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Blu-ray : « This is Cinerama » : retour sur un procédé cinématographique hors norme…

Blu-ray This is Cinérama

Note artistique : etoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-griseetoile-grise(3/5)
Note technique globale : etoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-demi-bleue(4,5/5)

Synopsis

Le 30 septembre 1952 le rideau du Broadway Theatre de New York s’ouvre sur un film utilisant un nouveau procédé qui allait marquer profondément son époque : le Cinérama, contraction de cinéma et de panorama. Les scènes sont tournées avec une triple caméra 35 mm et projetées sur un écran « extra large », courbé à 146°, tandis que le son, diffusé sur sept canaux, enveloppe réellement le spectateur…

Blu-ray This is Cinérama 4

  • Titre original : This is Cinerama
  • Support : blu-ray
  • Genre : documentaire épique
  • Année : 1952
  • Réalisateurs : Merian C. Cooper, Gunther von Fritsch, Ernest B. Schoedsack, Michael Todd Jr.
  • Réalisateur de la réédition : Dave Strohmaier
  • Casting : Lowell Thomas, Kathy Darlyn
  • Durée : 2 h 03 mn 32
  • Format vidéo : 16/9 (1,78)
  • Format ciné : 1,37/1 noir et blanc, puis 2,59/1
  • Sous-titrage : français
  • Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 anglais, Dolby Digital 2.0 anglais
  • Bonus : Remastériser un classique du grand écran (19 mn 01) - livret «This is Cinérama» de 1952 (12 pages) - procédé Smilebox (simulation de l’écran courbe du Cinérama en profitant de la totalité de la définition de l’image HD en 1,78/1)
  • Éditeur : BelAir classiques

Commentaire artistique

Aujourd’hui confidentiel (http://www.in70mm.com/cinerama/), le procédé Cinérama a été inventé par Fred Waller convaincu que seule une grande image sur un large écran courbe (repris récemment avec les gammes de téléviseurs UHD) donnerait l’illusion de plonger le spectateur dans la réalité. Il expérimenta d’ailleurs un système à onze cameras 16 mm, ramené ensuite à 5 pour son système Vitarama avec projection sur un écran hémisphérique, l'ancêtre du Cinérama à 3 caméras 35 mm. Pour renforcer l’illusion de naturalisme, il obtint de l’ingénieur du son E. Hazard Reeves de développer un système à sept canaux magnétiques. Commercialement c’est Lowell Thomas, épaulé par Merian C. Cooper (King Kong) et Michael Todd, qui développera la société Cinérama Productions Inc. et produira This is Cinerama. Ce premier film, qui a attiré plus de 20 millions de spectateurs, est un périple à travers le monde et les USA des années 1950. Le procédé consiste à filmer trois images, prises simultanément avec une focale de 27 mm (la plus proche de l’œil humain), et à les projeter sur un écran courbé à 146° (assez proche des 180° du regard) tout en diffusant le son enregistré sur 7 pistes magnétiques. Pour éviter le scintillement, le film 35mm, à six perforations (au lieu de quatre), est projeté à 26 images par seconde (au lieu de 24).

Blu-ray This is Cinérama 5

Sur le plan strictement cinématographique, ce film assemble plusieurs documentaires susceptibles de démontrer l’impression unique exercé par cette nouvelle technique. Rien de très mémorable sinon la volonté de faire spectaculaire. La version roadshaw du blu-ray, avec ouverture et entracte, nous promène, après une introduction en 1,37/1 noir et blanc sur l’histoire du cinéma (qui ne cite jamais les frères Lumière, inventeurs du cinéma ou Abel Gance, inventeur de la « polyvision » sur triptyque !!!), d’un grand-huit à Venise à une corrida à Saragosse en passant par la Scala de Milan (Aïda) pour finir par les merveilles naturelles des USA, magnifiées à souhait par une partition grandiloquente et chauvine. Les images sont effectivement impressionnantes et surprendront les jeunes générations. La restauration et le procédé Smilebox restituent parfaitement l’illusion du Cinérama mais aussi ses imperfections : les lignes de jointures des trois images et les déformations de leur franchissement. Évidemment seule la sensation éprouvée dans une vraie salle Cinérama rendrait justice au procédé mais la lourdeur et le coût de l’installation se sont avérés rapidement rédhibitoires. Seulement neuf films, dont deux fictions en 1962 (La Conquête de l’Ouest, Les Amours enchantées ou Les Merveilleux contes de Grimm), ont été réalisés. Très vite les formats usant d’une seule pellicule extra-large 70 mm, comme l’Ultra Panavision 70, ont surpassé le Cinérama grâce à leur plus grande flexibilité. Aussi rapidement, les salles équipées (Gaumont-Palace, Kinopanorama…) ont disparu du circuit. Ensuite les procédés 70 mm ont connu le même sort avec l’avènement du format IMAX et du DCP qui ont supplanté toutes ces techniques. Avec les formats 4K (UHD 2D et 3D) et 8K (FUHD 2D et 3D), on peut parier qu’à l’avenir ces productions Cinérama pourraient ressurgir, à l’instar de ces films en relief 3D des années 50 qui ont retrouvé une nouvelle jeunesse avec la 3D numérique.

Blu-ray This is Cinérama 3

La restauration de Dave Srohmaier et Greg Kimble a été effectuée à partir d’un négatif composite 65 mm de 1972 et non du négatif original très détérioré ; la remastérisation a exigé de nombreux travaux de corrections et d’étalonnage (cf., bonus) ; la version sur blu-ray présentée en Smilebox est proche de la sensation en salle bien que ce procédé modifie la taille de l’image originale (2, 59/1 à 1,78/1) et introduit des distorsions latérales mais toutefois très acceptables ; même l’ouverture des rideaux a été simulée ! Une expérience qui mérite d’être tentée à condition de posséder un écran d’assez grande taille (50 pouces minimum).

Commentaire bonus

Très intéressant interview du directeur du projet, Dave Strohmaier, et de Greg Kimble, chargé de la restauration image, qui expliquent les conditions de remastérisation, la méthode utilisée, les problèmes techniques à surmonter. Le livret d’époque, qui a été traduit, est un autre document passionnant.
On regrette cependant les bonus du blu-ray de l’édition originale américaine (sorti en 2012): commentaire audio, une bobine coupée, ouverture alternative européenne, bande annonce, interviews, photos et featurettes…

Commentaire technique

  • Un BD de bonne facture en dépit des obstacles techniques inhérents au système. Le blu-ray a été visionné sur un écran de 3,5 m de large offrant une assez belle restitution de la sensation visuelle et auditive "Cinérama".
  • Colorimétrie : couleurs restaurées, tons saturés, teintes chatoyantes
  • Étalonnage : assez régulier malgré le principe du triptyque avec un défaut d'homogeneité entre les trois images
  • Contraste : bon, légères différences entre les trois écrans
  • Compression : pas de défaut
  • Définition : assez bonne, meilleure au centre
  • Mixages : le mixage originel à 7 canaux magnétiques (5 canaux derrières l’écran, 1 canal D/G et 1 canal arrière) a été converti en DTS-HD MA 5.1 (ou aurait préféré en 7.1) avec une fort belle spatialisation (notamment des dialogues ce qui rare aujourd’hui), une dynamique extrême et un placement des ambiances comme dans une salle de cinéma.

Liens Web

Site officiel : http://www.cineramaadventure.com/
Site officiel français : http://www.belairclassiques.com/blog/documentaire/this-is-cinerama/
IMDb : http://www.imdb.com/title/tt0045231/

Notre avis

Image : etoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-grise(4/5)
Mixage sonore : etoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-bleueetoile-demi-bleue(4,5/5)
Bonus : etoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-griseetoile-grise(3/5)
Packaging : etoile-bleueetoile-demi-bleueetoile-griseetoile-griseetoile-grise(1,5/5)

 

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