Jabberwocky : le premier film de Terry Gilliam (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Jabberwocky 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

À la mort de son père, le jeune Dennis décide de tenter sa chance en ville dans l'espoir de conquérir le cœur de sa dulcinée, Griselda, restée au village. Pendant ce temps, un horrible monstre surnommé Jabberwocky fait régner la terreur, tuant et anéantissant tout sur son passage. Voyant son royaume + menacé, le roi Bruno le Contestable promet la main de sa fille à celui qui terrassera la bête…

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• Titre original : Jabberwocky
• Support testé : Blu-ray
• Genre : fantastique, comédie
• Année : 1977
• Réalisation : Terry Gilliam
• Casting : Michael Palin, Harry H. Corbett, John Le Mesurier, Warren Mitchell, Max Wall, Rodney Bewes, John Bird, Bernard Bresslaw, Terry Gilliam, Neil Innes, Terry Jones
• Durée : 1 h 46 mn 00
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,85/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 et 1.0 anglais
• Bonus HD : Jabberwocky : bonne absurdité, Making of avec Terry Gilliam, Sandy Lieberson, producteur, Michael Palin et Annette Badland (2017, 40 mn 49) - Valerie Charlton : naissance d'un monstre, comment la créatrice du monstre a été engagée, remerciée puis réengagée sur le film (2017, 14 mn 45) - ouverture originale du film : ouverture de la version anglaise du film en 1977 (3 mn 36) - Des croquis à l'écran : carnet de dessins de Terry Gilliam (7 mn 00) - Jabberwocky de Lewis Carroll : le poème lu par Michael Palin et Annette Badland (2017, 1 mn 27) - bande annonce originale (1 mn 27) - bande annonce 2019 (1 mn 25)
• Éditeur : Carlotta Films

Commentaire artistique

Même si un parfum de Monty Python flotte sur Jabberwocky, film réalisé par Terry Gilliam en 1977, il ne faudra pas se laisser abuser par la présence au générique de certains membres de la troupe comme Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam lui-même. En effet, ce film truculent en hommage au poème de Lewis Caroll cherche justement à se démarquer de la loufoquerie nonsensique qui faisait la renommée de la troupe du Flying Circus et du film Monty Python : Sacré Graal ! (1975). La confusion a cependant été de mise puisque qu‘il faudra même un procès pour que la production retire le nom « Monty Python » du titre du film en cours d’exploitation ! Adapter sur grand écran le poème énigmatique qu’Alice découvre en traversant le miroir relevait de la gageure cinématographique mais, heureusement Lewis Carroll, avec son art de triturer les mots, avait laissé une large place à l’interprétation de son écrit. Comme le poème marque le début de l’exploration par Alice du monde de l’étrange existant au-delà du miroir, la fantaisie et le non-sens y sont de rigueur. On comprend alors l’intérêt que ce poème suscita pour un des membres des Monty Python, Terry Gilliam, artiste à l’imagination débordante, qui avait fait ses premiers pas au cinéma en signant les animations de Monty Python : Sacré Graal !. C’est avec Charles Alverson qu’il construit un scénario autour du mince argument tiré du poème : tuer le « Jabberwocky », un monstre à tête d’oiseau, à l’aide d’une épée « vorpal ». Les scénaristes imaginent que l’aventure du tueur du monstre, Dennis (Michael Palin) un véritable anti-héros, se déroulera dans une Angleterre médiévale dépeinte sans concession : le tableau grinçant de la société d’alors avec sa saleté et ses mœurs brutales est d’une grande noirceur, ce qui n’exclue pas la dérision et le comique décalé. Pour évoquer cette époque de ténèbres, peuplée de divers protagonistes improbables, voire inénarrables, comme le roi Bruno le Douteux (Max Well), Passelewe (John Le Mesurier), le porteur de rocher (Terry Gilliam) ou l’imposante Griselda (Annette Badland), le réalisateur a investi les châteaux de Pembroke et de Chepstow au Pays de Galles. Pour les intérieurs, tournés aux studios de Shepperton, faute de budget à la hauteur, Terry Gilliam a fait preuve de débrouillardise en réutilisant, après modifications, les décors ruinés du film Oliver ! (1968) de Carol Reed, les costumes de Alfred Le Grand (1969) de Clive Donner et en limitant drastiquement le tournage à des prises uniques. Quant au monstre il a été conçu par Valerie Charlton (cf. bonus), une spécialiste des modèles de créatures qui avait travaillé sur Monty Python : Sacré Graal ! et œuvra par la suite sur divers films des Monty Python et de Jim Henson. Pour ce premier long métrage en solo, la mise en scène de Terry Gilliam montre déjà la démesure et le vent de folie que le cinéaste va faire souffler sur ses films : incomparable, sa réalisation brille par sa virtuosité visuelle baroque (avec inspiration picturale de Jérôme Bosch et Pieter Breughel : cf. bonus) et son aptitude à maitriser aussi bien son casting éclectique et talentueux, l’esthétique singulière de son évocation moyenâgeuse que ce mélange savant d’absurdité et de truculente qui caractérisent son style. Jabberwocky est un film irrévérencieux qui n’hésite pas, en filigrane, à se moquer du pouvoir politique, de l’ordre établi et de la bureaucratie. Il a été aussi remarqué l’importance accordée par le scénario aux problèmes mercantiles (productivité, guilde, etc.) et aux effets pernicieux de la crise qui profite à certains (nobles, église) peu enclins à laisser le peuple sortir de la précarité. Comédie picaresque à souhait, Jabberwocky anticipait la prolifique carrière de Terry Gilliam ponctuée de réalisations inventives comme il sera aisé de la constater grâce à cette version fort bien restaurée. Savoureux.

 

Blu ray Jabberwocky

Commentaire technique

Film restauré en 2017 par BFI National Archive et The Film Foundation en 2017, avec le financement de la George Lucas Family Foundation et avec la participation du réalisateur Terry Gilliam. Le film a été numérisé en résolution 4K sur un scanner de film Arriscan et restauré en résolution 4K à partir du négatif 35 mm d'origine plus d'autres éléments d'origine. La restauration pour le nouveau master 4K respectant la photographie et la texture originales du film, a été réalisée par L'Immagine Ritrovata de Bologne. Le mixage surround a été remixé en 2001 à partir des enregistrements multipistes magnétiques monophoniques d’origine par Andre Jacquemin au Redwood Studios de Londres (logiciel iZotope RX) afin de redonner un nouveau dynamisme aux dialogues, à la musique et aux effets. Restauration approuvée par Terry Gilliam.

Image : copie HD, excellente définition et piqué d’autant plus remarquable que le film a été tourné en 35 mm, grain argentique omniprésent mais très homogène, image absolument vierge de tout défaut, belle gestion des contrastes avec une densité maitrisée surtout dans les nombreuses séquences aux éclairages réduits, étalonnage singulier « moyenâgeux », colorimétrie plus ou moins froide aux tons saturés dans les marrons et les verdâtres

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Son : mixage 5.1 anglais (remix, original en monophonie), dialogues clairs au centre, excellente dynamique (tournoi, musiques), spatialisation très limitée et frontale avec peu d’effets surrounds, usage efficace du LFE ; les puristes préfèreront la version 1.0 monophonique d’origine, claire et dynamique, sans distorsion ou saturation

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0076221/

 

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