PUBLICITÉ
  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert : Hervé Niquet dirige l’Orchestre de chambre de Paris

Concert Herve Niquet Shani Diluka
Hervé Niquet/Shani Diluka.

Hervé Niquet, à la tête de l’Orchestre de chambre de Paris, propose un programme riche en surprises, se plaçant délibérément hors des sentiers battus.

LA SUITE APRÈS LA PUB

C’est avec l’Ouverture Mozart de Reynaldo Hahn que débutait ce concert de l’Orchestre de chambre de Paris dirigé par Hervé Niquet. Bien que cette Ouverture Mozart ait théoriquement été composée à la mémoire du compositeur viennois, le style musical employé par Reynaldo Hahn fait bien davantage penser à Offenbach, ne s’embarrassant guère d’exprimer une profondeur hors de propos.

La seconde œuvre de ce concert, Aux étoiles, poème nocturne était due à Henri Duparc ; elle fait partie des rares partitions symphoniques de ce compositeur dont la mélodie constitue le sommet de sa production (L’Invitation au voyage, Chanson triste, Le Manoir de Rosemonde, etc…).

La pièce la plus importante proposée au public du Théâtre des Champs-Elysées lors de ce concert ressemblait presque à un saut dans l’inconnu puisqu’il s’agissait du Concerto pour piano et orchestre de Reynaldo Hahn. En effet, ce Concerto pour piano dont la création eut lieu le 4 février 1921 à Paris n’est que fort rarement mis au programme des concerts. Bien que possédant une forte personnalité, Reynaldo Hahn ne peut guère se défaire dans son Concerto pour piano d’une certaine proximité avec les Concertos pour piano de Saint-Saëns, Mendelssohn, Grieg, Schumann, Chopin, ignorant en revanche toute affinité avec ceux nettement plus orientés vers la modernité de Ravel ou Roussel.

La deuxième partie du concert débutait avec la Villanelle pour cor et orchestre de Paul Dukas, l’auteur d’un des grands chefs-d’œuvre de l’opéra, Ariane et Barbe-Bleue, et d’une très belle et unique Symphonie. Cette Villanelle de Paul Dukas d’une très grande délicatesse n’en exige pas moins de la part du cor solo une très grande virtuosité et se verra exécutée pour la première fois dans sa version originale pour piano et cor le 31 juillet 1906.

Le Lamento et Habanera de Chabrier s’inscrivaient à présent dans ce concert décidément riche en surprises inattendues. C’est donc à Chabrier que nous devons ces deux pièces pour orchestre plutôt atypiques de la part d’un compositeur plutôt porté sur la gaieté (Joyeuse marche, Espana, Gwendoline). Car ce Lamento et cette Habanera s’orientent davantage vers la retenue presque mélancolique qu’une franche inclinaison vers la gaieté presque légendaire associée à l’œuvre de Chabrier.

Darius Milhaud figurait à ce concert avec une sorte de Suite en trois parties Scaramouche. Dans ce Scaramouche, le compositeur du Bœuf sur le toit exprime sa fascination pour les musiques en provenance d’Amérique du Sud. C’est le Brésil qui s’introduit sans conteste dans ce Scaramouche.

L’unique compositeur américain de ce concert, Leroy Anderson, s’invitait dans ce programme avec sa désopilante pièce de seulement deux minutes : The Typewriter, pour machine à écrire mécanique et orchestre.

LA SUITE APRÈS LA PUB

Pour terminer ce concert, Hervé Niquet avait porté son choix sur l’étonnante et triomphale Fanfare des chasseresses, extrait de Sylvia ou la Nymphe de Diane de Léo Delibes. Le compositeur de ce ballet semble avoir ici cédé sans restriction à l’influence assez manifeste d’un certain Richard Wagner.

Triomphe de la pianiste Shani Diluka dans le trop méconnu Concerto pour piano de Reynaldo Hahn. Acclamations méritées également pour le corniste Nicolas Ramez et le clarinettiste Florent Pujuila, sans oublier Nathalie Gantiez (machine à écrire). Quant à Hervé Niquet et l’Orchestre de chambre de Paris (très en forme), ils remportent auprès du public du Théâtre des Champs-Elysées un large succès !

Un concert éclectique mené tambour battant par Hervé Niquet, hissant au sommet les musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris.

Texte de Michel Jakubowicz 

Plus d’infos

  • "Paris en fête"
  • Hahn : Mozart, ouverture
  • Duparc : Aux étoiles
  • Hahn : Concerto pour piano et orchestre en mi majeur
  • Dukas : Villanelle
  • Chabrier : Lamento ; Habanera
  • Milhaud : Scaramouche
  • Leroy Anderson : The Typewriter
  • Delibes : Fanfare des chasseresses, extrait de Sylvia ou la Nymphe de Diane
  • Orchestre de chambre de Paris, Hervé Niquet (direction), Shani Diluka (piano), Nicolas Ramez (cor), Florent Pujuila (clarinette)
  • Théâtre des Champs-Elysées
  • Jeudi 18 novembre 2021, à 20 h
    www.orchestredechambredeparis.com
    www.theatrechampselysees.fr


Autres articles pouvant vous intéresser sur ON-mag et le reste du web



Orchestre de Chambre de Paris, Théâtre des Champs-Elysées, Reynaldo Hahn, Darius Milhaud, Hervé Niquet, Henri Duparc, Dukas, Chabrier, Leroy Anderson, Delibes, Shani Diluka, Nicolas Ramez, Florent Pujuila

PUBLICITÉ

Abonnez-vous à notre newsletter

 

ON-mag fait partie de Coopetic Medias SIC-SA à capital variable, immatriculée au RC Paris, n° 80457246900018
Informations légales, contacts, rédaction, publicité, cookies, signaler un abus