Seuls sont les indomptés : un drame magnifique sur la fin d’une époque (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Seuls sont les indomptes 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

Synopsis

Cow-boy authentique, drapé de la nostalgie de l’Amérique des pionniers, Jack Burns déclenche une bagarre dans le seul but de rejoindre son ami Paul Bondi derrière les barreaux. S’il réussit dans son entreprise, Paul, condamné pour avoir aidé des Mexicains à franchir la frontière, préfère purger sa peine plutôt que de la suivre dans son projet d’évasion. Désormais fugitif, Jack Fonce, à brides abattues sur sa jument tandis qu’hélicoptères et voitures de police toutes sirènes hurlantes l’encerclent comme autrefois les Indiens encerclaient les caravanes…

• Titre original : Lonely Are the Brave
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame, western
• Année : 1962
• Réalisation : David Miller (et Kirk Douglas)
• Casting : Kirk Douglas, Gena Rowlands, Walter Matthau, Michael Kane, Carroll O'Connor, George Kennedy, William Schallert
• Durée : 1 h 47 mn 18
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais, français
• Bonus : Une parabole moderne, documentaire d'Eric Pacoud (2006, 25 mn 40) - entretien avec Bertrand Tavernier (2006, 20 mn 21) - rencontre avec Kirk Douglas (2002, 14 mn 31)
• Éditeur : Sidonis Calysta

Commentaire artistique

Un cow-boy solitaire, de grands espaces en CinemaScope, d’âpres paysages rocailleux : Seuls sont les indomptés (Lonely Are the Brave) à tout du western d’antan sauf que, dès la scène d’ouverture, des avions dans le ciel et des automobiles sur les routes alertent sur l’époque, nous sommes en 1960 et Jack Burns, interprété par Kirk Douglas, est un vacher anachronique qui n’est plus à sa place dans un monde qui a désespérément changé. La production du film est assurée par la société de la star qui indiquait (cf. bonus) qu’il s’agissait de son film préféré. Adapté d’un roman d’Edward Abbey, « The Brave Cowboy » (1956), le scénario, signé Dalton Trumbo, est si bien écrit qu’il sera tourné tel que sans la moindre modification : exceptionnel ! C’est Philip H. Lathrop qui a l’honneur de filmer en 2.35 noir et blanc, à la manière d’un documentaire rigoureux, les déambulations du cowboy à l’ancienne, désabusé par la découverte d’un monde qui lui échappe, dans les superbes sites naturels du Nouveau Mexique, région d’Albuquerque et escarpements des monts Sandia. Qualifié avec justesse de western crépusculaire, Seuls sont les indomptés est réalisé par David Miller, un cinéaste très lié à Dalton Trumbo, même si Kirk Douglas revendiquera avoir en grande partie assuré la coréalisation. Bien que le film repose, en effet, sur les épaules de l’acteur, omniprésent à l’écran, le reste de son casting est digne d’intérêt : dans le rôle féminin, Gena Rowlands fait la preuve de son incomparable talent d’actrice et de sa superbe photogénie tandis que celui du shérif opiniâtre est incarné avec une grande intensité par Walter Matthau. Dans des rôles secondaires, essentiels à l’action, Bill Raisch (Le Fugitif, 1963) en manchot vindicatif, George Kennedy en shérif adjoint brutal et antipathique et Carrol O’Connor en camionneur symbolisant la fatalité sont tout aussi excellents. Pour être complet il faut souligner la place majeure dans le récit que tient Whisky, la jument cabotine de Jack. Structuré en deux parties, Seuls sont les indomptés débute par le retour de Jack Burns à la civilisation, ses déconvenues et les déboires qui s’ensuivent, puis la seconde partie est centrée sur la fuite palpitante du cowboy dans la montagne : une poursuite périlleuse dans laquelle Kirk Douglas aura été forcé de prendre des risques (cf. bonus) en assurant lui-même ses cascades. Pour sa première composition musicale pour le cinéma, Jerry Goldsmith écrira la belle partition énergique qui sous-tend le suspense. Toute l’originalité dramatique de Seuls sont les indomptés fonctionne sur le contraste qui sépare deux mondes radicalement opposés, celui daté du cowboy qui se déplace à cheval, vit en solitaire dans la nature et refuse tous les freins sociaux (barbelés, prison, macadam) et celui moderne de l’American Way of Life, avec cuisine intégré, voiture et électricité, qui sonne la fin du Far West traditionnel. Dès les premières scènes, la place de Jack dans ce nouveau monde est comptée : c’est tout l’enjeu de ce magnifique « western » qui oscille sans cesse entre différentes approches fascinantes : drame, humour, romance, action. Si toute la séquence de la poursuite finale est particulièrement spectaculaire, Seuls sont les indomptés n’est pas à court de scènes fortes et nostalgiques : la retrouvaille avec l’amour de jeunesse, le combat avec le manchot dans le bar, la prison pour rejoindre un ami hélas trop timoré (Michael Kane). La composition exemplaire de Kirk Douglas traduit à la perfection les désillusions de ce cowboy déphasé qui vit encore dans un Ouest passéiste du 19eme siècle, fondé sur la liberté totale de l’individu (symbolisé par la scène du barbelé) que les temps modernes semblent contraindre, sinon interdire. Vendu par le studio comme un western, Seuls sont les indomptés, qui télescope plusieurs genres, s’apparente plutôt à un drame contemporain qui, d’ailleurs, avait été titré au départ The Last Hero. Si ce « vrai-faux » western remarquable bénéficie d’une édition technique à la hauteur, la nouvelle version éditée par Sidonis Calysta se contente de recycler les bonus de son DVD de 2006 au moment où sort le blu-ray américain édité par Kino Lorber avec de nombreux  suppléments nouveaux, en particulier la BOF de Jerry Goldsmith sur une piste audio séparée. Quoiqu’il en soit, Seuls sont les indomptés est un magnifique portrait de héros confronté aux bouleversements irréversibles de son environnement traditionnel : à ne rater sous aucun prétexte.

 

Blu ray Seuls sont les indomptes

Commentaire technique

Image : copie HD, nouveau Master 2K, superbe définition en dépit d’un grain argentique non négligeable, les contrastes sont bien maitrisés en basse comme en haute lumière, image très propre aux défauts minimalistes, noirs denses, blancs nuancés, gris bien étagés et homogènes

Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, pas de distorsion ni de souffle perceptible, belle dynamique qui favorise la partition attrayante de Jerry Goldsmith ; VF 2.0 monophonique soignée et dynamique qui ne peut rivaliser avec les voix de la VO

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0056195/

 

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