PUBLICITÉ

Johnny Guitare : un western unique et un chef-d’œuvre du genre (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Johnny Guitare 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

Synopsis

Armé de sa seule guitare, Johnny Logan renoue avec Vienna, une vieille connaissance qui, désormais propriétaire d'un saloon isolé, attend que le chemin de fer en construction arrive jusqu'à elle. Une perspective qui n'est pas du goût des éleveurs de la région, inquiets que le train n'y déverse des flots de colons. Également suspectée de cacher le « hors-la-loi » Dancing Kid et ses complices accusés de meurtre, Vienna a plus que jamais besoin de la protection de cet homme surgi du passé…

LA SUITE APRÈS LA PUB

• Titre original : Johnny Guitar
• Support testé : Blu-ray
• Genre : western mythique
• Année : 1954
• Réalisation : Nicholas Ray
• Casting : Joan Crawford, Sterling Hayden, Mercedes McCambridge, Scott Brady, Ward Bond, Ben Cooper, Ernest Borgnine, John Carradine, Royal Dano, Frank Ferguson, Paul Fix, Rhys Williams, Ian MacDonald
• Durée : 1 h 49 mn 56
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais, français
• Bonus : édition limitée en Digibook contenant le Blu-ray et le DVD du film - un livre rédigé par Patrick Brion (80 pages)
• Bonus sur le Blu-ray : introduction du film par Martin Scorsese (VOST, 3 mn 28) - entretien avec Bertrand Tavernier pour ARTE (2018, 36 mn 25) - présentation du film par Jean-François Giré (2021, 20 mn 18) et Patrick Brion (2021, 21 mn 37) - clip Peggy Lee chante Johnny Guitar (4 mn 13) - bande annonce musicale (2012, 2 mn 58) - bande annonce originale (VO, 2 mn 59)
• Éditeur : Sidonis Calysta

Commentaire artistique

Western unique qualifié de féministe, voire d’existentiel, Johnny Guitare est un authentique chef-d’œuvre du genre réalisé par Nicholas Ray en 1954. L’antagonisme foncier, dans le film comme dans la vraie vie, de ses deux remarquables actrices, Joan Crawford et Mercedes McCambridge, fut le moteur d’un scénario écrit par Philip Yordan à partir d’un roman de Roy Chanslor dont il ne conserva pas grand-chose, ayant pour prescription d’amplifier le rôle de Joan Crawford. C’est en effet la star qui avait acheté les droits du livre pour en faire un film dans lequel elle serait la grande vedette aux côtés de Claire Trevor et Paul Newman. Mais finalement ce seront Mercedes McCambridge et Sterling Hayden qui partageront le générique. Or tous ces acteurs ne s’entendaient pas entre eux, spécialement les deux actrices. De plus, comme Joan Crawford (diva exigeant que tous ses gros plans soient filmés en studio) et Sterling Hayden (incapable de jouer de la guitare, de monter à cheval et d’utiliser un révolver) étaient des acteurs difficiles à gérer, c’est un miracle que Nicolas Ray, fortement dépressif, ait pu terminer son film, et quel film, dont il était très mécontent. Johnny Guitare, qui fut produit en plein période de la « chasse aux sorcières » promulguée par le sénateur MacCarthy, a été réalisé par un cinéaste soupçonné de gauchisme et qui dirigea Sterling Hayden, l’acteur masculin principal qui sera blacklisté après été amené à livrer quelques noms, et Ward Bond, un second rôle fameux, qui était fasciste et grand pourfendeur de communistes ! Les rôles qui leur seront confiés reflétaient symboliquement leur vraie nature, un sacré pied-de-nez à la censure, tandis que l’intrigue était construite pour dénoncer symboliquement le maccarthysme. D’ailleurs Johnny Guitare reste un des rares films de l’époque qui a délibérément contourné la règle du Code exigeant la punition de tous les méchants avant le générique final. Ce western atypique va assurément plus loin, dès qu’on l’analyse, puisqu’il n’hésite pas à pervertir les codes du genre : la place prépondérante est ainsi laissée à deux héroïnes savamment caractérisées par les couleurs de leurs costumes. Ces femmes jalouses, déterminées à assumer leur rôle dans la société et leur inclination amoureuse, résoudront leur différent comme des hommes par un duel au pistolet : un final d’anthologie. Dans ce film, pas de héros charismatique : Johnny (Sterling Hayden) n’est qu’un pistolero sur le retour, Dancing Kid (Scott Brady) est un bandit sans prestance convoité par les deux femmes, le shérif John McIvers (Ward Bond) favorise le lynchage, Bart (Ernest Borgnine) veut en découdre à tout prix, etc. Deux rôles secondaires échappent à ce tableau bien noir : Old Tom (John Carradine) et le Marshal Williams (Frank Ferguson). Filmé en Trucolor, un procédé rare à la colorimétrie ultra saturée, Johnny Guitare n’est pas un western naturaliste : la savante composition du cadre et le choix sophistiqué des couleurs (absence de bleu, noir et blanc à l’honneur) n’a d’autre intention que de tirer le film vers une dimension symbolique et lyrique dont l’abstraction et la modernité auront une influence durable sur certains cinéastes notamment de la Nouvelle Vague (cf. introduction de Martin Scorsese qui qualifie le film d’opéra paroxystique). Mal aimé à sa sortie aux USA, Johnny Guitare a été très bien reçu en Europe où l’on a su décrypter, au-delà de son intrigue captivante et fertile en rebondissements malgré une évidente carence budgétaire, la richesse allégorique de sa condamnation de toute forme de censure. À ne manquer sous aucun prétexte.

 

Blu ray Johnny Guitare

Commentaire technique

Image : copie HD, images restaurées, bonne définition globale mais flou systématique sur le visage de Joan Crawford (filtre, raccord en studio), piqué moyen, grain argentique homogène (tournage en 35 mm, master Format 4K), format 1,37/1 qui ne respecte pas le format 1,66/1 prévu (respecté sur le BRD américain d’Olive Films 2016), excellente gestion du contraste avec des basses lumières nuancés et des noirs profonds, image assez propre, étalonnage somptueusement chaud, colorimétrie très saturée du Trucolor, tons vifs

Son : mixage anglais 2.0 monophonique restauré, dialogues clairs et équilibrés, excellente dynamique (chevauchée, incendie, échange de coups de feu) qui favorise la composition romantique de Victor Young, pas de distorsion ; VF 2.0 monophonique, niveau beaucoup plus faible que la VO, doublage soigné mais ancien, légère perte dans les hautes fréquences

LA SUITE APRÈS LA PUB

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0047136/

 

Combo Blu-ray/DVD et DVD disponibles sur Amazon


Autres articles pouvant vous intéresser sur ON-mag et le reste du web



PUBLICITÉ

Abonnez-vous à notre newsletter

 

ON-mag fait partie de Coopetic Medias SIC-SA à capital variable, immatriculée au RC Paris, n° 80457246900018
Informations légales, contacts, rédaction, publicité, cookies, signaler un abus