Le Goût de la violence : un pseudo western esthétisant qui mérite la vision (en Blu-ray)

Blu ray Le Gout de la violence 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Synopsis

En 1890, dans un pays pauvre d'Amérique latine, des « guérilleros » luttent contre la tyrannie d'un gouvernement autoritaire. La fille du chef d'État, qui voyageait dans un train, est enlevée. Elle doit être emmenée comme otage au quartier général des révolutionnaires. Trois hommes vont l'escorter à travers ce pays en proie à la guerre civile et aux massacres absurdes.

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• Titre original : Le Goût de la violence
• Support testé : Blu-ray
• Genre : aventure, western
• Année : 1961
• Réalisation : Robert Hossein
• Casting : Robert Hossein, Giovanna Ralli, Mario Adorf, Madeleine Robinson, Hans Neubert, Dany Jacquet
• Durée : 1 h 25 mn 27
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1 DyaliScope
• Sous-titrage : français
• Piste sonore : DTS-HD MA 2.0 monophonique français
• Bonus : La Mélancolie du pistolero par Jean-François Giré, monteur, réalisateur, spécialiste du western européen, enregistré le 14 janvier 2021 (20 mn 05) - Le Goût de la violence restauré (3 mn 09) - bande annonce (2 mn 53)
• Éditeur : Gaumont

Commentaire artistique

Lorsque Robert Hossein écrit et réalise Le Goût de la violence, il n’a que 34 ans mais déjà six long-métrages à son actif et comme acteur - dans le film il interprète le chef guérillero Perez - il a déjà une belle expérience au théâtre et au cinéma. On sait depuis que l’un des talents innés du comédien était la mise en scène qu’il a appliquée, à partir de 1975, aux grands spectacles. Le Goût de la violence annonce déjà, en 1961, ce plaisir de diriger les histoires épiques même si, bien plus tard, il considérait ce film comme l’œuvre d’un jeune auteur inexpérimenté. Écrit et dialogué à plusieurs mains, Le Goût de la violence est une coproduction franco-germano-italienne, ce qui peut expliquer son casting cosmopolite. Ce film relève du western, sous-genre guérillero, se déroulant dans un pays non défini d’Amérique Latine. Les soldats rebelles de Perez, aux ordres d’un certain Guzman, sont chargés d’escorter leur otage, le belle Maria (Giovanna Ralli), la fille du Président, enlevée comme monnaie d’échange. Le scénario embarque alors le spectateur dans un road-movie âpre, dans les paysages arides de Yougoslavie et du Monténégro et dans la belle architecture de Dubrovnik, splendidement photographiés en Dyaliscope noir et blanc par Jacques Robin. Hormis quelques séquences avec foule de figurants (l’attaque du train, le champ de maïs, l’entrée dans la ville…), l’essentiel de l’intrigue consiste à suivre le petit groupe qui accompagne Perez et Maria, à savoir Chamaco, un guérillero plutôt fourbe joué avec maestria par Mario Adorf, et Chico, un autre guérillero moins mémorable interprété par Hans Neubert. Au cours d’une scène brève mais décisive, Perez retrouvera sa mère Bianca incarnée par Madeleine Robinson, grande actrice confirmée de théâtre et de cinéma. Les merveilleux cadrages de Jacques Robin sont parfaitement en adéquation avec la mise en scène de Robert Hossein qui nous offre des séquences inoubliables, plus proches du cinéma d’auteur que de le série B d’aventure. Bien avant la veine du western-spaghetti, initiée en 1963/1964, il développe une esthétique mémorable à la limite de l’abstraction (soldats rebelles de la scène du train, fuite dans un champ de maïs, rue bordée de pendus et cortège de veuves, champ avec travellings sur Maria et Perez, scène du rivage) juste ponctuée par la musique d’André Hossein (le père du cinéaste). Le Goût de la violence est un film dépourvu de bavardage inutile, voire presque mutique (Maria ne desserre pratiquement pas les lèvres sur tout le métrage) et assurément hiératique : cela peut rendre ce « western » parfois déroutant et emphatique, mais si on aime les images splendides, les envolées lyriques et le jeu théâtralisé, Le Goût de la violence est un délice. Selon Robert Hossein, le message de gauche porté par le récit nécessitait un peu de courage dans les années 60 : à la sortie, ce film de genre sera taxé d’anarchisme mais saura plaire à la critique. Outre sa réalisation singulière et subtilement lucide, l’intrigue bénéficie d’une interprétation remarquable et il faut saluer la prestance de Giovanna Ralli, une des plus grandes actrices du cinéma italien, dont la présence à l’égal de celle de Madeleine Robinson, est un atout indéniable. Le Goût de la violence est un film en avance sur son temps qui mérite la vision, celle-ci étant rendue encore plus agréable par la restauration impeccable de la copie.

 

Blu ray Le Gout de la violence

Commentaire technique

Image : copie HD, numérisé et restauré en 2016, excellente définition, piqué remarquable sur les détails, grain argentique discret (tournage en 35 mm DyaliScope), image stable et débarrassée de tout défaut, gestion magnifique des contrastes avec des noirs francs et des gris bien étagés, éclairages et textures au top, compression sans heurt

Son : mixage français 2.0 monophonique « lossless », dialogues parfaitement distincts et équilibrés, pas de distorsion, dynamique élevée (musique, train), pas de bruit de fond

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile griseetoile grise(2,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0054939/

 

Blu-ray et DVD disponibles sur Amazon


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