Le Concerto s’achève de manière mystérieuse, refermant ce poème musical nimbé d’étrangeté.

La seconde partie du concert débutait à nouveau avec une des Images commencée en 1905 : Rondes de Printemps. Claude Debussy en termine l’orchestration en 1909. Une pièce marquée du sceau de la nostalgie puisqu’elle cite la chanson «Nous n’irons plus au bois» déjà présente dans «Jardins sous la pluie» provenant du recueil Estampes de 1903.

La dernière œuvre inscrite au programme de l’Orchestre Philharmonique de Radio France se constituait de la Symphonie N°1 de Jean Sibelius. L’œuvre bien que traversée d’influences diverses (Bruckner, Dvorak, Borodine, Tchaïkovski) n’en possède pas moins toutes les caractéristiques propres à Sibelius. Un sentiment immédiatement perceptible dès le premier mouvement (Andante ma non troppo se transformant peu à peu en Allegro energico). Dans ce premier mouvement, Sibelius affirme déjà toute sa singularité, évoquant en touches rapides les incroyables et magiques paysages âpres et sauvages de la Finlande. Le second mouvement, un Andante, emprunte les chemins de la mélancolie, accusant une sorte de retour vers une sérénité retrouvée. Le Scherzo qui suit est d’une violence presque sauvage, rugueuse, évoquant parfois les Scherzos à caractère fantastique présents dans toutes les Symphonies de Bruckner. L’ultime mouvement qui clôt cette Symphonie affiche ouvertement une tendance forte pour le vertigineux, le sublime. Sibelius va maintenir cette tension jusqu’au dénouement final, grâce à une participation active des cuivres qui portent ce final à son apogée.

Le violoncelliste Truls Mørk défend avec vigueur et détermination le Concerto pour violoncelle d’Esa-Pekka Salonen, admirablement soutenu à l’orchestre par le chef finlandais. Les deux Images de Debussy sont abordées avec une maîtrise parfaite, soulignant leur éclat si particulier. Quant à l’interprétation de la Symphonie N°1 de Sibelius, elle stupéfie par l’énergie salvatrice déployée par Klaus Mäkelä, galvanisant par sa flamme les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Sa direction à la fois incisive et exaltée révèle de multiples détails imperceptibles dans nombre de versions de concert et que le jeune chef finlandais révèle enfin en pleine lumière.

Texte de Michel Jakubowicz


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Mots-clés: Auditorium de Radio France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Debussy, Jean Sibelius, Esa-Pekka Salonen

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