Hiroshima : une vision cauchemardesque mais salutaire (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Hiroshima 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Synopsis

Hiroshima, début des années 1950. Professeur au lycée, Kitagawa constate que nombre de ses élèves souffrent des séquelles de la bombe atomique. Il entame alors une discussion avec eux. Face à l'ignorance et à l'indifférence des Japonais, et afin que les victimes ne soient pas contraintes de vivre dans l'ombre de la société, ils estiment nécessaire que leurs compatriotes se rappellent ce jour si fatidique du 6 août 1945…

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• Titre original : Hiroshima
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1953
• Réalisation : Hideo Sekigawa
• Casting : Eiji Okada, Yumeji Tsukioka, Yoshi Katō, Takashi Kanda, Isuzu Yamada
• Durée : 1 h 44 mn 27
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Piste sonore : DTS-HD MA 1.0 monophonique japonais
• Bonus : Hiroshima, le cinéma et l'imaginaire du nucléaire au Japon, essai de Jasper Sharp, écrivain, programmateur et réalisateur britannique, spécialiste du cinéma japonais (2020, HD, Hiroshima, Cinema and Japan’s Nuclear Imagination, 33 mn 24)
• Éditeur : Carlotta Films

Commentaire artistique

Hiroshima est présenté sur cette édition Blu-ray en version originale intégrale haute définition assortie d’un excellent essai, presque sans musique, de Jasper Sharp sur la manière dont le cinéma japonais a abordé les deux bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Cet essai très instructif nous apprend que le film d’Hideo Sekigawa n’a pas été le premier sur ce sujet sensible qui semble avoir paralysé les cinéastes nippons. Une première fiction, Les Enfants d’Hiroshima, en partie tourné sur place, a été réalisée par Kaneto Shindô juste après que le traité de San Francisco (8 septembre 1951) ait redonné au Japon sa souveraineté et levé la censure instaurée par les troupes américaines faisant de la Bombe A un sujet tabou. En effet, en septembre 1945, la société Nippon Eigasha avait envoyé des cameramen filmer à Nagasaki et à Hiroshima mais leurs films seront confisqués par l’armée américaine et classés secret défense, tout comme les rushes produits pour l'U.S. Strategic Bombing Survey. Ces films ne seront accessibles que dans les années 60/70 (noir et blanc), voire 80 (couleur) ! Durant l’occupation yankee, une liste noire va aussi proscrire les gauchistes de l’industrie cinématographique mais cette « chasse aux rouges » provoque l’éclosion de productions indépendantes de gauche. C’est ainsi que le syndicat des enseignants japonais (JTU), antimilitariste, va financer les films de Kaneto Shindô et d’Hideo Sekigawa. Peu satisfait par Les Enfants d’Hiroshima, jugé trop tiède, le syndicat compte sur le film Hiroshima qu’il confie à deux communistes : le réalisateur Hidéo Sekigawa et le scénariste Yasutarô Yagi qui signe une adaptation renouvelée de l’ouvrage «Childen of the A-bomb: The Testament of the Boys and Girls of Hiroshima» d’Arata Osada. Dans cette nouvelle version, l’histoire débute, quelques années après l’explosion : le nouvel instituteur Kitagawa (Eiji Okada) découvre le sort de ses élèves contaminés (hibakusha) par la « maladie atomique » encore mal connue, ses tragiques répercussions sociales et psychologiques et le sentiment que le bombardement résulte d’une politique raciste antinipponne. Puis, sans transition, le film change brutalement avec l’éclair atomique suggéré visuellement : en effet les seules photographies existantes de l’explosion, à 580 m au-dessus de la ville, de la bombe atomique « Little Boy » larguée par le B 29 Enola Gay, ont été prise depuis un autre B 29 d’observation. Le film va alors s’astreindre à décrire toutes les horreurs qui s’ensuivent : architectures dévastées, cadavres amoncelés, survivants hébétés et brûlés, avant de se focaliser sur la destinée de l’écolier Endo (Yoshi Katō) devenu un ado traumatisé et asocial. Hiroshima oscille entre lyrisme et horreur documentaire ne perdant aucune occasion de pointer la stupidité de l’armée impériale pour mieux conforter sa démonstration antimilitariste. Tourné huit ans après le bombardement, le film bénéficia d’une assistance locale exceptionnelle : figurants locaux (près de 100 000 !) dont certains hibakushas, entreprises d’Hiroshima, lieux de tournage. Yumeji Tsukioka, actrice célèbre qui incarne Yonehara, était native de la ville et jouera gracieusement. Extrêmement réaliste, quoique parfois un peu maniéré et mélodramatique, mais profondément anti-américain, Hiroshima connaîtra une distribution chaotique et  sera surtout connu grâce à Alain Resnais qui avait inclus certaines de ses scènes dans son film Hiroshima, mon amour (1959) où il dirigea Eiji Okada dans le rôle de l’architecte. Film rarement projeté, Hiroshima reste une des rares fictions japonaise sur le premier bombardement nucléaire d’une ville habitée et sur les conséquences humaines et morales que cette nouvelle arme a imposées aux sociétés contemporaines. Un spectacle terrifiant mais nécessaire.

 

Blu ray Hiroshima

Commentaire technique

Image : copie HD, nouveau Master restauré HD, très bonne définition malgré un grain argentique non négligeable (tournage en 35 mm), bonne restitution des textures (maquillages, gravats), image instable avec des sautes et des défauts, contraste irrégulier avec scintillement, étalonnage homogène, noir solides, gris bien étagés

Son : mixage japonais 1.0 monophonique, voix claires, bonne dynamique, quelques défauts ponctuels (sauts), léger souffle, pas de saturation mais sons légèrement métalliques, aigus défaillants sur les chœurs d’enfants dans la musique d’Akira Ifukube

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0045875/

 

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