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Test platine Pro-Ject The Classic + Ortofon 2M Silver : un look rétro et un son clair

Pro Ject The Classic test ON mag
© photo de MaPlatine.com

La toute nouvelle platine Pro-Ject The Classic porte admirablement son nom. Son look délicieusement rétro nous fait remonter dans le temps. En cette année 2017, elle est bien plus qu’une bonne surprise. Néanmoins ne nous y trompons, la The Classic reprend les grands principes techniques de toutes les autres Pro-Ject la rendant une platine tout à fait d’aujourd’hui : amortissement par matériaux TPE (Thermo Plastic Elastomer), bras de lecture en carbone/aluminium et un degré de finition irréprochable pour le prix.

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Cette année la marque autrichienne Pro-Ject fête ses 25 ans d’existence, 25 années couronnées de succès grâce à sa trés large gamme de platines vinyles, une gamme à même de satisfaire toutes les bourses. Pro-ject propose dans son catalogue des modèles de base comme l’Essential II proposée à 259 € jusqu’à la magnifique Signature 12 qui frise les 10 000 €. Toutes ces platines bénéficient d’une même attention que signe un degré de fabrication et de conception extrêmement abouti. La The Classic d’aujourd’hui ne ressemble à aucune d’entre elles, c’est évident. Heinz Lichtenneger qui préside à la destinée de cette marque a très certainement voulu saluer à sa manière cet anniversaire et le choix d’une forme répliquant  une platine des années 60/70 est une idée assez géniale.
Pour ceux qui ont connu cette époque bénie du vinyle, l’effet est immédiat, inutile de le préciser. Si nous gardons en mémoire des platines suspendues comme Thorens, Linn, Ariston, Heybrook et bien d’autres, la ressemblance est, il est vrai, assez frappante. A cette époque, Heinz Lichtenneger  était déjà revendeur Hifi, il a donc très bien connu ce type de platine en les proposant à ses clients, quelle meilleure façon de fêter sa réussite en faisant ressusciter cette époque avec un platine reprenant  un look parfaitement identifiable ?

Pro Ject The Classic walnut et capot

Pareil mais très différent avec un système de découplage/suspension moderne en TPE

Mais si le design de The Classic nous replonge quelques décennies en arrière, il n’en est rien quant à sa conception. Heinz Lichtenneger  n’a pas souhaité, par exemple, retourner à une suspension classique avec contre-platine suspendue par des ressorts : une marque de fabrique des modèles de jadis. La The Classic est donc formée d’un châssis principal en bois en MDF de 2 cm d’épaisseur plaquée de trois essences de bois au choix : eucalyptus, noyer ou bois de rose. Ce socle abrite le moteur de la platine sur lequel il est fixé ainsi que la carte électronique pour la régulation de la vitesse d’entrainement. L’alimentation est externalisée, la prise jack se connecte à l’arrière du socle/cadre. Le moteur de type synchrone est le même qui équipe bien d’autres platines de la marque, très reconnaissable par son fond jaune.
Situés sur le fond du socle/cadre, 6 plots en TPE assurent, en fait, la suspension de la contre-platine qui se repose littéralement dessus. Le TPE est un élastomère très souple qui peut être ajusté pour jouer sur différentes fréquences, il ressemble à du sorbothane, une matière souvent utilisée en Hifi. Ce système permet d’isoler mécaniquement la plaque du dessus qui comprend le bras ainsi que tout le système d’entrainement. Cette plaque en MDF de 1.5 cm est recouverte d’une fine feuille d’aluminium, c’est cet assemblage qui va donner le design rétro de la Pro-ject The Classic.

Sur la plinthe du dessus est fixé le palier de la platine, qui lui-même reçoit le sous-plateau et son axe de rotation. Ce palier est en bronze recouvert de Teflon tandis que l’axe est en acier renforcé, ces pièces étant usinées avec des tolérances très serrées. Le plateau est réalisé à partir d’un alliage d’aluminium, tandis qu’un joint en TPE parcourt sa périphérie sur sa face intérieure ; une façon d’éviter ce qu’il est courant d’appeler le « son de cloche » que nous retrouvions souvent avec ce style de plateau d'ancienne génération. Celui de la The Classic additionne une masse importante et un amortissement bien calculé. Mais ces facultés d’amortissement ne s’arrêtent pas là car cette platine repose sur quatre pieds, eux aussi découplés de la platine par du TPE. Ils sont, de plus, réglables en hauteur afin d’assurer une parfaite mise à niveau de tout l’ensemble. Un capot en plexiglas transparent ajoute à l’ensemble une certaine élégance tout en protégeant la platine comme les disques des poussières : l’ennemi juré des vinyles et des cellules.

Pro ject int1

Un bras de lecture composite en carbone et aluminium

La The Classic est équipée d’un bras de 9 pouces (22,86 cm). Fruit de toutes nouvelles études, ce bras a été conçu avec un tube combinant une couche de carbone pour une bonne rigidité et d’aluminium  pour l’amortissement. Il est fait d’une seule pièce, incluant le porte-cellule évitant les portes-cellules détachables qui sont toujours des sources de résonances indésirables. Les cardans (haut et côté) permettant les mouvements du bras verticaux et horizontaux utilisent des pointes reposant sur du zircon (silicate de zirconium), un minerai dont la dureté est idéale pour l’obtention d’un frottement minimal. La base du bras bénéficie, elle aussi, d’une toute nouvelle construction. Elle est usinée à partir d’un roulement à billes d’origine japonaise, offrant plus de liberté de mouvement aux câbles internes tout en améliorant ceux du bras lui-même. Autre nouveauté : la constitution du contrepoids. Recouvert de nickel, ce dernier incorpore également du TPE pour diminuer de moitié la fréquence de résonance de la cellule.
A savoir que Pro-Ject propose dans son catalogue toute une série de contrepoids, ce qui permet à l’utilisateur le choix d’une grande variété de cellules, même celles dont le poids avoisine les 25g. Ce bras est ajustable en hauteur et un gabarit en deux points est livré d’origine. L’anti-skating s'ajuste par le biais d’une petite masselotte qui se fixe juste devant le contrepoids. Le câble fourni avec la platine est déjà une bonne option, en changer pour un modèle encore plus performant n’est pas une hérésie au vu de la qualité de la platine. Bien entendu, nous sommes restés sensibles au nombre d’accessoires fournis d’origine : gants, chiffon, gabarit, pèse-cellule… ce qui démontre le sérieux de cette marque et l'attention portée aux acquéreurs de leur platine qui est livrée avec une cellule MM 2M Silver modifiée par Ortophon pour cette platine. Le prix de la platine 2016/17 du concours EISA nous semble une récompense bien méritée.

Project The Classic arm 

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Restitution sonore : claire et précise

Immédiatement, il se dégage de cette platine une légèreté, une ouverture comme si elle caressait le sillon des disques noirs avec une plume d’oiseau. Le son est tout de suite très aéré comme si nous avions libéré le haut et le milieu du spectre d’un carcan imaginaire. Cette Pro-Ject The Classic ainsi équipée de cette Ortophon 2 M Silver nous livre une restitution très transparente qu’elle doit très certainement à un fort pouvoir d’analyse. Le haut du spectre est lumineux, plutôt piqué, il dote en tout cas les différents timbres d’une belle palette de couleurs harmoniques. D’autre part, elle est vive, alerte avec une notion de présence bien réelle. Sur ce plan, cette Pro-ject n’atteint pas les performances d’une Acoustic Signature par exemple qui densifie le message d’une façon incroyable, non, cette The Classic va plutôt dans le sens contraire, elle va chercher la moindre information gravée sur nos chères galettes noires. Nous nous faisons la même réflexion sur le grave. Même s’il donne l’impression de ne pas descendre aussi bas qu’avec d’autres platines, il est d’une définition vraiment superbe. La scène sonore va dans le même sens. A la densité d’une Acoustic Signature, on appréciera ici l’ouverture et l’air que cette Pro-ject sait mettre entre les divers instruments et musiciens. La profondeur des champs sonores est remplacée ici par une focalisation hyper pointue. Nous percevons la moindre note, les moindres inflexions du jeu des musiciens sans aucun souci.

melanie de biasio

En écoutant le disque de Mélanie De Biasio No Deal, nous sommes tout de suite frappés par la parfaite disposition de chaque musicien. Le piano de Pascal Molly sonne particulièrement juste, sans emphase dans le bas du spectre. Ses attaques de notes comme ses phrasés plus soft sont parfaitement modulées par cette platine. Le résultat est qu’il émane une vie de cette The Classic qui swingue sous nos oreilles. En revanche, nous aurions souhaité un peu plus de niveau dans la reproduction de la batterie de Dre Pallemaerts, mais nous restons conquis par le piqué et la définition quant à son jeu de baguette sur les diverses cymbales de sa batterie ; cette Pro-Ject a un excellent mordant dans le haut du spectre. La voix de Mélanie De Biasio est parfaitement placée en hauteur, le timbre chaud et parfois mélancolique n’est en aucune manière trahie par cette platine. Tout l’orchestre trouve sa place entre les deux enceintes sans se bousculer, ni se tasser. L’ensemble est vif, dynamique, rapide et respecte toutes les infimes différences de dynamique.

Le Directeur de thêatre

En reprenant le disque "Le Directeur de Théâtre" KV 486 de Mozart avec l’orchestre Sttatskapelle Dresden dirigé par Karl Böhm (Deutsche Grammophon), nous retrouvons cette légèreté qui colle parfaitement avec cette œuvre. On assiste à un feu d’artifice de couleurs musicales où chaque rang d’instrument trouve son propre espace d’interprétation. Un hautbois, une clarinette interviennent en arrière-plan, et ils sont immédiatement perceptibles avec tout le modulé de leur interprète. La voix de soprano de Reri Grist est magnifiquement timbrée, avec une clarté et un suivi mélodique qui en donne tout le relief. Cette platine est d’une rare élégance, d’une finesse dans l’établissement des timbres qui est un vrai bonheur même si elle timbre un peu haut. Non seulement informative, elle le fait sans froideur ni rigidité. Au contraire, l’émotion qu’elle dégage est plus qu’appréciable. Encore une fois, l’image stéréophonique est plus focalisante que profonde, mais on oublie ce fait tellement nous parvenons à entendre les moindres détails de cette ancienne prise de son.

Et cette platine n’en oublie pas de « taper » quand il le faut. L’écoute du dernier Flume "Skin" nous confirme notre sentiment. Même s’il s’agit d’instruments uniquement électroniques, la Pro-Ject The Classic est détonante. Elle n’a pas son pareil pour rendre l’écoute de ce disque hyper alerte. Le bas du spectre, qui l’on jugeait un peu léger, montre de quoi il est capable avec cet enregistrement. Les notes les plus basses sont parfaitement reproduites mais sans envahir notre champ sonore. Le grave est plutôt bien ferme, ce qui donne ce sentiment parfois de manquer de poids. Avec ce disque, il est clair que le concepteur a fait le choix d’une platine qui n’arrondit pas les angles, bien au contraire avec un pouvoir d’information ultra poussé.

Conclusion

Voilà une Pro-Ject conçue et fabriquée dans le même esprit que le reste des platines du catalogue de ce fabricant. Elle s’inscrit, malgré son look un peu rétro, dans le camp des platines claires et incisives, un modèle qui ne pardonnera rien à la qualité des enregistrements et des pressages de nos galettes noires. Un choix sûr dans cette gamme de prix.

La Pro-Ject The Classis décortiquée par On-Mag

Système d’écoute

Préampli phono Jolida JD9 à tubes
Enceintes Grand Cru Horizon + Amphion Argon 3S
Câbles de modulation : Esprit Eterna
Câbles secteur Nordost et barrette Supra
Câbles enceintes : Esprit Eterna

Spécifications The Classic

  • Vitesses : 33 1/3 rpm et 45 rpm
  • Entrainement : par courroie avec moteur DC
  • Amortissement : par blocs TPE
  • Pleurage et scintillement : +/- 0.03%
  • Précision de la vitesse : +/- 0.10%
  • Rapport signal/bruit : - 71 dB
  • Bras : carbone et aluminium 9 pouces
  • Contrepoids amorti TPE
  • Cellule MM fournie : Ortophon M2 Silver
  • Dimensions : 460 x 131 x 351 mm (LxHxP)
  • Poids : 10.2 kg
  • Prix : 1000 €

Notre avis

  • Qualité de fabrication : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)
  • Design/finition : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise(4/5)
  • Fonctions/équipement : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
  • Ergonomie : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile griseetoile grise(3/5)
  • Performances sonores pures : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)
  • Musicalité : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise(4/5)
  • Intérêt : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)

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