CD : Il Transilvano, musiques entre Hongrie et Italie des années 1600

Il Transilvano

  • ''Il Transilvano''
  • Œuvres instrumentales et vocales tirées du Codex Caioni et de musique populaire hongroise
  • PRISMA
  • 1 CD Éditions Ambronay : AMY 312 (Distribution : Outhere Music)
  • Durée du CD : 57 min 55 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5) 

Le nouveau disque de l'ensemble PRISMA jette un pont entre Hongrie et Italie, illustrant les fructueux échanges que connaissent ces deux pays au XVIIème siècle. Pour des instants de découverte de répertoires et de sonorités inhabituelles que cette formation pratique depuis sa création en 2014.

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Le programme explore des pièces réunies dans le Codex Caioni, un recueil hongrois de musiques du XVIIème, rassemblées par János Kájoni dans les années 1650 et redécouvertes récemment, en 1988. Elles contiennent des œuvres italiennes et allemandes et de la musique populaire roumaine et hongroise. Ce sont des danses, des sonates et autres pièces vocales. Les interprètes les mettent en regard avec des pièces empruntées au baroque italien de la même époque et des musiques populaires de Moldavie.

Ainsi, tirées du Codex Caioni, sont données une ''Sarabanda'', écrite par un certain Gessner, pièce instrumentale plus que dansée. Puis une ''Intrada'', morceau introductif à une cérémonie, diversement instrumentée, en forme de suite tripartite. Ou encore une ''Suite hongroise'', succession de danses lentes, influencées par des danses hongroises du XVIIème : l'enchaînement est intéressant, s'animant peu à peu pour déboucher sur des pas plus rapides et joyeux, généreusement rythmés jusqu'à être étourdissants. Du répertoire italien de la même époque, on entend une sonate en trio de Biagio Marini (1594-1663) comme des pièces de Giovanni Picchi (1571-1643), musicien vénitien qui paie tribut aux musiques hongroises du XVIème. Enfin une ''Toccata la Francesca'', sorte de sonate instrumentale libre, jouée ici à la basse de violon, et instaurant comme un dialogue pour ce qui est à l'origine une pièce à plusieurs instruments.

La musique populaire hongroise est représentée par plusieurs œuvres instrumentales ou vocales. Au titre des premières, est joué un solo de Kaval, longue flûte à 5 trous de Moldavie. Un instrument que les présents interprètes disent s'être procuré chez un fabricant en Transylvanie. C'est une musique improvisée pour accompagner les fêtes moldaves. Puis un ''Pontozó'', danse masculine de plus en plus animée et entraînante, richement instrumentée. Ou encore une danse qui est exécutée en cercle, le ''Öves'' (Ceinture), car cet accessoire y joue un rôle important, les danseurs étant unis les uns aux autres par elle pour former une ronde. Pour ce qui est de pièces vocales, on entend un chant traditionnel extrait d'un recueil de chansons du XVIIème, ''Magos kösziklának'' (Du flanc du haut rocher), sur un texte écrit par Bálint Balassi, poète du XVIème. Puis une ballade traditionnelle hongroise ''Angoli Borbála'', du nom de cette jeune fille qui s'est fait faire un enfant par un beau prince, au grand dam de sa mère, qui l'enfermera jusqu'à ce que mort s'ensuive et que ledit prince rejoindra pour mourir à ses côtés. Ou encore un folksong hongrois plutôt mélancolique chanté successivement par une ou plusieurs voix, avec un long interlude instrumental médian. Un autre chant traditionnel de Moldavie ''Vetettem violá'' (J'ai aimé les violettes) offre une manière très ornementée sur une basse obstinée et la sonorité inattendue de la mandoline.

Spécialistes des musiques pittoresques des XVIème et XVIIème, les quatre musiciens de PRISMA, Elisabeth Champollion (flûte recorder et kaval hongrois), Franciska Hajdu (violon et voix), Dávid Budai (basse de violon et alto), Alon Sariel (archiluthe et mandoline), et leur invité Gábor Juhász (contrebasse et théorbe), offrent des sonorités fascinantes. On ne peut que louer la sincérité des exécutions qui complémentent les choix originaux, sinon audacieux, opérés dans la distribution instrumentale. La voix lumineuse et engagée de Franciska Hajdu apporte une note d'authenticité Mittel Europa.

L'enregistrement, à l'église de Jujurieux, non loin d'Ambronay, dans une acoustique proche, parfaitement en situation, possède relief et immédiateté.

Texte de Jean-Pierre Robert 

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Mots-clés: Codex Caioni, PRISMA

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