Doris Day & Rock Hudson La trilogie romantique : le duo mythique et l’inénarrable Tony Rendall (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Trilogie romantique 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

Confidences sur l'oreiller : un homme et une femme partagent une ligne téléphonique tout en se méprisant. Un beau jour, l'homme décide de s'amuser un peu en maquillant sa voix pour séduire la jeune femme.

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Un Pyjama pour deux : Jerry Webster et Carol Templeton travaillent tous deux dans la publicité. Mais les méthodes de Jerry (alcool et femmes pour s'assurer la signature de contrats) ne plaisent guère à Carol qui va tout faire pour l'éjecter du circuit…

Ne m'envoyez pas de fleurs : un hypochondriaque pense qu'il va vraiment mourir. Alors il met sur pied un plan pour trouver un nouveau mari à sa femme avant de mourir. Mais elle découvre que quelque chose se prépare dans son dos…

• Titre français : Confidences sur l'oreiller - Un pyjama pour deux - Ne m'envoyez pas de fleurs
• Titre original : Pillow Talk - Lover Come Back - Send Me No Flowers
• Support testé : Blu-ray
• Genre : comédie
• Année : 1959, 1961, 1964
• Réalisation : Michael Gordon, Delbert Mann, Norman Jewison
• Casting : Rock Hudson, Doris Day, Tony Randall (1) Thelma Ritter, Nick Adams, Julia Meade, Allen Jenkins, Marcel Dalio, Lee Patrick, Edie Adams (2) Edie Adams, Jack Oakie, Jack Kruschen, Ann B. Davis, Howard St. John (3) Paul Lynde, Hal March, Edward Andrews, Patricia Barry, Clint Walker
• Durée : 1 h 42 mn 28 - 1 h 46 mn 55 - 1 h 39 mn 47
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1 - 1,85/1 - 1,85/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais, français
• Bonus communs : livret de 72 pages « Rock Hudson & Doris Day La trilogie romantique suivi de Pour Doris Day, un portrait » par Denis Rosanno - dans la même collection
• Bonus sur le Blu-ray Confidences sur l'oreiller : le film par Jean-Pierre Dionnet (9 mn 48) - Les films de Doris Day & Rock Hudson (2009, VOST, 5 mn 11) - Au lit pour des confidences sur l’oreiller (2009, VOST, 21 mn 58) - bande annonce (2 mn 19)
• Bonus sur le Blu-ray Un pyjama pour deux : le film par Jean-Pierre Dionnet (4 mn 35) - Doris Day par Jean-Pierre Dionnet (13 mn 25) - bande annonce (2 mn 31)
• Bonus sur le Blu-ray Ne m'envoyez pas de fleurs : le film par Jean-Pierre Dionnet (6 mn 47) - Rock Hudson Day par Jean-Pierre Dionnet (15 mn 39) - bande annonce (1 mn 56)
• Éditeur : Elephant Films

Commentaire artistique

Doris Day, âgée de 97 ans, s’est éteinte chez elle en Californie le 13 mai 2019 : ce coffret constitue un bel hommage à cette star, aussi grande actrice qu’excellente chanteuse, à la carrière bien remplie (cf. livret bonus). La trilogie des Sex Comedies qui la réunit à l’écran avec Rock Hudson démontre sans équivoque la facette comique de son immense talent de comédienne, aussi sexy et glamour que désarmante et pétulante de candeur. C’est grâce au producteur Ross Hunter que la star, âgée de 37 ans, va relancer sa carrière en perte de vitesse dans les années 50 avec la comédie Confidences sur l'oreiller. Cette comédie ajoute une touche décisive au profil de femme séduisante de Doris Day : le glamour, largement mis en valeur par ses parures somptueusement extravagantes et par une photographie au Technicolor éclatant. Cette comédie lui adjoint un partenaire de prestige, lui-même sex-symbol, le remarquable Rock Hudson qui, forcément, rend la star encore plus attrayante. La connivence entre les deux stars sera immédiate et se verra à l’écran. Autre partenaire de la trilogie des films tournés par le duo, Tony Randall constitue l’élément comique qui contrebalance la séduction masculine incarnée par Rock Hudson. Réalisées dans les années 60, brusquement ouverte à la révolution sexuelle, les comédies convenables de la trilogie ont eu un effet pervers sur l’image renvoyée par la star qui se plaindra d’être cantonnée au rang de « girl next door », une image renforcée par les scénarios analogues des trois films tournant autour de la fille qui veut coucher puis ensuite être épousée et par l’aspect très désuet de l’ambiance American Way of Life (maison, cuisine, voiture) des sixties mythifié par Hollywood. Critiquée pour incarner la jolie fille saine et vierge en pleine révolution sexuelle, Doris Day était pourtant une magnifique concrétisation du fantasme masculin (cf. livret) : il suffira de revoir ces trois comédies pour s’en assurer et apprécier ce qui fait le sel de la trilogie : leur romantisme de pacotille et leurs dialogues percutants chargés de sous-entendus.

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Hormis Ross Hunter, personne ne croyait au succès que récolta à sa sortie Confidences sur l'oreiller (1959), pas même Rock Hudson qui avait refusé à plusieurs reprises de jouer dans cette comédie qui sera un immense triomphe commercial. Le flair du producteur est pour beaucoup car il a su anticiper l’attente du public, en partie féminin, pour le divertissement qui permettait de s’évader de la morosité de l’existence. Le film est confié au réalisateur Michael Gordon qui avait jusque-là était remarqué pour sa version oscarisée de Cyrano de Bergerac (1950) avec José Ferrer et qui revient au cinéma après de graves problèmes de stress liés au maccarthysme. Le scénario, dont les droits appartenaient à Martin Melcher, mari de Doris Day, est basé sur l’argument éculé du quiproquo dont Ross Hunter saisit l’intérêt dramatique si il est traité sur le mode comique très énergique de la Screwball Comedy. L’idée de génie est de transformer Confidences sur l'oreiller en une Sex Comedy dont les situations (Split Screen des baignoires) et les dialogues mordants ne cessent d’être sexuellement allusifs. Le film va révéler au public que la gentille fille sage Doris Day pouvait être aussi une femme attractive sexuellement ! Pour ce faire, les meilleurs talents d’Hollywood sont sollicités : costumes et coiffures de Jean-Louis, décors et accessoires de Russell A. Gaussman er Ruby R. Levitt, photographie en Scope et Eastmancolor d’Arthur E. Arling. Bien évidemment le choix de Rock Hudson dans son premier rôle comique est parfaitement en adéquation et, avec le recul, ne manque de sel lorsqu’on le voit jouer un macho qui se fait passer pour un homosexuel ! Les seconds rôles sont également bienvenus : Thelma Ritter incarne une inénarrable bonne portée sur la bouteille et Tony Randall excelle en fils à papa et ami inconditionnel. L’alchimie générale du film fonctionne encore parfaitement et, malgré son aspect désuet, cette comédie brillante, aux sous-entendus constamment fripons et parfois très explicites (chanson « Possess Me »), est un vrai bonheur à revoir dans sa version restaurée : un festival de couleurs.

Le succès de Confidences sur l'oreiller impliquait inévitablement une suite conformément à l’économie hollywoodienne de rentabilité : ce sera Un pyjama pour deux (1961) réalisé par Delbert Mann mais sans Ross Hunter remplacé par Robert Arthur. L’intrigue est très proche de celle de la comédie précédente et le casting semblable, hormis Thelma Ritter qui manque à l’appel, mais Jack Oakie la remplace, en jouant un des deux savoureux congressistes du récit tandis que la jolie Edie Adams déploie son potentiel sexy en starlette de pub. Cette fois-ci Doris Day doit ses tenues élégantes et ses chapeaux invraisemblables à la grande créatrice de mode Irène. Malgré son titre très allusif, Un pyjama pour deux n’est pas aussi délibérément porté sur le sexe que Confidences sur l'oreiller même si il reste omniprésent en particulier dans plusieurs scènes carrément machistes, voire même racistes. L’intrigue, toujours fondée sur le quiproquo et le faux-semblant, développe en plus, sous son aspect absurde, une critique acerbe de la société et du monde de la publicité. Si l’on retrouve toutes les caractéristiques burlesques et esthétiques qui avaient assurés le succès du film précédent, Un pyjama pour deux, aussi sophistiqué soit-il, ne pourra pas l’égaler, car il a tout de la suite remake forcément moins novatrice. Qu’on se rassure, Doris Day et Rock Hudson n’ont rien perdu de leur sex-appeal et Tony Randall demeure un impayable président de société.

Troisième opus réalisé en 1962 par Norman Jewison, Ne m'envoyez pas de fleurs adapte une pièce jouée à Broadway et scénarisée par Julius J. Epstein (coauteur de Casablanca, 1942) qui atténue l’acidité des deux comédies précédentes en modifiant de nombreux éléments, notamment en transformant Rock Hudson (George) en hypocondriaque diminué dominé par la sature d’un rival joué par Clint Walker (Bert) ! Désormais il est marié avec Doris Day (Judy), vit loin de Manhattan et a pour voisin l’inénarrable Tony Randall (Arnold). L’intrigue fonctionne encore sur le quiproquo mais adopte cette fois-ci la tonalité d’une farce surprenante sur la mort : Rock Hudson affirmera avoir détesté le scénario. Certes Ne m'envoyez pas de fleurs est bourré de gags efficaces inspirés du burlesque mais le film ne parvient pas à renouveler la vitalité des opus précédents bourrés de sous-entendus sexuels. On peut y voir une description sans concession des burbs (banlieues) sans charme et une critique directe des médecins et des pompes funèbres. Si les comédiens sont toujours impeccables et talentueux, leur image en prend un coup : il est probable que de voir Doris Day jouer la femme au foyer obéissante, dénuée de glamour, et Rock Hudson abandonner sa légendaire virilité explique le demi-succès du film. Mais, fort heureusement, le savoir-faire indiscutable du réalisateur réussit à rendre cette comédie hilarante malgré son humour noir. Ne m'envoyez pas de fleurs, qui fut le dernier film réunissant le couple romantique par excellence des comédies américaines des années 60, mérite bien la vision.

 

Blu ray Trilogie romantique

Commentaire technique

Confidences sur l'oreiller

Image : copie HD, Master restauré, très belle définition, superbe restitution des textures (garde-robe colorée de Doris Day), piqué sur les gros plans, grain argentique discret (tournage en 35 mm CinémaScope), image propre, magnifique contraste et image très lumineuse, étalonnage chatoyant, colorimétrie chaude aux teintes vives et saturées
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, pas de distorsion, excellente dynamique qui profite à la musique et aux chansons ; VF 2.0 monophonique, doublage ancien et soigné, niveau plus élevé que la VO, voix détachées des ambiances manquant de naturel

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Un pyjama pour deux

Image : copie HD, Master restauré, excellente définition, piqué sans faille, grain argentique discret (tournage en 35 mm), excellent contraste, étalonnage chatoyant, colorimétrie somptueuse aux teintes vives très saturées
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs et équilibrés, pas de distorsion, excellente dynamique sur la musique de Frank de Vol, les chansons et les ambiances ; VF 2.0 monophonique, claire, bonne dynamique, doublage daté et voix mixées trop en avant

Ne m'envoyez pas de fleurs

Image : copie HD, Master restauré, bonne définition mais manque parfois de piqué selon les plans, grain argentique prononcé (tournage en 35 mm), image lumineuse et propre au contraste maîtrisé, étalonnage chatoyant, colorimétrie vive aux tons saturés
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, pas de distorsion, excellente dynamique, pas de défaut ; VF 2.0 monophonique claire, doublage daté, voix détachées des ambiances et peu naturelles

Notre avis

Image : (1,2) etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5) (3) etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

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IMDb
Confidences sur l'oreiller : https://www.imdb.com/title/tt0053172/
Un pyjama pour deux : https://www.imdb.com/title/tt0055100/
Ne m'envoyez pas de fleurs : https://www.imdb.com/title/tt0058571/

 

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