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Ragtime : une fresque historique lucide sur l’Amérique de la Belle-Époque (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Ragtime 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5).

Synopsis :

Au début du XXe siècle, un homme noir devient pianiste de jazz. Il gagne ainsi correctement sa vie et aspire à fonder une famille. Mais peu de temps avant son mariage, il est victime d'une injustice de la part d'hommes blancs qui n'acceptent pas de le voir rouler au volant de sa voiture neuve. Tout le monde autour de lui l'incite à ne pas envenimer la situation. Mais il ne peut accepter de voir ses droits bafoués et nourrit une profonde aspiration à voir reconnaître ses droits. Après la mort de sa fiancée, un engrenage s'enclenche…

• Titre original : Ragtime
• Support testé : blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1981
• Réalisation : Miloš Forman
• Casting : James Cagney, Brad Dourif, Moses Gunn, Elizabeth McGovern, Kenneth McMillan, Pat O'Brien, Mandy Patinkin, Mary Steenburgen, Howard E. Rollins JR, Jeff Daniels, Fran Drescher, Samuel L. Jackson
• Durée : 2 h 35 mn 08
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1 (Todd-AO 35) Couleur et Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 anglais - DTS-HD MA 2.0 français
• Bonus en VOST sur le blu-ray séparé : Forman Versus Chytilova, portrait de Milos Forman, réalisé pendant le tournage de Ragtime par Vera Chytilova (1981, 1 h 24 mn 24) - Remembering Ragtime, interviews de Milos Forman, Brad Dourif, Michael Hausman, producteur, et Patrizia von Brandenstein, directrice artistique (2004, 17 mn 45) - American Tapestry, interview de Milos Forman (2000, 15 mn 56) - séquence coupée (9 mn 53) - bande annonce (1 mn 16) - Mediabook de 32 pages
• Éditeur : Arte Éditions et l’Atelier d’images

Commentaire artistique

« Ragtime » est un roman d’E. L. Doctorrow, publié en 1975, qui s’inspire d’un livre allemand « Michael Kohihaas » d’Heinrich von Kleist narrant le jusqu’au-boutisme de Michael Kohihaas désireux d’appliquer sa propre justice et dont l’histoire a été déclinée en quatre films. Le roman d’E. L. Doctorrow - qui aurait préféré une adaptation sous la forme d’une série télévisée - transpose l’intrigue dans l’Amérique des années du début du 20e siècle sur fond de crise sociale et de ségrégationnisme, dressant un portait peu flatteur du rêve américain. Scénarisé par Michael Weller, Ragtime est produit par Dino de Laurentiis et réalisé par Miloš Forman après la défection de Robert Altman. Le film consacre le retour d’un géant du cinéma hollywoodien James Cagney (dont la santé était chancelante : ce sera son dernier rôle), qui remplace l’acteur prévu Jack Nicholson, et qui retrouve ici son alter-ego Pat’O’Brien. Mais le rôle principal de Coalhouse Walker Jr. est confié au novice Howard E. Rollins, enseignant et acteur de théâtre, qui sera épaulé par un casting hétéroclite : l’écrivain Norman Mailer, les acteurs plus ou moins connus tels que Brad Dourif, Samuel L. Jackson, Jeff Daniels et Donald O’Connor. Les deux actrices principales, Elizabeth McGovern et Mary Steenburgen, devront à ce film une notoriété accrue. Entre les mains du cinéaste oscarisé pour Vol au-dessus d’un nid de coucou, cette grande fresque américaine, en partie tournée en Angleterre, n’aura pas le succès escompté et sera souvent oubliée dans sa filmographie. Il faut dire que la version prévue par Miloš Forman, privé du final cut, aurait dû être différente et nettement plus longue selon son montage de 160 minutes qui sera amputé de 20 minutes par Dino de Laurentiis (cf., bonus : la séquence supprimée et floutée avec l’activiste Emma Goldman qui avait nécessité trois semaines de travail !). Le foisonnement de personnages du roman est limité à quelques caractères emblématiques et à ses allusions historiques nombreuses sont évoquées par de courtes séquences en noir et blanc (Roosevelt, Houdini, Booker T. Washington…). La reconstitution soignée du décorateur John Graysmark, notamment la bibliothèque J.P. Morgan reconstituée au studio de Shepperton, est splendidement photographiée par Miroslav Ondricek, chef opérateur attitré du réalisateur. Une part importante de l’évocation est dévolue à la bande originale composée par Randy Newman qui restitue toute la dynamique du « Ragtime », une musique afro-américaine jouée jusque vers 1920 et célébrée par Scott Joplin dans les années 70. Ragtime est composé de deux histoires qui s’articulent autour d’une famille ayant fait fortune et dont les membres participent aux événements. Dans un premier temps, le film raconte l’affaire d’Harry Kendall Thaw, riche héritier atteint d’aliénation, qui tua en 1906 l’architecte Stanford White, ex-amant de sa femme Evelyn Nesbit, très joliment interprétée par Elizabeth McGovern : ce fait divers a été longuement évoqué dans le film de Richard Fleischer, La Fille sur la balançoire (1955). La seconde partie de Ragtime est totalement accaparée par la soif de justice dramatique de Coalhouse Walker Jr - autour d’une Ford T emblématique de l’enrichissement des afro-américains - qui dénonce le racisme de la période, la collusion des pouvoirs et la faillite du système. En tant que cinéaste confronté aux vicissitudes politiques de son pays natal et aux problèmes d’intégration (il sera naturalisé en 1977), Miloš Forman concilie la description d’une société américaine qu’il connaît de l’intérieur avec le recul nécessaire d’un regard extérieur (même si le cinéaste a toujours refusé d’être rangé comme un réalisateur européen). Cependant, loin de s’engager dans une superproduction à thèse, il excelle par sa direction d’acteurs à livrer une étude de caractères contrastés, subtilement et émotionnellement fascinants, sans jamais sacrifier ni au spectacle, ni au message défendu : du grand art. Nous ne saurions conseiller pour bien apprécier ce grand film injustement minimisé de regarder l’excellent travail de la réalisatrice Vera Chytilova donné en bonus et de profiter de la lecture du livret riche en enseignements. Ragtime est un film passionnant qui, par un renversement de tendance, est même aujourd’hui sur-qualifié de chef-d’œuvre.

 

Blu ray Ragtime

Commentaire technique

Image : copie HD, version restaurée, une belle définition qui n’est pas toujours extrêmement piquée (filmé sur pellicule argentique 35 mm) avec une légère granulation, l’image est propre, nettoyée des défauts de l’âge, le contraste est bon, parfois un peu dense, l’étalonnage est chaud et lumineux avec une colorimétrie chatoyante aux tons réalistes

Son : mixage anglais 5.1, dynamique, c’est un remixage puisque le film était monophonique mais cette version qui est la seule proposée n’est pas choquante, les dialogues sont dominants au centre, la spatialisation très mesurée profite occasionnellement aux ambiances et surtout à la musique ; la VF est monophonique sans éclat et artificielle

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue(4/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0082970/

 

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