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Théâtre : Tout mon Amour de Laurent Mauvignier au Théâtre du Rond-Point

Tout Mon Amour

Arnaud Meunier met en scène l’indicible, l’étrange, dans Tout mon Amour, un drame rassemblant les membres d’une famille suite à un décès familial.

Tout tourne en boucle dans cette pièce où semblent se matérialiser des fragments d’une tragédie qui a eu lieu il y a dix ans. Dans cet affrontement permanent entre la mère et le père se reprochant la disparition d’une fille, erre de façon quasi permanente la présence d’un passé tenace qui ne veut pas disparaître, transformant le présent en une sorte de cauchemar répétitif.

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Cette pièce aux contours indéfinissables entretient avec ceux qui ont disparu une surprenante continuité, semblant abolir ce qui devrait séparer de manière tangible, irréfutable, le monde des morts et des vivants. Ainsi ne sommes-nous que partiellement étonnés lorsque de soudaines intrusions dans le réel d’une jeune fille bousculent d’une certaine façon notre conception bien arrêtée sur les frontières soi-disant définitives existant entre la réalité et l’imaginaire. Un des points marquants de cette pièce flirtant constamment entre deux univers se constitue d’incroyables et déstabilisants dialogues s’installant entre le père et le grand-père fraîchement revenu d’outre-tombe. Ces dialogues se révèlent comme particulièrement meurtriers, revanchards, car en effet le grand-père errant dans cet univers qu’il vient à peine de quitter déverse avec fureur toute la haine qu’il a semble-t-il accumulée à l’égard de son fils, le chargeant sans réserve de tous les échecs, de tous les naufrages. On ne peut qu’admirer le type de mise en scène choisi par Arnaud Meunier, contournant tous les écueils d’un récit naviguant entre le monde des morts et celui des vivants. Il met aux prises les protagonistes de ce drame sans pour autant sombrer dans la vulgarité et l’appel au sensationnel. Pour réussir ce challenge, encore fallait-il réunir une distribution à la hauteur d’un tel enjeu. C’est chose faite avec la participation de deux acteurs émérites tels qu’Anne Brochet, d’une grande justesse dans le rôle de la mère, et de Philippe Torreton, tout aussi impressionnant dans le rôle périlleux du père. En ce qui concerne le reste de la distribution, Ambre Febvre, Romain Fauroux et Jean-François Lapalus remplissent avec conviction les rôles d’Elisa, du fils et du grand-père. Citons aussi la réussite de la création musicale de Patrick de Oliveira.

Un spectacle fort, hanté de ténèbres, qu’il faut à tout prix découvrir.

Texte de Michel Jakubowicz

Plus d’infos

  • Tout mon Amour de Laurent Mauvignier
  • Mise en scène : Arnaud Meunier
  • Collaboration artistique : Elsa Imbert
  • Avec : Anne Brochet (la mère), Romain Fauroux (le fils), Ambre Febvre (Elisa), Jean-François Lapalus (le grand-père), Philippe Torreton (le père)
  • Assistante à la mise en scène : Parelle Gervasoni
  • Scénographie : Pierre Nouvel
  • Création lumière : Aurélien Guettard
  • Création musicale : Patrick de Oliveira
  • Costumes : Anne Autran
  • Coiffures et maquillages : Cécile Kretschmar
  • Constuction décor et costumes : Ateliers de la comédie de Saint-Etienne
  • Théâtre du Rond-Point, Salle Jean Tardieu
    2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt
    75008 Paris
  • Du 17 mai au 4 juin 2022, à 21 h
    www.theatredurondpoint.fr


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Théâtre du Rond-Point, Arnaud Meunier, Anne Brochet, Romain Fauroux, Ambre Febvre, Jean-François Lapalus, Philippe Torreton

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