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  • Jean-Pierre Robert
  • Musique

CD : Cantates du début du baroque d'Allemagne du nord

O Lux Beata Trinitas Norddeutsche Kantaten

  • ''Norddeutsche Kantaten''
  • Cantates sacrées pour contre-ténor, cordes et basse continue de David Pohle, Christoph Werner, Augustin Pfleger, Christian Geist, Christoph Bernhard
  • Pièces instrumentales de Dietrich Becker & David Pohle
  • Beat Duddeck, contre-ténor
  • Ensemble Schirokko Hamburg
  • 1 CD Solo musica : SM 349 (Distribution : Naxos / Outhere Music)
  • Durée du CD : 69 min 38 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5) 

Dans la suite de Heinrich Schütz, au début du baroque, nombre de compositeurs en Allemagne du nord ont satisfait au genre de la cantate sacrée, un exemple de la richesse de la vie musicale au XVIIème. La brassée de pièces réunies sur ce CD en est une belle illustration montrant des œuvres d'un grand intérêt, auxquelles la perfection de la présente exécution rend pleine justice.

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S'il est un genre particulièrement cultivé à l'époque pré-baroque en Allemagne du nord, c'est bien celui de la cantate ou ''concert sacré''. Il l'est par tous ces musiciens voyageurs qui d'une cour à l'autre, cherchent à faire valoir leurs talents. Une sorte de réseau se tisse à travers des villes comme Danzig ou Hambourg, des régions comme le Mecklenbourg, la Thuringe ou la Saxe, et s'étend au-delà des frontières jusqu'à Copenhague et Stockholm. Il connaît bien sûr son épicentre à Dresde, foyer musical des plus foisonnants. Dans le sillage de Heinrich Schütz, ces cantates sont conçues sur le modèle d'une suite d'épisodes brefs et sur le mode récitatif, privilégiant une expression directe. Elles sont écrites en langue vernaculaire ou en latin, car la réforme luthérienne acceptait encore que les chants religieux puissent être délivrés en latin. Ainsi de David Pohle (1624-1695), élève de Schütz et dont l'influence est perceptible, qui occupera le poste de maître de chapelle dans diverses cours, dont celle de Saxe. La cantate ''Herr, wenn ich nur dich habe'' (Seigneur, si seulement je t'ai), tirée du Psaume 73, offre cinq strophes rythmées par une sorte de bref refrain sur les mots ''Ich habe genug'' (J'ai assez), qui fournira le titre d'une fameuse cantate de JS Bach, des années plus tard. Le natif de Saxe Christoph Werner (1617-1650), organiste et cantor, qui mènera une brillante carrière jusqu'au poste de vice-Kapellmeister à Dresde, est l'auteur d'une œuvre importante. On entend ici trois de ses ''concerts sacrés'' dont ''O lux beata Trinitas'', là où le ton frôle parfois la dissonance.

Les auteurs puisent dans les divers textes sacrés comme les Évangiles. Ainsi de Christian Geist (1640-1711), d'abord chanteur à la cour danoise et dont ses pas le conduiront jusqu'à celle de Stockholm, se réfère-t-il à Matthieu dans la cantate ''Vater, unser, der du bist im Himmel'' (Notre Père, qui êtes aux cieux), qui précédée d'une introduction instrumentale, fait se succéder deux parties dont la seconde plus animée. C'est à Jean que se réfère la pièce ''Da namen sie den Leichnam Jesu'' (Là ils nomment le corps de Jésus). Christopher Bernhard (1628-1692), élève de Schütz et de Werner, auteur de traités notamment en matière de contrepoint, écrit la cantate ''Was betrübst du dich, meine Seele'' (Que t'attriste, mon âme), extraite de son recueil intitulé ''Harmonies sacrées'', qu'il dédicace au Sénat de Hambourg. Où il tiendra la position de Kapellmeister, avant de le devenir à Dresde en 1681. L'une des figures les plus marquantes est cependant Augustin Pfleger (1635-ca.1686), natif de Bohème. Son op.1 ''Psaumes, Dialogues & Motets'' est publié en 1661 à Hambourg. En est extraite la cantate ''Ecce Domine'', écrite à partir de plusieurs textes sacrés (Psaumes, Ecclésiaste, Matthieu) et dotée de nombreuses ornementations.

L'ensemble Schirokko, fondé en 2007 à Hambourg, regroupe des musiciens renommés spécialistes du baroque. Les sept musiciens ici réunis, 2 violons, alto, viole de gambe, violone, archiluth et orgue, offrent des interprétations d'un réel poli instrumental, sous la houlette de leur leader, la violoniste Rachel Harris. Comme il en va aussi dans les deux morceaux non vocaux insérés dans le programme : une sonate à 5 de Pohle et une autre dite ''Paduana à 5'', sorte de pavane, de Dietrich Becker (1623-1679). Les fines sonorités de ce consort entourent généreusement la voix du contre-ténor Beat Duddeck dont le timbre alto rappelle celui d'Andreas Scholl. Ses interprétations sont recueillies, parées d'une grande douceur dans les ornementations.

Ils sont captés avec soin dans un église à Hildesheim, en RFA, dans une ambiance non résonante et offrant immédiateté et relief.

Texte de Jean-Pierre Robert

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Christoph Bernhard, Ensemble Schirokko, Beat Duddeck, David Pohle, Christoph Werner, Augustin Pfleger, Christian Geist, Dietrich Becker

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