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The Servant 4K : le chef-d’œuvre de Joseph Losey splendidement restauré (en UHD et en Blu-ray)

UHD The Servant 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Synopsis

À Londres, Tony, un aristocrate jeune et brillant, vivant dans une luxueuse demeure du XVIIIè siècle, engage Hugo Barrett comme domestique. Ce dernier se révèle être un valet modèle, travailleur et intelligent. Mais Susan, la fiancée de Tony, n'apprécie pas le comportement de Barrett, lui trouvant quelque chose de malsain…

• Titre original : The Servant
• Support testé : UHD
• Genre : drame
• Année : 1963
• Réalisation : Joseph Losey
• Casting : Dirk Bogarde, Sarah Miles, Wendy Craig, James Fox, Catherine Lacey, Richard Vernon, Ann Firbank, Doris Nolan
• Durée : 1 h 55 mn 37
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : au choix 1,66/1 ou 1,75/1 Noir et Blanc (HDR10, Dolby Vision)
• Sous-titrage : français, allemand
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais, français, allemand
• Bonus : édition collector avec l’UHD et le Blu-ray du film + un Blu-ray de bonus
• Bonus en VOST sur le Blu-ray : Chacun connaît sa place, à la recherche des lieux de tournage avec l’écrivain et réalisateur Adam Scovell (15 mn 01- Dirkologiy, essai vidéo avec l’historien du cinéma Matthew Sweet et le critique Phuong Le sur Dirk Bogarde et The Servant (40 mn 34) - interview de James Fox par Richard Ayoade (47 mn 21 - interview de Wendy Craig (5 mn 42) - interview de Sarah Miles (10 mn 47) - interview de Stephen Woolley (11 mn 03) - Harry Burton parle d’Harold Pinter (2007, 13 mn 36) - John Coldstream parle de Dirk Bogarde (19 mn 25) - interview audio de Douglas Slocombe par Matthew Sweet le 15 octobre 2012 (19 mn 18) - Joseph Losey & Adolphus Mekas au New York Film Festival en 1963 (27 mn 58) - interview d’Harold Pinter dans Tempo (1965, 31 mn 35) - Joseph Losey parle de The Servant (5 mn 58) - film annonce (2 mn 45) - galerie de photographies (0 mn 28)
• Éditeur : StudioCanal

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Commentaire artistique

Bien avant sa consécration au Festival de Cannes en 1971 pour Le Messager, Joseph Losey, réalisateur américain, exilé depuis 1952 au Royaume-Uni pour sympathie communiste, signe son premier chef-d’œuvre The Servant, adapté du premier roman paru en 1948 de Robin Maugham (neveu de William Somerset Maugham) et traduit sous le titre «Le serviteur» en 1951. Le scénario initial d’Harold Pinter était destiné à un film réalisé par Michael Anderson mais lorsque Joseph Losey reprend le projet, il demande au dramaturge de remanier son adaptation. The Servant est tourné à Londres (cf. bonus) pendant l’hiver rigoureux de 1962 : la maison de Tony (James Fox), au cœur de la mise en scène, est censée se situer à Chelsea (extérieurs filmés dans la rue où vivait Joseph Losey) mais sera construite en studio pour permettre au chef opérateur Douglas Slocombe (cf. bonus audio) de réussir ses cadrages spectaculaires et de doser ses éclairages de manière à suggérer avec précision les ambiances des diverses séquences (oisiveté, beuverie, angoisse, sexe, etc.). Pour Joseph Losey, l’idée de transposer le roman au cinéma avec Dirk Bogarde remontait à 1956 mais le comédien estimait à l’époque, avec raison, que cette histoire trouble et perverse n’aurait pas franchi la censure alors qu’à partir des années 60 (cf. bonus) elle allait se montrer plus tolérante. Avant d’incarner brillamment le «domestique » ambigu Hugo Barrett, Dirk Bogarde était surtout connu comme un beau-gosse de films d’aventures dont l’indéniable potentiel dramatique finira pas être révélé dans le film La Victime de 1961. Dans The Servant il est associé à l’excellent James Fox dont c’était le premier rôle de cinéma et qui aurait été engagé à l’instigation de sa petite amie de l’époque, Sarh Miles (cf. bonus) qui joue Vera, la vamp sournoise et « sœur » sexy de Barrett. Quatrième personnage majeur de l’intrigue, l’infortunée Susan, amoureuse de son fiancé Tony, est jouée par la jeune actrice Wendy Craig dont l’interprétation de fille de la classe aisée manipulée par Barrett est tout à fait convaincante. C’est grâce à ces divers caractères que le duo Joseph Losey, le marxiste, et Harold Pinter, le dramaturge, parvient à dresser un tableau caustique et brillant de l’aristocratie britannique arrogante, refermée sur elle-même et au bord de la chute (affaire Profumo en 1963). Dans cette perspective, l’amoralité de la classe supérieure aux mœurs déliquescentes est efficacement soulignée par l’excellence de la mise en scène, l’intensité de l’interprétation et la superbe esthétique de la cinématographie. Le vertige suggestif des cadrages (jeux de miroirs, d’escaliers, d’ombres) accentue la dimension sordide des liens savamment tissés entre les couples, Hugo/Vera et Tony/Susan, sous-tendues par l’équivoque des relations Hugo/Tony. Toutes ces interactions sont d’autant plus fascinantes que le spectateur aura bien du mal à cerner la personnalité trouble et insaisissable de Barrett tandis que celle de Tony, déchiré entre Susan et Tony, ne semble guère plus limpide. Sans jamais exprimer clairement, autrement que par un recourt génial au décor de la demeure de Tony, les rapports sado-masos ou homosexuels pourtant sous-jacents, The Servant livre une terrifiante description des liens sociaux qui unissent (attirance) ou assujettissent (dépendance) les divers protagonistes. Dans le détail, le film est un prodige de construction visuelle où les symboles ne cessent de confirmer l’ambiguïté constante des rapports qui s’établissent, consciemment ou inconsciemment, entre le jeune aristocrate blond et son valet brun, jusqu’à l’inversion des rôles. Magistral. Un très grand film dans une très belle édition UHD qui, sans raison, a fait l’impasse des quatre Artcards et du livret de 64 pages fournis avec l’édition britannique 4K du film.

 

UHD The Servant

Commentaire technique

Restauration en 2020 cher Silver Salt à partir du scan 4K du négatif original sur un scanner Arriscan avec de nombreuses heures de travail et un étalonnage HDR

Image : copie UHD, définition exceptionnelle et piqué chirurgical sur les gros plans, texture cinéma grâce à la conservation du grain argentique discret et homogène (tournage en 35 mm sur pellicule Kodak Double-X 5222, Master Format 2020 4K), copie propre et stable proposée en deux format 1,66/1 et 1,75/1 sans que la différence de cadre ne soit franchement meilleure dans l’un ou l’autre format, remarquable travail HDR sur les contrastes avec des noirs francs, des blancs splendidement nuancés ne cachant aucun détail de l’image, respect spectaculaire de la graduation dans l’échelle des gris, le tout au service de la magnifique photographie de Douglas Slocombe merveilleusement restituée

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Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues extrêmement clairs et parfaitement équilibrés, pas de distorsion, excellente dynamique sur les ambiances et sur la musique jazzy de John Dankworth ; VF 2.0 monophonique claire mais doublage à éviter car réduisant à néant la modulation singulière des dialogues dits par des comédiens anglais d’exception…

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0057490/

 

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