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La Comtesse aux pieds nus : une version acerbe de Cendrillon (en Blu-ray et DVD)

Blu ray La Comtesse aux pieds nus 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Synopsis

C'est sous la pluie, dans un cimetière italien, que le réalisateur hollywoodien Harry Dawes assiste à l'enterrement de la comtesse Torlato-Favrini. Il se remémore sa première rencontre avec la défunte. Elle n'était pas encore comtesse, ni star de cinéma, juste Maria Vargas, danseuse ensorcelante et sauvage d'un cabaret madrilène…

• Titre original : The Barefoot Contessa
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1954
• Réalisation : Joseph L. Mankiewicz
• Casting : Humphrey Bogart, Ava Gardner, Edmond O'Brien, Marius Goring, Valentina Cortese, Rossano Brazzi, Elizabeth Sellars, Warren Stevens
• Durée : 2 h 10 mn 14
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,85/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 anglais - DTS-HD MA 1.0 monophonique anglais, français
• Bonus : coffret Ultra Collector en édition limitée et numérotée avec le Blu-ray et le DVD du film - livre « Mankiewicz contre Cendrillon » dirigé par Marc Moquin et Alexandre Piletitch de Revus & corrigés, agrémenté de nombreuses photos rares (160 pages)
• Bonus sur le Blu-ray : Conte défait, entretien avec Samuel Blumenfeld (HD, 2022, 29 mn 04) - Ciné-regards : Joseph L. Mankiewicz de Jean Douchet (INA 17 octobre 1981, 52 mn 47) - bande annonce originale (HD, 1 mn 52)
• Éditeur : Carlotta Films

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Commentaire artistique

Coffret n° 24 de la collection Coffrets Ultra Collector, en édition limitée et numérotée, La Comtesse aux pieds nus bénéficie d’une luxueuse présentation avec un visuel exclusif créé par Anne Benjamin et d’un livre conséquent qui détaille par le menu les diverses étapes et enjeux de la production du film assorti d’un nombreuses photographies rares. Lorsque Joseph Mankiewicz entreprend de préparer ce nouveau film juste après la difficile genèse de son Jules César (1952), il s’est désormais affranchi de la tutelle de la MGM et a créé sa propre maison de production Figaro inc. Le scénario de son futur long métrage fait beaucoup parler de lui car il est question d’évoquer, en les revisitant, certains faits authentiques de la carrière de Rita Hayworth (qui refusera le rôle de Maria Vargas) : d’ailleurs l’auteur attaqué par Howard Hugues sera contraint d’affirmer que l’intrigue et les personnages sont fictifs. Pourtant les coïncidences sont troublantes : similitudes avec la vraie carrière de la star et des réels protagonistes qui l’ont entouré (producteur, mari, collaborateurs, etc.). Le sujet est si audacieux que la plupart des stars féminines des années 50 souhaitent ardemment le rôle, en particulier Jennifer Jones, mais le choix du cinéaste va se limiter à deux actrices, Elizabeth Taylor et Ava Gardner, cette dernière étant finalement l’heureuse élue. Une aubaine de comédienne car le film est incontestablement un des chefs-d’œuvre de Joseph J. Mankiewicz qui ne fera pas mystère de ses intentions : raconter un conte de fée modernisé et désabusé, « une version amère de Cendrillon » selon le cinéaste qui précisera avoir voulu faire du prince « charmant », joué subtilement par Rossano Brazzi, un homosexuel (cf. bonus). Libéré de la pesanteur du système hollywoodien, le réalisateur peut enfin tourner un film « européen » à sa convenance qu’il filme en Italie et en France, même si le personnage du metteur en scène Harry Dawes (son alter ego) est incarné par l’excellent Humphrey Bogart qui a, en plus, la lourde charge d’assumer, en voix off, un commentaire presque continu. Si sa mise en scène est brillante et exemplaire, La Comtesse aux pieds nus doit beaucoup au charisme et à la troublante photogénie d’Ava Gardner et à l’excellence des seconds rôles dotés d’une réelle épaisseur psychologique, en particulier celui d’Oscar Muldoon, qui vaudra à son interprète Edmond O’Brien l’Oscar du meilleur second rôle pour ce film, ou celui de la femme de Dawes incarnée par Elizabeth Sellars. Les indéniables qualités formelles du film résultent aussi du travail extraordinaire de Jack Cradiff sur la photographie, qui a su mettre en valeur les magnifiques bijoux et les vêtements chatoyants conçus par Fontana et les décors fascinants d’Arrigo Equini. Toute cette perfection est au service d’une histoire romantique d’ascension sociale qui ne cherche jamais à embellir son tableau des milieux corrompus du 7e Art et de la jetset aristocratique dans lequel elle se déroule. A l’instar de son superbe film Ève que le cinéaste consacra au théâtre en 1950, La Comtesse aux pieds nus est une sorte de pendant sur le cinéma. Sa structure compliquée, à base de narration fragmentée et de flash-back, est un excellent révélateur sur l’état d’une certaine société régie par la réussite individuelle, le profit et l’ambition : une peinture sans concession sur les mœurs hollywoodiennes que Joseph L. Mankiewicz pouvait enfin observer à distance et sans contrainte. Un authentique chef-d’œuvre.

 

Blu ray La Comtesse aux pieds nus

Commentaire technique

Image : copie HD, assez bonne définition mais entravée par des franges colorées (dues à l’alignement imparfait des trois films du procédé Technicolor trichrome) qui brouillent la précision et affaiblit le piqué (tournage en 35 mm Technicolor trichrome, Master Format 2K), grain argentique omniprésent mais texture très fine, image propre, bonne gestion du contraste pour une image lumineuse aux noirs tranchés, étalonnage très chaud, colorimétrie chatoyante privilégiant les couleurs vives et les tons saturés (rouge) mais variables selon les plans (cf. enterrement)

Son : mixage anglais 5.1 (remix : le son monophonique original, également disponible, a été enregistré avec le procédé Perspecta Sound Recording), bon clarté des dialogues mais voix off omniprésente un peu en retrait, bonne dynamique sur les ambiances (cabaret) et la musique suggestive de Mario Nascimbene, spatialisation très discrète aux effets surrounds presque inaudibles, la VO mono fait aussi bien avec un niveau supérieur ; VF ancienne, claire et dynamique, mais spectre limité

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0046754/

 

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