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Exodus : une grande fresque historique toujours d’actualité (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Exodus 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

En 1947 à Chypre, des milliers de réfugiés juifs en chemin pour la terre sainte sont arrêtés par les anglais et parqués dans des camps. Craignant des heurts avec la population arabe, les autorités britanniques refusent de les laisser rejoindre la Palestine. Ari Ben Canaan, un agent de l'organisation sioniste clandestine Haganah réussit à se faire Passer pour un officier anglais et embarque les derniers réfugiés à bord d'un vieux bateau, l'Exodus qui doit les mener aux frontières de la Palestine…

• Titre original : Exodus
• Support testé : blu-ray
• Genre : historique, guerre
• Année : 1960
• Réalisation : Otto Preminger
• Casting : Paul Newman, Eva Marie Saint, Ralph Richardson, Peter Lawford, Lee J. Cobb, Sal Mineo, John Derek, Hugh Griffith, Gregory Ratoff
• Durée : 3 h 19 mn 21
• Format vidéo : 16/9 (2,31/1)
• Format ciné : 2,20/1 (Super Panavision 70)
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 anglais - DTS-HD MA 2.0 français
• Bonus : présentation par Bertrand Tavernier (46 mn 32) - présentation par Patrick Brion (31 mn 08) - bande annonce (2 mn 44) - livre (52 pages) « L’histoire du film » par Patrick Brion - DVD du film
• Éditeur : Sidonis Calysta

Commentaire artistique

Comme le fait remarquer, avec justesse, Bertrand Tavernier (cf., bonus), la portée d’Exodus n’a plus la même résonance aujourd’hui : les divers conflits israélo-palestiniens survenus depuis la sortie du film contredisent clairement le message d’espoir que le scénario de Dalton Trumbo souhaitait faire passer tout en suggérant qu’une instabilité politique était à prévoir. Le film réalisé par Otto Preminger adapte le roman pro-israélien de Leon Uris (1958, en réalité un scénario sans lendemain écrit pour la MGM) qui romance l’histoire du bateau « Exodus 47 » et sa conséquence sur la fondation, dans la douleur, de l’état d’Israël (29 novembre 1947). Dalton Trumbo, scénariste « blacklisté » de gauche, en tira un récit assez distancié, moins partisan et plus proche des faits historiques, selon le souhait d’Otto Preminger qui allait enfin sortir l’écrivain de la liste noire. Néanmoins les principaux personnages créés par Leon Uris, fruit d’une immense documentation réunie pour son scénario MGM, sont toujours bien présents : Ari Ben Canaan (Paul Newman) membre de la Haganah, Kitty Fremont (Eva Marie Saint) infirmière, Dov Landau (Sal Mineo) jeune échappé du ghetto de Varsovie qui passe à l’Irgoun et Karen Hansen Clement (Jill Haworth, 14 ans !), jeune fille survivante de l’Holocauste. Le film sera tourné en Super Panavision 70 (pellicule 65 mm : le must des formats ciné) uniquement dans des décors réels sur les lieux même de l’action, à Chypre et en Israël où Ben Gourion offre toute l’aide nécessaire au tournage. Otto Preminger affirme d’emblée sa volonté de ne pas faire de son film un outil de propagande et traite, à égalité, les autorités britanniques (avec un général bienveillant joué par Ralph Richardson et un officier antisémite par Peter Lawford) et les diverses factions juives, y compris extrémistes : si aujourd’hui ce traitement plutôt impartial est parfaitement louable, il fâcha tout le monde en 1960 ! Le cinéaste réunit des techniciens hors-pair comme le directeur photo Sam Leavitt, le génial concepteur de générique Saul Bass et le musicien Ernest Gold, auteur du leitmotiv célèbre d’Exodus. Réputé pour sa direction d’acteurs, le cinéaste disposa d’un casting haut de gamme dont Paul Newman, excellent acteur aux yeux bleus mais de rapport difficile, et une héroïne d’Hitchcock toute en blondeur, Eva Marie-Saint. De nombreux comédiens de choix, comme Ralph Richardson, Lee J. Cobb ou Hugh Griffith, se partageront les beaux rôles secondaires. Si la première partie est consacrée au camp juif chypriote et au bateau Exodus (dont le récit enjolivé n’a presque rien à voir avec les faits historiques !), la seconde se déroule en Israël sous mandat britannique avec deux scènes clés, l’attaque de la prison de Saint Jean d’Acre et la proclamation du vote de l’ONU (devant une foule de quelques 20 000 figurants !). Otto Preminger a su gérer avec habileté la caractérisation des divers personnages (emblématiques), les scènes d’action, l’évocation du contexte politique et les romances inévitables, avec un sens aigu du spectacle cinématographique en procédant par de magnifiques mouvements d’appareil et par un montage très efficace. Sa superproduction, qui échappe aux pesanteurs du genre, se regarde avec intérêt, encore aujourd’hui, et démontre, sans ambages, que la naissance d’Israël se fit dans la violence. Exodus qui obtint un grand succès commercial, remporta l’Oscar du meilleur second rôle (Sal Mineo) et celui de la meilleure photographie (Sam Leavitt), deux récompenses justifiées qui plaident en faveur d’une redécouverte du film.

 

Blu ray Exodus

Commentaire technique

Image : copie HD, version restaurée à partir d’un master 35 mm 2,35/1 ne respectant le format original de la Super-Panavision 70 au format 2,20/1 (seuls les génériques en ouverture et en clôture sont dans ce format), il n’existe à ce jour aucune édition HD correcte, la version de Sidonis Calysta ne fait pas mieux que le blu-ray d’Opening édité en 2012. Néanmoins l’image est excellente avec un niveau de détail remarquable, une granulation légère, une magnifique gestion des contrastes (nombreuses scènes ensoleillées), étalonnage lumineux naturaliste, colorimétrie chaude et vive, tons réalistes, pas de défaut notable

Son : mixage anglais 2.0 (option ultra limitée par rapport au blu-ray américain présentant plusieurs pistes sonores dont une en 5.1 et une piste musicale isolée), le mixage originel était en 4 pistes stéréo au format 35 mm et 6 pistes en 70 mm mais apparemment l’état de conservation des enregistrements sonores n’ont pas été top d’où ce mixage stéréo… qui se révèle au demeurant excellent, avec des dialogues bien placés et clairs, une spatialisation frontale des ambiances très réaliste, une très bonne dynamique qui profite à la célèbre musique d’Ernest Gold ; la VF est moins ample, plus resserrée et forcément plus artificielle

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0053804/

 

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