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L'Échine du diable : un conte gothique réussi sur fond de guerre civile espagnole (en Blu-ray et DVD)

Blu ray L Echine du diable 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Synopsis

Alors que la guerre civile déchire l'Espagne, le jeune Carlos trouve refuge à Santa Lucia, un orphelinat perdu dans la campagne dirigé par Mme Carmen. À la nuit tombée, le garçon est mis au défi par ses camarades : il doit traverser la cour de l'établissement pour se rendre à la cuisine, l'obligeant à passer devant la maison du gardien, l'antipathique Jacinto. Une fois sur place, Carlos entend d'étranges soupirs et découvre dans le sous-sol de la bâtisse le fantôme d'un enfant mutilé…

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• Titre original : El Espinazo del Diablo
• Support testé : Blu-ray
• Genre : horreur, drame
• Année : 2001
• Réalisation : Guillermo del Toro
• Casting : Eduardo Noriega, Marisa Paredes, Federico Luppi, Fernando Tielve, Iñigo Garcés, Irene Visedo, José Manuel Lorenzo, Francisco Maestre
• Durée : 1 h 47 mn 27
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,85/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 espagnol, français
• Bonus : coffret Ultra Collector n° 21 contenant le Blu-ray (107 mn 27) et le DVD du film (103 mn 04) - livre «L'Échine du diable : ritournelle gothique en terres hispaniques», un ouvrage inédit écrit par Guy Astic (directeur des éditions Rouge Profond) et Charlotte Largeron (auteure de « Guillermo del Toro. Des hommes, des dieux et des monstres »), en collaboration avec le journaliste Julien Dupuy et accompagné de plus de 70 photos et rares sur les effets spéciaux (200 pages)
• Bonus en VOST sur le Blu-ray : commentaire audio du réalisateur Guillermo del Toro et du directeur de la photographie Guillermo Navarro (VOST) - Marisa Paredes et les fantômes du franquisme, interview de l'actrice (2002, 23 mn 38) - Eduardo Noriega, le mal à l'état 'brute, interview de l'acteur (2002, 12 mn 05) - Démons et merveilles de Guillermo del Toro, interview du réalisateur (2002, 30 mn 13) - Les arcanes du film, rencontre avec l'équipe du film (2002, 19 mn 40) - Making of avec les acteurs et l’équipe technique (2001, 18 mn 40) - les effets spéciaux : la bombe et le personnage de Santi expliqués par le journaliste Julien Dupuy (VF, 2002, 16 mn 34) - cinq comparaisons film/storyboard (VF, 11 mn 46) : générique, installation dans le dortoir, en allant chercher de l'eau, rencontre avec Santi, la bombe - Home Cinema, conversation entre Guillermo del Toro et le réalisateur Fabrice du Welz produite par BeTV (HD, 2018, 86 mn) - bande annonce originale (1 mn 31) - bande annonce 2021 (1 mn 27)
• Éditeur : Carlotta Films

Commentaire artistique

Le n° 21 de la collection Coffrets Ultra Collector est consacré au film L'Échine du diable de Guillermo del Toro sorti en 2001. Comme de coutume, il s’agit d’une édition limitée (3 000 exemplaires) et numérotée avec un visuel exclusif créé par Thomas « Tommypocket » Walker. Le coffret inclut un livre richement illustré (200 pages) et qui constitue une somme sur le film : « L'Échine du diable : ritournelle gothique en terres hispaniques» de Guy Astic et Charlotte Largeron. Élève du grand maquilleur Dick Smith, réalisateur de deux films d’horreur déjà très personnels, Cronos (1993) et Mimic (1997) qui démontraient son potentiel de cinéaste de genre talentueux, Guillermo del Toro expatrié au Mexique puis en Californie, va confirmer, avec son film L'Échine du diable, toute le virtuosité qu’il est capable de déployer sur le plan scénaristique comme visuel. Financé par la société de production des frères Almodóvar, il peut enfin réaliser un ancien projet universitaire qui puise dans l’univers gothique des grands noms de la littérature anglo-saxonne tout en s’inspirant de nombreux sources personnelles : souvenirs familiaux, films d’horreur (L’Esprit de la ruche, 1973), légende mexicaine, bandes dessinées, etc. Cette histoire de fantôme, qui se déroule dans le contexte de la guerre civile espagnole, a été tournée près de Madrid. L’ingéniosité de l’intrigue, mêlant spectre et cupidité, est d’avoir imaginé un fantôme plus empathique qu’effrayant car, chez Guillermo del Toro, les êtres malfaisants ne sont jamais ceux que l’on croie. Dans une institution catholique pour orphelins, isolée au milieu de nulle-part et dirigée par un couple improbable, le docteur Casarès impuissant (Federico Luppi) et Carmen, une femme unijambiste frustrée (Marisa Paredes), l’intrigue nous fait partager la découverte par le jeune Carlos (Fernando Tielve) de cet univers angoissant, qui va l’exclure un temps, et dans lequel le diabolique Jacinto (Eduardo Noriega) est bien plus qu’un simple homme à tout faire. Une virée la nuit au sous-sol mal éclairé pour aller chercher de l’eau, un bassin profond et glauque, une énorme bombe non explosée fichée dans la cour, de fugitives apparitions d’un spectre, des secrets inavoués qui lient les adultes, tout est prétexte pour installer une atmosphère étrange et surnaturelle, mais foncièrement pessimiste et durablement impressionnante. C’est tout l’art de Guillermo del Toro de parvenir à doter ses films, en apparence simplement fantastiques, d’une réelle profondeur. Ainsi L'Échine du diable, son premier film abouti, autorise divers niveaux de lecture et d’analyse, superposant la trivialité d’une histoire ténébreuse désespérante et la force des symboles (fœtus malformé, bombe non explosé, etc.) à propos de cette Espagne qui va bientôt basculer dans le franquisme et qui perdra ses illusions idéalistes et toute compassion humanitaire. L'Échine du diable est un drame captivant, plus politique qu’horrible, qui a bénéficié de multiples atouts : parfaite direction d’acteurs, qualité esthétique et signifiante de sa photographie (par le cinéaste lui-même), maestria de sa mise en scène. À propos de ce film, le réalisateur déclarera avoir enfin pu exercer sans contrainte son style visuel et narratif au service d’un « conte gothique sur fond de guerre » qu’il considère comme l’une de ses œuvres préférées. Il s’en souviendra d’ailleurs pour diriger son futur chef-d’œuvre oscarisé Le Labyrinthe de Pan (2007) qui partage bien des thèmes avec L'Échine du diable. Un film majeur à voir et à revoir dans une copie techniquement excellente.

 

Blu ray L Echine du diable

Commentaire technique

La restauration 2K, supervisée par le réalisateur Guillermo del Toro et le directeur de la photographie Guillermo Navarro, a été réalisée à partir du scan du négatif original 35 mm sur un scanner Arriscan

Image : copie HD, superbe définition et piqué remarquable sur les détails, grain argentique discret (tournage en 35 mm avec caméras Moviecam, Master Format 2K), image propre, excellente gestion nuancée du contraste surtout dans les plans en basse lumière, noirs profonds et image lumineuse (extérieurs ensoleillés), étalonnage naturaliste magnifique, colorimétrie chaude aux teintes saturées expressionniste, tons nuancés

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Son : mixage espagnol 5.1, dialogues très distincts et équilibrés, dynamique excellente sur les scènes d’action aux ambiances portées par la musique de Javier Navarrete, spatialisation très impressionnante assurant une immersion constante dès que nécessaire, surrounds sollicités avec efficacité, recourt énergique au LFE (explosion) ; VF 5.1, doublage soigné même si il ne peut restituer l’accent hispanique, voix claires, excellente dynamique

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0256009/

 

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