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Test enceintes HiFi Martin Logan EM-ESL : l'élégance des formes et la transparence du son de l'électrostatique

Martin Logan ElectroMotion ESL ON topaudio Award

La marque iconique Martin Logan est la spécialiste historique des enceintes HiFi, ou plutôt des panneaux acoustiques haut de gamme équipés de cellules électrostatiques. En 2010, elle avait annoncé l’arrivée d’une nouvelle série Electromotion, une gamme à la portée de presque toutes les bourses et ce sans sacrifier en aucune manière la technologie XSat jusque-là réservée à des modèles beaucoup plus onéreux. Un changement de distributeur en France nous a permis de tester le tout premier modèle de cette série, la Martin Logan ElectroMotion ESL (ou EM-ESL) - chronique d’un coup de foudre audiophile assumé.

Martin Logan Electromotion ESL

Type : enceinte hybride, 2 voies, accord bass-reflex
L'avis de ON-mag : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange (5/5)
Prix de lancement : 3 550 € la paire

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Martin Logan est une marque américaine bien connue des audiophiles avertis. Il n’empêche que tout le monde ne connaît pas forcément le chemin parcouru par cette marque devenue maintenant très certainement LE leader mondial des enceintes électrostatiques, qu’elles fussent hybrides ou pas. Effectivement, Martin Logan propose un catalogue extrêmement large et complet qui compte, bien entendu, des enceintes électrostatiques à large bande, des modèles hybrides mais aussi une gamme électrodynamique (avec des haut-parleurs classiques donc), des caissons de grave comme des voies centrales. Et s’ajoutent aussi d’autres modèles plus modernes fonctionnant sans fil, des barres de son, des voies arrière dipôles et des haut-parleurs pour un usage extérieur. Une marque qui a su s'adapter aux modes d’écoutes actuels sans perdre ses fondamentaux.

Martin Logan : un peu d’histoire pour le fun

Martin Logan a été fondé à la fin des années 1970 par Gayle Martin Sanders et Ron Logan (on comprend mieux le nom choisi). Tous deux étant de grands passionnés de la reproduction sonore, ils décident de fabriquer leur propre haut-parleur et se dirigent vers la technologie électrostatique, la meilleure selon eux. Mais voilà, si ce mode de reproduction atteignait un summum en matière de pureté et de clarté, il butait alors sur plusieurs écueils : un grave et un niveau sonore limités, une directivité assez prononcée et la nécessité d'utiliser un amplificateur stable sur des charges capacitives. La faiblesse congénitale des fréquences basses s’expliquait tout simplement par le fonctionnement en dipôle (les ondes sonores sortant à l’avant comme à l’arrière des enceintes, mais avec une polarité inverse), ce qui en affaiblissait beaucoup le niveau (principe push-pull).

Quad esl57

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter, par exemple, la toute première enceinte grand public de ce type : la fameuse Quad ESL 57 (en photo ci-dessus). Cette Quad ESL 57 a longtemps été considérée comme ayant le plus beau registre médium/aigu au monde, mais le grave était inexistant et la puissance acceptable assez faible. Souhaitant contourner ce qui semblait inéluctable dans cette technologie, nos deux fondateurs (et après des essais infructueux mais prometteurs), forment une petite équipe d’ingénieurs de haut niveau (qui s’étaie par la suite d’autres ingénieurs tout aussi pointus) et essaient de nouveaux matériaux destinés à l’aérospatiale.

Des moyens à la hauteur de leur ambition

Construit avec de nouveaux revêtements, de nouveaux isolants et des adhésifs à la pointe de la technologie (tout en conservant un diaphragme en Mylar transparent mais cette fois pris en sandwich entre deux stators en acier perforé), le premier succès commercial est incarné par la légendaire Martin logan CLS qui voit le jour au milieu des années 80.

Martin Logan 2

Et afin de limiter au maximum la directivité horizontale inhérente à ce mode de reproduction, les concepteurs réussissent l’exploit de donner à leur diaphragme une forme bombée (d’où CLS pour Curvilinear Line Source), aujourd'hui une marque de fabrique pour Martin Logan. S’en suivent bien d’autres modèles comme la fameuse enceinte hybride Sequel, elle-même suivie de bien d’autres modèles tout aussi réussis. Nous n’en ferons pas la liste, elle serait trop longue...

L’électrodynamique en quelques mots

Le haut-parleur électrodynamique (ou à bobine mobile), utilisé sur 99% des enceintes HiFi du marché, fait appel à une technologie relativement simple, qui peut donc être fabriquée à faible coût. Mais il existe bien d’autres moyens de reproduire du son comme le principe électrostatique, les HP à ruban, les transducteurs isodynamiques et piézoélectriques, toutes ces technologies ayant leurs propres avantages et inconvénients.
Un haut-parleur à bobine mobile (le premier brevet est déposé en 1877) fonctionne à l’inverse d’un microphone comme d’une cellule phonolectrice. Il comprend un moteur (aimant et une bobine mobile : en cuivre en général), qui transforme le signal électrique de l’ampli en signaux mécaniques. Ces mouvements (de piston) sont transmis à une membrane (dont la matière peut varier selon les constructeurs : papier, lin, aluminium, Kevlar…) et cette dernière transmet cette énergie mécanique à l’air ambiant, ce qui produit le son. Le tout est monté dans ce que nous appelons un saladier ou châssis qui maintient le plus rigidement possible toutes ces pièces ensemble. Ces HP sont ensuite montés dans une caisse ou coffret, différent pour chaque constructeur.

Martin Logan HP

 

L’électrostatique : un film ultra-léger baignant dans un champ électrostatique puissant

Un transducteur électrostatique fonctionne de façon totalement différente. Il comprend trois éléments de base : les stators (grilles), le diaphragme et les espaceurs ou entretoises, le tout étant assemblé en sandwich dans un cadre en aluminium ultra rigide surnommé l’Airframe chez Martin Logan. L'épaisseur du diaphragme des Martin Logan (très certainement du Mylar) est seulement de 12 microns (8 fois moins épais qu’un cheveu), il est donc presque sans masse et quand on sait que ce film doit changer de direction plus de 40 000 fois par seconde (sur toute sa surface), nous comprenons mieux l’importance de cette faible masse.
Il est en fait imprégné d’un revêtement conducteur (dépôt au plasma de polyéthyène terathylate en couches minces) et chargé par une tension positive fixe créant un champ électrostatique très puissant autour de lui. Les stators sont reliés à l’amplificateur via un transformateur élévateur. Celui-ci convertit le courant modulé de l’amplificateur en deux signaux haute tension d’égale puissance, mais de polarité inverse.
Le diaphragme est donc tiré ou poussé (fonctionnement en dipôle) suivant les tensions des stators. De cette façon, le signal électrique est transformé en signal mécanique. Le son diffusé est uniforme sur toute la surface de la membrane, lui procurant une vélocité et une réponse impulsionnelle sans égales.

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La nouvelle gamme Electromotion en détail

La nouvelle ElectroMotion Series de Martin Logan propose deux enceintes colonnes hybrides (ESL, ESL X), la première disposant d'un seul HP de grave électrodynamique de 20 cm, tandis que dans la seconde, deux HP de 20 cm sont logés également dans une chambre bass-reflex asymétrique formée de parois en MDF de 2 cm d’épaisseur. Il existe une troisième colonne EFX, un modèle In-Wall (à positionner à même le mur), ainsi qu'une voie centrale (EM-ESL C) avec tweeter à ruban plissé de type Folded Motion. Il est secondé par deux transducteurs électrostatiques XSat et deux HP électrodynamiques à cônes en aluminium puissants de 13,3 cm de diamètre, le tout pouvant éviter l'installation d’un caisson de grave supplémentaire.
Pour finir le tableau, Martin Logan propose l'EM-FX2, une enceinte arrière dipôle pour le Home Cinéma, qui dispose de deux tweeters à ruban et d’un seul HP électrodynamique à cônes en fibres de 15 cm de diamètre.

La Martin Logan ElectroMotion ESL que nous testons ici est une colonne d’à peine plus d’un mètre de hauteur dont la forme est difficilement descriptible : en tout les cas, les lignes sont tendues, élégantes et d’une grande pureté. Sa cellule électrostatique couvre la quasi-totalité de la bande passante (à partir de 500 Hz). Elle répond à la technologie CLS de la nouvelle génération XSat. Elle est composée d’une membrane transparente de 71,1 x 21,8 cm soit plus de 1 500 cm/carré, qui est prise en sandwich entre deux grilles (stators) MicroPerf qui doublent presque la surface de rayonnement du diaphragme. Ces cadres ou stators sont fabriqués à partir de billes de tolérance aérospatiale et d’alliages d’aluminium extrudé, ceci rendant l’ensemble extrêmement rigide et minimisant de fait toutes sortes de vibrations et résonances indésirables.

Martin Logan 3

Pour le grave, la Martin Logan ElectroMotion ESL fait appel à un HP électrodynamique de 20 cm de diamètre placé dans un coffret en MDF de 2 cm aux formes asymétriques. L’évent d'accord bass-reflex de ce boomer, d’une dizaine de centimètres de diamètre, débouche sous l’enceinte, ce qui impose d'utiliser les cônes en métal fournis avec l'enceinte, à visser sous la plaque inférieure.
La membrane de ce HP est constituée de papier renforcé par des fibres et il bénéficie d’un filtre de type Vojto selon une topologie exclusive à la marque. Ce filtre intègre des composants haut de gamme comme des selfs à air, des résistances en acier laminé et des condensateurs à film polyester. L’important pour le boomer est de produire un son s’accordant à la rapidité et la vélocité de la cellule électrostatique dans le médium/aigu. Un pari gagné comme nous allons le voir.

Ecoute : une transparence, un pouvoir de focalisation comme une microdynamique ou rapidité bien au-dessus des enceintes habituelles

Pour connaître, très bien même, les Martin Logan de première génération comme les CLS ou Sequel, la composition de notre système nous avait fait craindre quelques mauvaises surprises : aigus en avant, grave quelque peu gonflé, directivité marquée, etc, etc, etc. Eh bien, il n’en a rien été. La nouvelle génération dont font partie ces ElectroMotion ESL, et grâce aux nouvelles technologies (XSat, Microperf…), rélègue ces défauts aux oubliettes. Nous avons totalement été conquis par ces enceintes. La directivité est quasi nulle tant horizontalement que verticalement et nous retrouvons la clarté, la transparence légendaire de l'électrostatique accompagnées cette fois d’un bas du spectre plus homogène.

Notre système d’écoute fut donc basé sur un ampli Micromega M-150 (son très droit, pas de fioriture), des câbles Esprit Eterna (lumineux dans le haut), un lecteur réseau Lumin (plutôt très bien équilibré) et notre ensemble dédié aux disques analogiques : platine vinyle VPI Prime, cellule Kiseki Blue NS et un préampli phono Jolida à tubes bien modifié.

Les Martin Logan ElectroMotion ESL ont bien l’ADN Martin Logan avec une transparence, un pouvoir de focalisation comme une microdynamique ou une rapidité bien au-dessus des enceintes habituelles dans cette tranche de prix. De plus, leurs boomers s’accordent à merveille avec leurs cellules électrostatiques. Particulièrement dégraissé, le grave développe une attaque et une vitesse qui colle parfaitement avec le reste du spectre.

Lorsque nous parlons de transparence ou encore de pouvoir de résolution, nous voulons évoquer la capacité de ces enceintes à nous faire entendre les plus infimes nuances d’un instrument, d’une voix ou encore de la qualité d’un enregistrement. Plus que des mots, un exemple va vous éclairer. Lorsque nous écoutons Hilary Hahn interpréter les "Concertos pour violon seul en E major" de Bach édité chez Sony, nous ressentons toutes les minimes différences d’appui sur les cordes qui donnent sa richesse à l’interprétation de cette jeune musicienne. Elle joue debout devant nous, et nous pourrions même suivre ses mouvements tant sa présence est flagrante. L’extinction des notes est parfaite, le violon sonne admirablement bien avec ce côté boisé mais aussi un peu « grinçant » comme cet instrument l’est parfois. Nous devinons que cet enregistrement (par l’absence de résonance de pièce) a été effectué en studio, Hilary Hahn se tenant devant le microphone.

Bach Hilary Hahn Bach

Passons maintenant à un autre disque de cette musicienne et plus particulièrement les "Concertos pour Violon BWV 1042" de Bach, édité cette fois par Deutsche Grammophon. Elle est accompagnée de l’orchestre du Los Angeles Chamber Orchestra. Nous quittons l’ambiance intimiste du premier disque. Le son semble venir de plus loin avec des aigus légèrement lissés. La différence de son est flagrante lorsque nous comparons les deux enregistrements ou plutôt la signature sonore des deux éditeurs. Sur ce disque, la spatialisation est remarquable avec un positionnement parfait de chaque rang d’instruments. La scène sonore est majestueuse. Elle est large et profonde, le réalisme est de rigueur là aussi.

Bon, avec ces deux disques, nous savions bien que ces demoiselles (les Martin Logan ElectrMotion) allaient exceller, alors nous avons décidé de les titiller quelque peu sur le plan du niveau sonore, de la dynamique et de la rapidité. Nous n’avons rien trouvé de mieux que le vinyle "The Percussion Record" par l’O-Zone Group édité chez le fabricant de platines vinyles Clearaudio. Nous assistons à un véritable festival de sonorités, des plus graves au scintillement de certaines percussions comme des cloches ou xylophones. Outre l’image qui positionne chaque instrument au millimètre au sein d’une scène sonore très réaliste, nous notons que le bas du spectre est assez dégraissé. Il est là, bien présent, mais n’alourdit pas le message pour autant. La nature parfaitement reproduite de chaque instrument comme un triangle, des congas, apportent un sentiment de réalité étonnant. Ces enceintes manifestent une véritable joie de vivre. C’est vif, nerveux et plein d’entrain. Rien ne traîne et tout s’enchaîne avec une rapidité époustouflante tout en étant hyper réaliste.

Martin Logan 4

Puis pour aller encore plus loin, nous nous sommes amusés avec de l’Electro pur et dur. Nous avons mis sur notre platine vinyle le disque "Spanish Breakfast" de Rone (en vérité Erwan Castex) qui dans l’intro lit un texte de l’écrivain Alain Damasio. C’est criant de vérité. Nous avons tous les bruits de bouche de ce musicien avec bien d’autres sonorités électroniques, mais qui ne le paraissent pas en fin de compte tant la profusion de détails est importante. Tous ces détails donnent à ce disque une richesse digne des instruments classiques. Le grave continue de rester à sa place et l’image sonore est hyper vaste avec des petits sons à gauche comme à droite. La microdynamique de ces enceintes Martin Logan ElectroMotion ESL est un vrai bonheur et nous fait apprécier tout type de musique.

Martin Logan Rone

Conclusion

Grosse surprise pour des enceintes HiFi de ce prix. Elles cumulent des qualités de naturel, de définition, d’homogénéité comme de rapidité que nous ne rencontrons que trop rarement dans ce budget. Attention cependant, et au vu de leur transparence, pour les alimenter, le choix d'un ampli de qualité sera primordial. Leur bon rendement leur permet de se marier avec un ampli en Classe A, à tubes ou autre sans problème, selon ce que chaque futur propriétaire souhaitera obtenir comme tonalité générale. Elles n'ont pas besoin de beaucoup de puissance, mais il leur faut un appareil de qualité. En conclusion, ces Martin Logan ElectroMotion ESL méritent un ON-topaudio Award, nous lui offrons avec un plaisir non dissimulé. Chapeau Messieurs de chez Martin Logan.

La Martin Logan ElectroMotion ESL (ou EM-ESL) décortiquée par ON-mag

Spécification

  • Type : enceinte hybride, 2 voies, accord bass-reflex
  • Réponse en fréquence : 42 Hz à 22 kHz (± 3 dB)
  • Sensibilité : 91 dB/2.83 volts/1 mètre
  • Impédance nom./mini : 6 ohms/1.6 ohms (à 20 kHz)
  • Fréquence de coupure du filtre : 500 Hz
  • Panneau électrostatique : 71.1 x 21,8 cm, CLS XStat, 1 550 cm2
  • Boomer : 20,3 cm, membrane papier
  • Ampli recommandé : de 20 à 300 watts
  • Poids : 21,4 kg
  • Dimensions : 132.3 x 22.9 x 41,4 cm
  • Finition : noir mat ou laqué (en édition spéciale)
  • Prix : 3 550 € la paire

Notre avis

Design et finition : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise (4/5)
Qualité de fabrication : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile demi verte (4,5/5)
Performances pures : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise (4/5)
Musicalité : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile verte (5/5)
Intérêt : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange (5/5)

 

Site de la marquewww.martinlogan.com
Distributeur pour la France : www.francemarketing.fr 


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Mots-clés: OnTopAudioAward, Martin Logan

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Commentaires   

#3 Pop 07-12-2019 10:59
Bonjour Pierre-Yves,
une question à propos du Micromega M150 : les ventilateurs internes deviennent-ils audibles au bout de 20 à 30 mn de fonctionnement quand l’ampli est chaud ? C’est un défaut que je déplore sur mon M 100, par ailleurs enthousiasmant.
Merci
#2 DreamLord 14-10-2019 15:01
J’ai eu la chance de pouvoir les comparer avec les ESL X & ESL 9. Pour moi, les ESL X sont les meilleures malgré un surcoût non négligeable par rapport à celles-ci mais qui vaut largement l’effort financier. Par contre, je n’ai entendu que peu de différence entre les X & les 9. Alors que l’augmentation du prix est plus conséquent. Le tout sur un Linn DSM.
#1 jean denis 09-06-2019 21:38
Bonjour,
A quand un grand test des panneaux : Magnepan, Diptyque audio, Martin Logan ... ect

Cordialement,

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