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  • Jean-Pierre Robert
  • Musique

CD : la vie et la Passion du Christ selon Augustin Pfleger

Pfleger

  • ''The life & passion of the Christ''
  • Augustin Pfleger : Six cantates sacrées
  • Vox Nidrosiensis : Natalie Pérez, Gunhild Alsvik (sopranos), Samuel Boden, Victor Sordo Vicente (ténors), Håvard Stensvold (basse)
  • Orkester Nord, dir. et directeur musical : Martin Wåhlberg
  • 1 CD Aparté : AP 249 (Distribution : [PIAS])
  • Durée du CD : 72 min
  • Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue (5/5) 

Ce disque présente un compositeur à peu près inconnu, l'allemand Augustin Pfleger, et une poignée de ses œuvres vocales. Réunis sur le thème de la vie et de la passion du Christ, les six de ses concerts sacrés ici présentés composent un récit édifiant de l'histoire de Jésus à travers quelques tableaux significatifs. Ce qui est magistralement restitué par une équipe de musiciens passionnés.

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Augustin Pfleger (1635-c. 1686), personnage atypique, fut un compositeur remarqué dans les cours aussi bien catholiques de Bohème que luthériennes du Mecklembourg allemand. On a pu le considérer comme un maillon essentiel entre Schütz et Bach. Le genre pratiqué est celui de la cantate sacrée, largement mis en valeur dans l'Allemagne du milieu du XVIIème, comme illustré dans l'album Norddeutschen Kantaten. Pfleger en est un des plus illustres représentants. Il s'agit ici de cantate dialoguée en langue allemande. Le langage est quasi théâtral : chaque cantate est une saynète dans laquelle évoluent divers personnages aux côtés du Christ. Ainsi chacune forme une suite d'épisodes brefs, ménageant l'expression directe, dans un style récitatif et une harmonie très mobile, sans recours à l'aria da capo. Le schéma est identique de l'une à l'autre : un prélude instrumental suivi de dialogues de personnages avec Jésus, sans narrateur, sauf pour la cantate de la Passion où l'on retrouve l’Évangéliste. Les sources sont on ne peut plus variées, Ancien et Nouveau Testament, Évangiles, Psaumes, Cantique des Cantiques, mais aussi séculières, comme des poèmes de dévotion. Surtout, le musicien fait coexister ces diverses sources à l'intérieur d'une même cantate pour en accentuer la densité textuelle et ainsi différencier le récit. Ce caractère composite des textes en forge l'originalité alors que la composition musicale est elle-même extrêmement diversifiée.

Le choix des séquences s'est porté sur six épisodes permettant de composer de manière cohérente une vie de Jésus depuis l'Annonciation jusqu'à la Résurrection. Ainsi de l'Annonciation mettant en scène l'Ange, Marie et Dieu outre un ''chœur des fidèles'', composé de deux ténors. Puis viennent ''La femme cananéenne'', où celle-ci apostrophe Jésus pour le supplier de venir en aide à sa fille tourmentée par le démon, les ''Guérisons miraculeuses'', du lépreux ou du centurion, le ''Chemin d’Emmaüs'', la Passion, et enfin ''L'Apparition aux Onze'' du corps ressuscité. La cantate de la Passion est la plus développée, même si elle se concentre sur certains épisodes essentiels tels que la Crucifixion, le bon larron, le cri de la neuvième heure, ''Tout est consommé'', ''Il rendit l'esprit''. Le chœur, dit ''Filles de Jérusalem'', est alors confié au duo de sopranos, lesquelles concluent chaque séquence comme pour en tirer la morale. Un hymne luthérien à quatre voix vient parachever la cantate.

L'interprétation, préparée et conduite par le chef Martin Wåhlberg, privilégie un effectif instrumental restreint de 8 musiciens, ce qui lui confère un climat intimiste. Cette formation, basée à Trondheim en Norvège, et baptisée Orkester Nord, joue sur instruments d'époque. Ainsi entend-on deux violons, deux violoncelles, une contrebasse, un théorbe, outre l'orgue. Enfin le psaltérion, instrument à mi-chemin entre le cymbalum et le clavecin, dont la sonorité métallique est comme évocatrice de l'au-delà. Quant au dispositif vocal, il est constitué de 5 chanteurs, deux sopranos, deux ténors et la partie du Christ dévolue à une basse. Håvard Stensvold apporte à ce dernier des accents grandioses. La française Natalie Pérez et la norvégienne Gunhild Alsvik forment un harmonieux et séduisant duo. De même que les ténors Samuel Boden et Victor Sordo Vicente dont on admire la clarté de l'émission. Ces interprétations historiquement informées sont empreintes d'un souci d'authenticité certain.   

La captation, dans une église en Norvège, est d'une extrême clarté, avec une discrète spatialisation des voix et un indéniable relief général.

Texte de Jean-Pierre Robert

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Augustin Pfleger, Vox Nidrosiensis, Natalie Pérez, Gunhild Alsvik, Samuel Boden, Victor Sordo Vicente, Håvard Stensvold, Orkester Nord, Martin Wåhlberg

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