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[Test] Naim Audio DAC-V1 et NAP-100 : fait pour s’entendre

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coeur-ontopaudioLors du dernier CES de Las Vegas, Naim Audio avait fait grand effet avec son tout nouveau convertisseur autonome compatible 384 kHz, équipé d'un port USB asynchrone, d'un amplificateur casque et d'une vraie fonction préamplification, le DAC-V1. Son format le destinait à se marier avec un nouvel amplificateur de puissance, le NAP-100, nous avons écouté ce couple et il nous a enchantés.

Naim Audio a depuis quelques années fait une entrée remarquée dans le monde de la musique dématérialisée avec des solutions comme le NDS, le NDX, le HDX-SSD (serveurs et lecteurs réseau), le SuperUniti, et l’UnitiServe il y a peu. Voici que cette marque s’attaque à un marché différent avec ce convertisseur externe autonome avec entrée USB asynchrone faisant aussi fonction de préamplificateur et d’amplificateur pour casques, l’objet étant proposé à un prix somme toute raisonnable. Une solution qui pourrait s’exploiter seule, en compagnie d'un ordinateur, d'un casque haute qualité et d’une paire d'enceintes amplifiées, mais le savoir-faire de cette marque en matière d’amplificateur l’a poussé à concevoir le compagnon idéal de ce DAC-V1 avec un petit bloc de puissance taillé dans le même châssis, le NAP-100. Nous les avons eus en main quelques temps, et notre joie fut immense devant tant de musicalité.

Le DAC-V1 avec entrée USB asynchrone "bit-perfect"

Naim Audio, comme d’autres constructeurs britanniques, a franchement pris tout son temps pour sortir un convertisseur externe, car les ingénieurs pensaient tout simplement que le fameux problème de jitter (dont nous vous parlons si souvent) était éliminable uniquement en collant la source des données, c’est-à-dire à l’époque les mécaniques de lecture, au plus près du convertisseur. Un modèle séparé était pour eux une hérésie, mais c’était sans penser à l’évolution des modes d’écoute aujourd’hui de plus en plus tournée vers la dématérialisation. Tout le problème fut donc, pour le département de recherche de chez Naim Audio, de trouver le moyen de contourner ce fameux phénomène de jitter (gigue numérique en français), les fameuses erreurs, ou problèmes de synchronisation, entre l’horloge de l’émetteur (le lecteur) et celle du récepteur (le convertisseur) qui surviennent lors du transfert du flux numérique de la source au convertisseur. On comprend mieux que le premier DAC ne soit sorti qu’en 2010 (voir article ON Magazine) après bien des recherches et des solutions, jusqu'à trouvé celle paraissant musicalement acceptable pour les oreilles intransigeantes de l'équipe Naim Audio.
Manifestement le nouveau DAC-V1 intègre une version simplifiée par rapport aux autres modèles (rapport qualité/prix oblige). Nous avons appris que ce dernier peut être comparé technologiquement à leur gros convertisseur DAC avec son système de mémoire RAM buffer en entrée suivi d’une multitude d’oscillateurs, mais en version plus simple (à la place de la dizaine pour le modèle DAC, l’ajustement de la tension des VCOXs est lié à deux horloges maîtres : 44.1 kHz et ses multiples et 48 kHz et ses multiples pour le DAC-V1). Pour l’entrée USB, Naim Audio a fait appel à un circuit de streaming Audiophilleo APT1 qui repose sur une solution ARM Intel 32 bits. C’est une solution logicielle complète, basée sur le fameux "bit Perfect", avec entrée USB de classe 2 donc sans pilote pour les ordinateurs Mac. Toutes les autres opérations sont gérées par un DSP ADSP21489 de chez Analog Devices.

Ensuite nous avons découvert une puce de conversion Burr-Brown PCM1791A 24 bits/748 kHz (comme on le voit dans le NDX et le SuperUniti) avec un filtrage sur-mesure (une exclusivité Naim Audio, avec pas plus de précision et un suréchantillonnage 16 fois la fréquence). Naim Audio a semble-t’il choisi le meilleur filtrage numérique pour son appareil d’où l’absence de choix pour l'utilisateur comme avec d’autres appareils (ce qui n’est pas plus mal). L’entrée USB asynchrone acceptera donc sans problème des signaux allant jusqu’à 384 kHz et le raccordement sur MAac se fera sans l’installation d’un pilote, ce qui n’est pas le cas avec les ordinateurs fonctionnant sous Windows. Ces pilotes d’installation sont téléchargeables sur le site Naim Audio et nous conseillons même aux futurs et heureux propriétaires de ce convertisseur d’aller y faire un tour. Naim Audio n’a pas hésité à y inclure toutes les configurations nécessaires pour en tirer le meilleur pour chaque logiciel de lecture : Amarra, Audivarna, Foobar, JPlay, JRiver, et Pure Music pour faire fonctionner iTunes en haute résolution. C’est très sympathique et professionnel, car beaucoup de mélomanes n’ont pas cette culture informatique. Le manuel d’emploi en français indique également un certain nombre de manipulations à effectuer pour en tirer le maximum rapidement de l'appareil.

La connectique et ses larges possibilités

Le DAC-V1 dispose, comme nous venons de le dire, d’une entrée USB asynchrone lui permettant de se connecter directement à un ordinateur avec une résolution très enviable. Mais il offre aussi une entrée numérique avec BNC, à laquelle s’ajoutent deux RCA et deux optiques Toslink qui iront toutes jusqu’à 24/192 kHz avec une isolation galvanique entre les sections numériques et analogiques afin de se prémunir des interférences digitales sur les signaux analogiques. A ce propos, précisons que les circuits de gain (ce DAC étant un véritable préamplificateur) sont formés autour de composants haute qualité avec un schéma de montage type Classe A qui affiche un très bas taux de distorsion. Cette partie amplificatrice fonctionne en haute tension, ce qui lui permet d'alimenter des casques à impédance élevée. Le potentiomètre de volume est analogique comme dans les appareils haut de gamme.
Le bloc d’alimentation est, comme d’habitude chez Naim Audio, surdimensionné avec un énorme transformateur torique et trois capacités Kemet de 10 000µF.
Le DAC-V1 peut se placer facilement n’importe où, sur un bureau, ou plus habituellement au plus près des enceintes lorsqu’il est utilisé avec son bloc NAP-100. Il se connectera à plusieurs sources dont un ordinateur et même à un disque dur externe UnitiServe pour créer un système musical compact haut de gamme.
Et pour finir, ajoutons que ce convertisseur est paramétrable. Sur la télécommande, la touche "set-up" permet de rentrer dans le menu de l’appareil et l’on peut personnaliser par exemple le nom des entrées, choisir entre un niveau de sortie variable ou fixe, ajuster la balance droite/gauche si besoin ou fixer un volume maximum à l’appareil. Ce menu permet aussi d’effecteur une analyse du mode "bit-perfect" avec des fichiers de tests téléchargeables (sur le site Naim Audio), opération qui permet de tester la bonne configuration des logiciels de lecture. Une prise casque est disposée en face avant avec un jack de 6.35 mm.

Le NAP-100, le conjoint de rêve

Mis exactement dans le même châssis en métal noir avec ce grain si spécifique et le logo de la marque qui apparaît dans ce vert, lui aussi si spécifique, il n’est pas étonnant de trouver dans cet amplificateur de puissance, une fois ouvert, un transformateur torique de forte puissance, couplé à quatre capacités de 10 000µF. C’est exactement le même circuit développé pour l’amplificateur Super Nait avec utilisation de transistors discrets bipolaires dans un montage Classe A/B. Il présente en plus une topologie double mono, chaque canal étant alimenté de façon indépendante. Et comme on est Naim Audio et qu’on le reste, les entrées sont doublées de RCA et de DIN, si chères à cette marque. La puissance affichée est, grâce à cette configuration d’alimentation double mono, tout à fait confortable : 2 x 50 watts sous 8 Ω et 2 x 75 sous 4. Un petit ampli bien calibré pour attaquer toutes sortes d’enceintes même difficiles. Ces deux appareils peuvent être mis l’un sur l’autre, où encore côte à côte, le choix esthétique est affaire de goût.

Ecoute

Nous avons pris cette habitude de décrire le système environnant les appareils que nous testons, nous ferons de même ici. Nous avons donc testé cet ensemble à la fois depuis un ordinateur PC et un Mac (logiciel JRiver dans les deux cas), notre platine Esoteric K-05 en mode transport et notre paire d’enceintes Pierre-Etienne Léon Alycastre. Comme nous sommes assez disciplinés, nous avons retenu les câbles Naim Audio : DIN-DIN pour la connexion DAC-V1/NAP-100, et BNC-RCA pour relier l’Esoteric. Pour les ordinateurs, et l’importateur français de Naim Audio faisant une promotion avec un très bon câble Furutech GT2, nous avons utilisé ce dernier et du câble Goldmund pour les enceintes.

CD-Selah Sue-Selah Sue-pour-NaimLe genre de questions que l’on se pose en branchant un tel ensemble et face à l’habituelle qualité auditive des appareils Naim Audio est : mais qu’est-ce que l'on va dire de plus aujourd’hui ? Et bien autant l’avouer immédiatement : rien ou plutôt rien de plus. Habitués à la musicalité chaleureuse, vivante, énergique et si poétique des Naim Audio, nous n’avons pas été surpris outre mesure de l’écoute de cet ensemble. Nous y avons retrouvé le charme indémodable mais tellement agréable des autres productions de ce fabricant anglais. La vraie nouveauté, ici, est plutôt sur le plan technique, car Naim Audio s’attaque à un marché du DAC externe déjà très fourni. Mais manifestement, dans le panel actuel, il trouvera sa place haut la main.

Sur le CD de Selah Sue, appelé tout simplement Selah Sue, et plus particulièrement le morceau "Summertime", le ton est donné. Cet ensemble donne une impression d’énergie contenue, comme celle de parfaitement contrôler le son avec une réserve de puissance prête à bondir à la moindre sollicitation. En faisant une analogie, ce serait comme une personne calme, mais dont on sent qu’il ne faut pas l’ennuyer trop longtemps. La voie un peu érayée de Selah Sue est parfaitement restituée avec cette humanité et cette sensualité qu’offrent les appareils de cette marque. Le registre médium est donc charpenté ce qui donne cette impression si physique à la restitution, restitution où chaque musicien peut être suivi dans tout leur jeu. La voix de Selah Sue se montre encore plus crédible que d’habitude et plus intense aussi avec le jeu de la basse électrique massive, balançant ses rythmes avec force et conviction. L’énergie vive est là, mais sans jamais tomber dans un quelconque excès.

CD-agnes-obel-pour-NaimDeuxième morceau, une chanteuse que l’on connaît bien Agnès Obel et son disque "Philarmonics ". Nous retrouvons une chanteuse avec un surplus de suavité, de sensualité sans qu’aucun détail de sa diction ne soit oublié. Le haut du spectre est ouvert avec un grave très soutenu. Il apparaît détouré, soutenant le reste avec une grande volupté. On pourrait le souhaiter un peu plus nerveux encore, ce que nous obtenons avec notre système habituel, mais il convient aussi de bien réfléchir à la différence du prix entre les deux électroniques en jeu. Le troisième morceau Brother Sparrow est très intéressant car à certains moments précis, se mélangent une guitare et des coups sourds d’une grosse caisse de la batterie. Nous suivons à la perfection les doigts se déplacer sur les cordes de la guitare avec ce son si particulier au beau milieu de la frappe de la grosse caisse. Rien ne voile ce message comme les voies en cœur en arrière plan de la chanteuse qui semble émerger d’un rêve. Les réverbérations artificielles de l’enregistrement qui donnent justement cet effet apparaissent dans une scène sonore d’une excellente profondeur. Chaque interprète est détouré avec un sens du contraste parfait.

Cette sensation de présence et de densité prend toute sa dimension lors de l’écoute des Concertos pour Violon de Johann Sebastian Bach (Brandenburg Concerto N°4 en G major BWV 1049) chez PanClassics (fichiers WAV 16/44.1 kHz) via notre ordinateur. Les violons anciens sonnent à merveille, même si on note cette coquerie dans le haut si habituelle chez Naim Audio et qui fait tout son charme. Une sorte de lumière éclaire tout le haut du spectre, registre qui respire la joie et rend particulièrement vivant l’écoute de cette œuvre. On se prend à suivre chaque ligne mélodique de façon totalement enthousiasmante, se laissant aller à l’interprétation de Gunar Letzbor et son ensemble Ars Antiqua Austria. Encore une fois, nous pouvons suivre chaque instrumentiste grâce à la transparence et l’énergie dispensée sur tous les petits signaux, ce qui appuie le jeu de chacun d’entre eux. La fluidité est bien au rendez-vous avec cette sorte de souplesse et de chaleur qui restent tellement à cœur chez Naim Audio.

CD-Johann Sebastian Bach-Concertos pour violon-Psaume-pour-NaimConclusion

Naim Audio nous propose là un ensemble hautement musical, empreint d’une grande sensualité et un suivi mélodique parfait pour son prix. Le DAC-V1 et le NAP-100 offrent une facilité d’emploi, une aptitude à traiter toutes les sources numériques d’aujourd’hui avec un égal bonheur. Nous en voulons pour preuve l’absence d’une quelconque entrée analogique, une première chez ce constructeur.  Chaque élément est superbement construit, magnifiquement habillé et tout aussi agréable à écouter qu’à regarder. Un gros succès en perspective, les afficionados de cette marque vont être aux anges. Nous l’avons été nous-mêmes.

Spécifications DAC-V1

  • Entrée USB : asynchrone de 24 bits de 44.1 à 384 kHz
  • Entrées S/PDIF : 1 x BNC, 2 RCA et 2 optiques Toslink de 24 bits à 192 kHz
  • Compatibilité : MAC OSX 10.7 et plus, Windows 7 et 8 (24 bits/384 kHz) et XP (24 bits/192 kHz) avec pilote
  • Sorties ligne : 2 x RCA et 1 DIN, 2.1 Vrms
  • Sortie casque : 1 x 6.35 mm
  • Bande passante : 10 Hz à 20 kHz +/-0.1 dB/-0.5 dB
  • THD : 0.002%
  • Dimensions : 87 x 207 x 314 (HxLxP)
  • Poids : 4.3 kg
  • Prix : 1650 € (avec télécommande)

Spécifications NAP-100

  • Puissance : 2 x 50 W sous 8 ohms et 2 x 75 sous 4 ohms
  • Gain : 89 dB
  • Bande passante : 3.5 Hz à 69 kHz (-3 dB)
  • Impédance d’entrée : 18 kΩ
  • Dimensions : 87 x 207 x 314 (HxLxP)
  • Poids : 5.1 kg

Prix : 850 €

Attention : L’Audio Distribution propose en ce moment (jusqu'au 3 promotions lors de l’achat de ces éléments. Rendez-vous sur la page officielle de cet importateur pour en savoir plus.
www.laudiodistribution.fr (site du distributeur français)

www.naimaudio.com (site officiel Naim Audio)


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Commentaires   

#4 Pierre 19-06-2013 10:44
@SEB, oui le DAC-V1 peut être dissocié de l'ampli NAP-100. Bien que ces deux appareils disposent d'une connectique DIN (en plus du reste ) propre à Naim, ils sont totalement inédpendants.
#3 SEB 18-06-2013 11:43
Ce dac est trés intéressant ! Je me demandais si l'on pouvait le dissocier aisément de l'ampli NAP-100 ?
En effet , je possède un micromega IA-180 (class d) et donc l'association serra t'elle aussi bien ?
En regardant l'architecture de l'ampli NAP-100, cela ressemble à de la class d aussi ! Ou bien est-ce vraiment class a-b ?
Merci
#2 Didier HC 30-04-2013 09:14
Avec 2 x 50 W chez NAIM (comme un 5i ou un UnitiLite) et une architecture de Super Nait (identique SuperUniti) tes monitor seront à la fête à tous les niveaux !
La dynamique d'un puncheur poids plume avec la force d'un poids lourd !
Ce sera surement exceptionnel.
Très beau choix pour démarrer avec la marque.
#1 Bouba 19-04-2013 11:38
Merci pour ce test que j'attendais vraiment avec impatience, et c'est sûr, je vais me les offrir. Mon tout 1er ensemble Naim. Aucune difficultés à alimenter des monitor "gourmandes" pour le NAP100 ??
Ils sont superbes en tout cas.
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