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Sortie cinéma : "Je veux seulement que vous m’aimiez" le 20 avril 2011 (version numérique restaurée)

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Notre avis : etoile-orangeetoile-orangeetoile-orangeetoile-orangeetoile-grise(4/5)

  • Un film de Rainer Werner Fassbinder pour la première fois au cinéma
  • Titre originel : Ich will doch nur, dass ihr mich liebt (1976)
  • En couleurs
  • avec Vitus Zeplichal, Elke Aberle, Alexander Allerson, Emi Mangold
  • Sélectionné au festival de Locarno en 2010
  • Restauration numérique Bavaria Media

Ce film de Rainer Werner Fassbinder n’a jamais été vu au cinéma, et pour cause, car il a été réalisé et diffusé pour la télévision allemande en 1976. Une restauration numérique de qualité, réalisée par Bavaria Media en coopération avec Cinepostproduction nous permet aujourd’hui de le voir dans les salles. Le scénario, de Fassbinder, est tiré d’un livre lui-même inspiré par une histoire vraie. Un jeune ouvrier maçon, Peter, mal aimé, ou plutôt pas aimé du tout par ses parents, passe son temps à leur construire une maison, ce dont ils ne le remercient même pas, tout centrés qu’ils sont sur leurs propres égoïsmes. Puis il se marie, on ne sait trop pourquoi, lui non plus. Cet homme, joué par Vitus Zeplichal avec beaucoup de profondeur, fait penser à l’étranger de Camus, hors de sa vie et se demandant à peine pourquoi il vit. Il s’abime au travail, multipliant les heures supplémentaires pour remplacer les contacts humains. N’ayant aucune communication ou presque avec qui que ce soit, il sombre petit à petit dans la folie. Surmenage, renfermement sur soi, individualisme étrange, quand le chômage arrive, il est seul et désarmé, comme il l’a toujours été. Il suffirait de presque rien, aimer la vie, aimer les autres, mais Peter ne connaît pas tout cela. C’est peut-être un autoportrait, involontaire de ce cinéaste maudit qui disparut à trente-sept ans, tout comme Rimbaud, et qui, par bien des aspects, a vécu une enfance pas très différente de son héros.

Un film lourd, oppressant avec des personnages ordinaires et, hélas, plus nombreux qu’on ne le voit au cinéma habituellement et qui a su éviter assez habilement les démonstrations théoriques qu’on aurait pu attendre d’un cinéma allemand militant qui n’a pas toujours su le faire. Fassbinder qui, en 1976 est dans sa période la plus féconde (Tous les autres s’appellent Ali est de 1974 et Maria Braun de 1979) nous donne avec cette œuvre télévisée un bel aperçu de son talent.

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