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La Rue rouge : une magistrale descente aux enfers (en Blu-ray et DVD)

Blu ray La Rue rouge 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Synopsis

Petit caissier sans histoire, Christopher Cross rencontre, suite à une soirée arrosée, une jeune femme du nom de Kitty dans une rue de Greenwich Village. Elle le prend pour un riche artiste, lui qui n'est qu'un peintre amateur, tandis qu'il tombe amoureux d'elle. Motivée par Johnny, son amant, Kitty décide alors de profiter de l'affection de Christopher afin de lui soutirer de l'argent. Celui-ci s'endette pour lui payer un appartement, cachant cette relation à son épouse acariâtre, Adèle. Mais Kitty demande toujours plus, et Christopher est contraint à voler dans les caisses de son patron…

• Titre original : Scarlet Street
• Support testé : blu-ray
• Genre : policier, noir
• Année : 1945
• Réalisation : Fritz Lang
• Casting : Edward G. Robinson, Joan Bennett, Dan Duryea, Margaret Lindsay, Jess Barker, Rosalind Ivan, Jess Barker, Charles Kemper
• Durée : 1 h 41 mn 51
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Piste sonore : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais
• Bonus : bande annonce Hollywood Legends (2 mn 56) - Fritz Lang et sa femme fatale, entretien avec François Guérif, éditeur et critique de cinéma français (24 mn 59) - Dans la même collection...
• Éditeur : ESC Éditions et MovInside

Commentaire artistique

C’était un des films préférés de Fritz Lang et l’un des deux remakes qu’il réalisa à partir des films de Jean Renoir : La Rue rouge (Scarlett Street, 1945) est en effet inspiré de La Chienne (1931) tandis que Désirs humains (Human Desire, 1954) reprendra La Bête humaine (1938). Suite à son absence de copyright, La Rue rouge, tombé dans le domaine public, n’a pas cessé d’être édité dans des copies de plus ou moins bonne qualité. Celle de cette édition est apparemment tirée d’une copie 35 mm relativement bien conservée détenue par la Bibliothèque du Congrès (Washington) mais on attend toujours une édition de référence pour ce classique dans la filmographie américaine de Firtz Lang. Le scénario de Dudley Nichols s’inspire de celui de Jean Renoir et André Girard adaptant le roman publié en 1930 de Georges de la Fouchardière (créateur du personnage Le Bouif). Fritz Lang, aux USA depuis 1934, avait déjà une filmographie américaine éclectique avec une trilogie sociale, plusieurs films d’espionnages antinazis, quand en 1944 il entreprit de s’aventurer dans le film noir psychanalytique avec La Femme au portrait dont le film suivant, La Rue rouge, partage le casting avec Edward G. Robinson, Joan Bennett, Dan Duryea et le directeur de la photographie Milton R. Krasner. Les deux films sont d’ailleurs assez proches par leur thème et leur découpage. Pour La Rue rouge (nom d’une rue de Greenwich Village où se déroule l’intrigue), le cinéaste, devant composer avec la censure, supprime toute allusion à la prostitution de Kitty mais réussit à conserver l’idée que le meurtrier soit puni par sa conscience et non par la justice humaine. Magnifiquement servi par une photographie esthétisante, La Rue rouge conjugue de nombreux atouts : la direction magistrale d’acteurs de Fritz Lang, la composition admirable des trois comédiens et la force de son récit, sous-tendu par la spirale irréversible du destin. La noirceur de la narration fait écho à l’angoisse existentielle chère au cinéaste qui traite son histoire comme une tragédie antique, là où Jean Renoir avait préféré tabler sur l’ironie du sort. Il en ressort que le caissier aveuglé par une passion de substitution (à son âge qui avance et à son manque d’affection) se laisse abuser sans même chercher à voir l’évidence. La réalisation ne manque pas d’inventivité (épure du tribunal, néon suggestif, ombres signifiantes) jusque dans le choix de John Decker, peintre naïf qui fit les tableaux du film et donne une identité singulière au caissier artiste amateur ennemi de la perspective. À chaque nouvelle vision, ce film souffrant de l’aura de La Femme au portrait qui l’a précédé, est bien plus qu’une variation habile et surprend toujours par son audace visuelle et dramatique : la description de Kitty et de Johnny ne laisse pas le moindre doute sur leur nature véritable (ce qui curieusement ne dérangea pas la censure). Vérités et mensonges, tromperie des apparences, engrenage infernal et duplicité humaine, la société, ainsi décrite par Fritz Lang dans ses comportements les plus vils, n’a rien de très réjouissant : La Rue rouge est film noir très pessimiste sur la nature humaine que seul le remord semble pallier à son amoralité. Un grand film.

 

Blu ray La Rue rouge

Commentaire technique

Image : copie HD, excellente définition, bon contraste, grain argentique, noirs profonds, gamme de gris bien échelonnée, mais présence de défauts (points blancs) pas vraiment nettoyés

Son : mixage anglais 2.0 monophonique, équilibré et clair, léger bruit de fond, des craquements parsèment la bande sonore, spectre limité dans les aigus

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile griseetoile griseetoile grise(2/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0038057/

 

Blu-ray et DVD disponibles sur Amazon


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