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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert : le pianiste Arcadi Volodos en récital à la Philharmonie de Paris

Arcadi Volodos

Le pianiste Arcadi Volodos en concert à la Salle Pierre Boulez inscrit à son programme Schubert et Schumann.

C’est en 1825, alors qu’il est en résidence dans la station thermale de Gastein en Autriche, que Franz Schubert écrit cette Sonate op.53 D.850. Bien que très éloignée des Sonates D.840 et D.845, tourmentées, fébriles et souvent chargées d’angoisse, cette Sonate op.53 (D.850) semble sous son apparente insouciance, nous entraîner vers des sentiers où peut surgir à tout instant un élément déstabilisateur susceptible de tout faire basculer vers l’irrationnel et l’imprévisible. Le premier mouvement, un Allegro vivace d’une ampleur surprenante, étonne par sa violence que Schubert emprunte peut-être à Beethoven. Il faudra attendre le second mouvement pour renouer avec l’univers irréel semblable à l’intrusion du rêve dans notre monde soumis à la banalité la plus morne et la plus convenue. Le troisième mouvement, un Scherzo assez développé, fait la part belle à la danse et une certaine légèreté rayonnante, rejetant dans l’ombre toute mélancolie. Quant au dernier mouvement, un Rondo étrange et bondissant, il multiplie les surprises, se rapprochant presque de l’improvisation. C’est aussi dans ce Rondo que l’on est tout surpris de découvrir une esquisse furtive et fort brève du thème qui sera présent beaucoup plus tard (vers 1900) dans le dernier mouvement de la Symphonie N°4 de Gustav Mahler.

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La dernière partie du récital d’Arcadi Volodos était entièrement consacrée à Robert Schumann. C’est d’abord avec les Scènes d’enfants, op.15 que s’ouvrait donc cette seconde partie dédiée au compositeur. C’est en 1838 que ce dernier achève cette œuvre singulière. Robert Schumann se révèle dans cette œuvre comme un auteur fasciné par le conte de fées où seule l’enfance semble régner. Le compositeur déploie ici une propension à investir sans retenue un espace peuplé de personnages fantasques, incroyables, évoluant sans cesse entre rêve et réalité. L’ultime œuvre de Robert Schumann inscrite à ce concert se constituait de la Fantaisie op.17, dont la composition s’étale entre 1836 et 1838. Dans cette pièce aux dimensions assez vastes, Robert Schumann donne libre cours à ses rêves les plus fantasques, les plus débridés, faisant délibérément éclater les limites de notre univers constamment soumis aux aléas d’une réalité contraignante.

Que dire de l’interprétation de la Sonate D.850 de Schubert qui débute ce concert ? Arcadi Volodos traduit avec une intense poésie chaque circonvolution de cette Sonate au déroulement relevant souvent de l’immatériel et du visionnaire. Quant à Robert Schumann constituant la dernière partie de ce récital, Arcadi Volodos en est le traducteur rêvé, entretenant avec l’inaccessible des rapports fascinants. Accueil triomphal pour le pianiste à l’issue de son récital, ce qui vaut à ce public enthousiaste pas moins de cinq bis variés et surprenants.

Arcadi Volodos, un poète du piano aux moyens colossaux, capable de séduire les mélomanes réunis dans la Grande Salle Pierre Boulez.

Texte de Michel Jakubowicz

Plus d’infos

  • Piano 4 étoiles
  • Franz Schubert : Sonate en ré majeur, op.53 (D.850)
  • Robert Schumann : Scènes d’enfants, op.15 ; Fantaisie op.17
  • Arcadi Volodos, piano
  • Mardi 1er février 2022, à 20 h 30
  • Philharmonie de Paris, Grande Salle Pierre Boulez
    www.piano4etoiles.fr
    www.philharmoniedeparis.fr 


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Robert Schumann, Franz Schubert, Arcadi Volodos

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