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3 solutions pour écouter des disques 78 tours

vinyle 78 tours gramophone platine cellule

Le vinyl boom, ou la renaissance du microsillon, on connaît. Mais on parle rarement des 78 tours, ou disques à sillon dit « standard », le plus souvent recouverts de gomme-laque (ou « shellac » en anglais), qui ont popularisé l'enregistrement musical dans la première moitié du XX° siècle, avant d'être remplacés par les disques vinyle à microsillon de 33 ou 45 tours.

Mon oncle me racontait récemment l'histoire de mon grand-père aviateur, qui transportait à bord un gramophone à manivelle, et le faisait jouer sur l'aile après avoir atterri. C'est alors posée la question de comment lire sa collection de 78 tours, précieusement conservée depuis les années 1930. ON Mag vous présente donc ces quelques pistes.

Au fait, c'est quoi un 78 tours ?

L'appellation « 78 tours » regroupent par extension l'ensemble des disques d'avant les années 1950 et l'avènement du disque vinyle microsillon tournant à 33 ou 45 tours/minute. La norme de vitesse 78 tours fut imposée par la compagnie nord-américaine Victor à la fin des années 1920, mais de nombreux disques ont été pressés avant pour des vitesses variant de 60 à 120 tours/minute. Un « 78 tours » c'est donc un disque à vitesse de lecture spécifique.

gomme laque 78 tours

Les têtes de lecture à grosse aiguille des premiers phonographes pesant plus de 100 g, il fallait aussi des disques résistants. Le sillon, plus large que celui des « vinyles » actuels, était donc gravé dans de la gomme-laque, ou « shellac » en anglais (bien que d'autres essais aient eu lieu notamment en celluloïd), constituée de sécrétions de cochenille dissoutes dans de l'alcool et mélangées entre autres à de l'ardoise (miam!).

Enfin, les disques 78 tours nécessitent une pré-amplification spécifique, puisqu'ils ont été pressés avant l'avènement de la norme de pré-amplification RIAA de 1954, qui est encore en 2016 celle de nos préamplis et entrées phono. Auparavant, les compagnies pressaient leurs disques selon une courbe de pré-amplification propre. Écouter un 78 tours, c'est donc utiliser une certaine vitesse de lecture, une cellule ou aiguille adaptée et une pré-amplification spéciale.

La solution old school, en lecture mécanique

Après tout, pourquoi ne pas tourner la manivelle jusqu'au bout et écouter les disques en gomme-laque sur les appareils mécaniques avec lesquels nos anciens le faisaient ? Cela permet de profiter du son de l'époque, et c'est le top en terme de charme. Pour les réparations, plusieurs antiquaires et experts font encore le job, et des pièces de rechange se vendent en ligne.

vinyl

Pour les appareils à manivelle, attention à ne pas les laisser remontés, pour éviter l'usure du ressort et donc l'altération de la vitesse. Aussi, veiller à bien changer d'aiguille au maximum après la lecture de quatre morceaux ou faces, pour éviter l'usure excessive du sillon. Il est recommandé d'éviter les aiguilles les plus fortes ou à utilisation multiple, qui risquent aussi d'endommager le sillon. Il existe enfin des aiguilles en fibre organique ou en bois, moins agressives, mais dont les avantages sont controversés.

La solution fresh, avec une platine à vitesse réglable

Cependant, la lecture de 78 tours sur gramophone reste dégradante pour les disques, car les aiguilles épaisses et la pression de la tête de lecture ne sont pas douces avec les sillons. Aussi, tout comme avec le support vinyle, la technologie d'enregistrement de l'époque des 78 tours était bien supérieure à la technologie de lecture. Ainsi, lire ses disques en gomme-laque avec une platine et une tête de lecture modernisées permet de profiter beaucoup plus amplement de la musique pressée sur les sillons.

Shure DSH M78S P 700

Des marques comme Sure, Grado, Ortophon, Audio-Technica ou encore Rega offrent des cellules pour 78 tours à aiguilles de 2,5 mm à 4 mm qui permettent d'attaquer le sillon avec un angle différent de celui des gramophones, et en lisent ainsi une partie moins usée. Attention, il ne s'agit pas d'utiliser une cellule pour 33 tours ou 45 tours, car celle-ci endommagerait le sillon des disques gomme-laque. Inversement, l'utilisation d'u

ne cellule 78 tours sur un disque vinyle aurait des effets désastreux sur le microsillon. Les tarifs pour une cellule neuve pour gomme-laque débutent à 80 € et peuvent aller jusqu'à plusieurs centaines d'euros.

De nombreuses platines fournissant une vitesse de lecture adaptée sont disponibles en seconde main. Notamment certains modèles Dual, Lenco ou Thorens dont il est possible de faire varier la vitesse à partir de 60 et parfois jusqu'à 90 tours par minute. Mais il existe aussi des platines vinyles neuves d'entrée ou de milieu de gamme 33/45/78 tours avec préampli (attention, souvent RIAA) et sortie USB intégrés, par exemple chez Denon, TEAC ou Technics.

Pro ject platine vinyle Phono 1XpressionIII Comfort automatique

On trouvera aussi des modèles haut de gamme dont il faudra changer la courroie en plus de la cellule pour optimiser la lecture en 78 tours, par exemple chez Pro-Ject (voir article ON Mag). Toutes ces platines peuvent s'acheter à partir de 150 € pour les plus basiques et jusqu'à plusieurs milliers d'euros en sommet de gamme.

La solution top audio

Les platines vinyle haut-de-gamme, cela vous va bien, mais vous voulez entendre votre 78 tours selon l'enregistrement de l'époque, avec la pré-amplification exacte du constructeur et en abîmant le moins possible l'irremplaçable sillon, peut-être même dans le but de le numériser dans sa plus belle forme pour en faire profiter les générations futures.

La lecture

Pour cela, il existe une solution sans aiguille ni contact physique avec le sillon : la platine vinyle laser, qui braque cinq rayons sur le sillon, au plus loin possible des zones usées par l'aiguille des gramophones d'antan. Les platines japonaises ELP LT (pour Laser Turntable, à partir de 8 200 €) le font sans numériser le signal, soit en gardant une lecture analogique des 78 tours (voir article ON Mag).

Platine vinyle laser LT Ultimate Titre

Le nettoyage

Il conviendra aussi d'avoir des disques impeccablement nettoyés, et là il ne s'agit pas d'utiliser de l'alcool (qui dissout la gomme-laque!) ou des produits pour disques vinyles. Il faut d'utiliser des produits spécifiquement conçus pour la gomme-laque, ou simplement de l'eau distillée sur un feutre doux (à frotter bien dans le sens du sillon, hein!). Il existe aussi des machines à laver les vinyles compatibles avec ce type de disque, comme on en trouve par exemple chez Pro-Ject pour environ 470 € (voir article ON Mag).

Pro Ject Vinyl Cleaner S P 600

La pré-amplification

Reste encore la question de la pré-amplification, puisque comme précisé plus haut, la courbe assurée par les préamplificateurs RIAA pour vinyle ne conviendra pas exactement à celle des enregistrements de l'époque. Pour cela, il existe plusieurs solutions audiophiles qui permettent de régler la pré-amplification des disques selon le constructeur dont ils sont issus, comme préamplificateur Momentum de Dan D'Agostino (28 000 $), ou, plus abordable, le Cyrus Phono Signature (1 800 €). Il existe aussi un préamplificateur universel français nommé Colibri. Vendu à partir de 600 € il permet d'utiliser 12 modes de pré-amplification différents.

colibri preampli universel 78 tours gomme laque

Enfin, pour la numérisation des disques (voir article ON Mag) dans des conditions audiophiles optimales, on pourra aussi le convertisseur Joplin de M2Tech (2 000 €) qui permet de d'enregistrer touts types de disques en Hi-Res Audio avec jusqu'à 20 courbes de pré-amplification différentes.

Photos : Hindustan Times, Little Black Book

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